Ibid,^ p
eût trouvé au contraire tout naturel qu'un homme, même instruit et altruiste, ignorât la partie raisonnable des théories de Fourier. La découvrir et en éprouver ime vive émotion ne dépasse pas non plus les limites de la vraisemblance.
Cette dernière alternative dont Zola n'a pas voulu pour son héros est celle qui concerne Zola lui-même. Son érudition fouriériste, qui ne devait guère dépasser celle des lettrés pris en masse, lui permettait de nommer le phalanstère et de le considérer comme une caserne, mais non d'éviter certaines erreurs. Il affirme par exemple que Fourier est issu de Saint-Simon*, or Fourier n'a connu Saint-Simon qu'après avoir édifié tout l'essentiel de sa doctrine. La Théorie des Quatre Mouvements où apparaissent les traits caractéristiques et définitifs du fouriérisme était déjà écrite en 1807, alors que Saint-Simon publi^iit son premier ouvrage. Saint-Simon, à la vérité, fit école bien avant son confrère, et les débris de cette école, qui vécut peu, allèrent en grand nombre grossir l'armée naissante des fouriéristes. Le public contemporain n'y regarda pas de si près ; il jugea d'après les apparences, assimilant l'ordre de succession à un ordre de filiation, méprise que nous avons héritée pour enrichir ce stock de