II
3a2 PARADIS PERDU,.
» C'est de ma race , un jour , que naîtra le Sauveur. »
Adam , à ce discours , sent tressaillir son cœur ; Mais il ne répond rien. Déjà de la colline Arrive à lui le chef de la garde divine ; Et, d'un pied dans les airs mollement suspendu, Le bataillon céleste à son poste est rendu :
Telle , à peine marquant sa trace passagère , Vole sur les marais une vapeur légère , Se glisse , et suit les pas du tardif villageois Que ramène la nuit à ses rustiques toits.
Au milieu d'eux brillait cette terrible épée , Qu'en ses divines eaux le Ciel avait trempée : Tel cet astre sinistre, aux cheveux flamboyants. Vole , et trace dans l'air ses sillons effrayants ; Tout ressent de son cours l'influence fatale , De sa route embrasée un air brûlant s'exhale ; Sous l'ardent équateur, des feux moins violents Dévorent l'Africain dans ses sables brûlants. Marchant entre l'époux et sa triste compagne , Michel saisit leurs mains ; de la sainte montagne Au mur oriental il les conduit tous deux.
Les quitte , prend son vol , et se perd à leur yeux. Ils contemplent alors cette superbe plaine , Ces vallons fortunés , autrefois leur domaine. Tout à coup , au milieu de ce tableau riant , Leur regard aperçoit la porte d'orient ;