LIVRE XII
Partout des glaives nus , des lances menaçantes Envoyant jusqu'aux deux leurs clartés effrayantes : Ces sinistres objets réveillent leurs douleurs , Et de leurs tristes yeux arrachent quelques pleurs ; Le regret les répand , et Tespoir les essuie. Ils quittent à pas lents cette plaine fleurie ; Mais rUnivers entier se présente à leur choix ; Dieu même les conduit , ils marchent sous ses lois. Souvent de ces beaux lieux le charme les arrête , Souvent vers leur bocage ils retournent la tête ; Enfin., il faut quitter ce sol délicieux :
Par un dernier regard ils lui font leurs adieux ; Et tous deux , égarés dans l'étendue immense , L'un sur l'autre appuyés s'éloignent en silence.