‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 84 sur 109 · LE TAILLEUR · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR

du fil. Voilà un habit qu'il faut retourner et un jupon à mettre du haut en bas.

Gille.

Ah! Monsieur, je feray bien cela.

Le Tailleur.

Tu as donc un commencement de travail ?

Gille.

Oh! que ouy, Monsieur.

Le Tailleur.

Tant mieux, mon amy.

(Il sort.)

Gille.

Parguenne! il ne faut pas estre grand sorcier pour cela. Ce n'est pas là de l'ouvrage bien difficile.

( // retourne les manches de l'habit et met le jupon du haut en bas sur une chaise.)

Le Tailleur.

Me voilà bientost de retour. Eh bien ! ne t'ennuyes-tu pas?

Gille.

Ah! que non, nostre maistre. Avez-vous quelque chose à me donner à faire ? Vostre besogne est déjà achevée.

Le Tailleur.

Cela n'est pas possible.

Gille.

Voyez plutost.

Le Tailleur.

Oh! quel extravagant! Atchit!

GlLLE.

Le Ciel t'assiste !

Le Tailleur.

Fort bien! Voicy, mon amy, comme il faut s'y prendre. Mais il est d'usage de chanter en travaillant. Allons, de la gayeté.

{Le Maistre dit à Gille d'apporter une chaise, Gille la couche par terre et se met du costé de la paille. Le Maistre s'assied sur le dos. Il se met à chanter ; Gille chante avec luy et dit en se levant : « Oh! la drosle de chanson! » Sitost que Gille se lève, le tailleur tombe par terre. Après avoir répété deux ou trois fois ce la\\i, arrive un esclave.)

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