LIVRE vir
Là , ses brillants sujets , avec leurs urne» d'or , Vont puiser de ses feux le liquide trésor ; Ceux même qui , places bien loin de votre vue , Se perdent comme un point dans la vaste étendue ^ Se partageant entr'eux Fécoulement divin , S'alimentent des feux étnanés de son sein.
Superbe, impatient de franchir la barrière , C'est lui qui le premier commença sa carrière „ Et de son trône d'or jusqu'aux bornes des Cieux. Lança ses traits brûlants et ses gerbes de feux« Les Pléiades ouvraient sa marche triom[^iante ; L'Aurore déployait sa robe blanchissante ; D'autre part, ce bel astre, ami du doux sommeil, Ornement de la nuit, et miroir du Soleil, Sur son char, entouré d'un cortège d'étoîlesv Descendait de l'Olympe et repliait ses voiles. L'Astre du jour paraît , il marche dans les Cieux ; La Lune a dérobé son cours mystérieux.
La Nuit sombre renaît , et sa lampe argentée Revient montrer encor sa splendeur empruntée , Reprend son doux empire ^ et sur ses frais habits Les astres de sa cour ont semé leurs rubis.
Pour la première fois , le soir , la douce Aurore Admire les flambeaux dont le Ciel se décore , Leur retour régulier , le partage des temps ^ Du quatrième jour prodiges éclatants^ '
» Dieu reprend la parole , il éveille , il féconde Les germes endormis dans les gouffres de Tonde : « Troupeaux, couvrez les champs ; poissons, peuplez lesmers; » Légers oiseaux, volez et planez dans les airs. » Soudain Toiseau léger , la pesante baleine Fendent les champs de Tair et la liquide plaine. Dieu les voit et jouit ; mais son souffle puissant Veut propager leur germe à jamais renaissant : Les mers et leurs détroits , leurs golfes et leurs anses Reproduisent sans fin leurs peuplades immenses; L'onde à peine contient tout ce peuple écaillé y Des plus vives couleurs richement émaillé ; Tout son sein est couvert de rameurs innombrables : Les uns , plongeurs adroits , descendent siu* les sabjes;* Sur les flots populeux , d'autres par bataillons Croisent en mille sens leurs rapides sillons ; Les uns seuls de la mer paissent les frais herbages ; Dans des bois de corail , quelque&-uns moins sauvages Vont se jouant ensemble , ou de leurs corps vemacil Allument les couleurs aux rayons du Soleil ; Ceux-ci, le corps paré de perles éclatantes^ Boivent les eaux des mers dans leurs conques flottantes; L'un conduit sa gondole , en habile nocher ; Sous l'abri protecteur d'un énorme rocher , D'autres forment ensemble une vivante chaîne , '
Et guettent le butin que le flot leur amène.