‹ Paradis laïquesChapitre 25 sur 42 · Travail, p · texte numérisé non relu

Travail, p

bre de mécauicieas. Tout reposera sur ceux-ci. Groupés en corporation, ils dicteront leur loi. Ce sera peut-être pour dominer le Capital à leur profit, mais bouleverseront-ils la société au bénéfice des balayeurs et des manœuvres? 11 est permis d'en douter.

De là encore une hypothèse sur la Cité Future. On en forgerait d'autres, comme Wells le prouvera, nous y comptons bien. Elles se valent toutes, ou peu s'en faut, et c'est ce qui leur donne de la valeur, car elles montrent ainsi qu'on aurait tort de s^attacher à Tune d'elles en particulier. Un tel résultat serait déjà considérable. Nous avons appris en outre que les répercussions sociologiques de la science croîtront avec les progrès de celleci. Que sera la société ? On n'en sait rien. Elle sera telle surtout que la science l'aura faite. On peut le prédire à coup sûr, on ne peut prédire que cela.

On vient de considérer l'influence du machinisme sur la formation et le pouvoir des classes économiques, ce qui, pour beaucoup de gens, n'est pas l'aspect principal de la question. La science nous donnera-t-elle le bonheur ? Voilà ce

qu'ils demandent. Et, suivant que la réponse leur parait devoir être affirmative ou négative, ils se déterminent pour la démocratie ou la réaction. Mauvaise manière de se déterminer.

Considérant que la science était Torigine du prolétariat, Brunetière la condamnait, il la mettait en faillite. Là toutefois, Pillustre critique aurait dû distinguer entre la science appliquée, ou < science » dans l'acception populaire du mot, et la science pure, science de laboratoire. Les raisons qui justifieraient leur mise en faillite sont en effet inverses. — La science appliquée, pourrait-on dire, fait des malheureux, mais ne commet jamais d'erreurs, puisqu'elle se compose de réalisations tangibles ; la science pure, au contraire, est innocente, mais elle se trompe toujours, puisqu'elle est un recueil de théories toujours changeantes. — Cet argument se baserait d'ailleurs sur une conception de la théorie qui est fausse mais qui impressionne Pesprit du public.

A l'inverse de Brunetière, certains libres penseurs font de la science une sorte de bien absolu, métaphysique. Ils ont pour elle des sentiments de foi. Ils Tadorent sans critique, comme un Saint- Sacrement. Tel Zola. La science « seule... fait de la lumière et du bonheur... >, dit-il par l'organe de l'illustre Bertheroy *- «... La science suffira à

Page 1