‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 87 sur 109 · LE [MAISTRE, LE TAILLEUR, GILLE · texte numérisé non relu

LE [MAISTRE, LE TAILLEUR, GILLE

Gille.

M. cTOstrogrelot m'apprend, nostre maistre, que vous voulez bien avoir l'honneur d'estre mon beaupère... Dame, j'iray droit en besogne avec Mlle Isabelle. Elle ne se plaindra morguenne pas de moy. Le Maistre.

Monsieur Gille, je suis ravi de vostre bonne fortune,

et que vous vouliez la partager avec ma fille. Mais je voudrois bien que vous pussiez, auparavant, vous défaire de certaines façons de parler basses et indécentes. M. Ostrogrelot vous a expliqué mes intentions là-dessus.

GlLLE.

Ouy, il m'a dit que vous vouliez me donner des maistres; j'aimerois mieux, moy, que vous me baillissiez des laquais.

Le Maistre.

Vous en aurez aussy. Mais, afin que cesdrosles ne se moquent pas de vous, il seroit nécessaire que vous vous défissiez d'un jargon aussy ridicule que celuy dont vous vous servez.

Gille.

Eh bien! les maistres n'ont qu'à venir. Vous verrez comme je me rendray bientost capable. Le Maistre.

Il vous en faudra de plus d'une espèce.

Gille.

Qu'est-ce que cela me fait? Ça m'amusera.

Le Tailleur.

C'est fort bien dit. Voyez, mon voisin, comme l'amour rend docile. Si vous le voulez, je me charge de vous envoyer tous les maistres dont M. Gille aura besoin.

Gille.

Très volontiers.

Vous me ferez grand plaisir. (Le tailleur sort.) Allons, mon gendre, entrons. Venez vous reposer

et saluer ma fille. Elle sera bien estonnée de vous savoir si riche et si amoureux d'elle. Après le dîner, vous aurez plus de force pour prendre vos leçons. Gille.

Entrons, beau-père!

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