‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 23 sur 131 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

Là , les dauphins voûtes , les phoques vagabonds, Vont tournant , se jouant , et sVlançant par bonds ; De ses longs mouvements Tautre en courant tourmente L^onde tumultueuse et la vague écumaate.

L^af&eux léviatban , geànt des animaux , Tantôt , le corps tourné , s'allonge sous les eaux ^ Et de loÎQ semble Six^ yeux un vaste promontoire « Tantôt , développant son immense nageoire > Semble une île mouvante , et des profondes mers Absorbe tout à tour et rend les flots amers.

Les marais j les étangs , les lacs ont leurs familles ; Leurs lx>rds sont animés; de ses frêles coquilles £n foule on voit sortir le peuple des oiseaux , Sous le sein materna couvés dans leurs berceaux : D'abord faibles et nus, bientôt fiers de leurs ailes > Et hasardant l'essor de leurs plumes nouvelles , De leur terre natale ils fuiront le séjour »

Et d'un nuage immense iront noircir le jour.

Au cèdre aérien, aux rochers solitaires.

L'aigle altier , la cicogne ont suspendu leurs aires. Les uns voyagent seuls dans les champs de l'éther ; Les autres, pressentant l'approche de l'hiver, En triangles ailés , caravane annuelle , 3e prêtent, en voguaid:, leur force mutuelle; Ils traversent les mers, ils francbâssent les monts^: Telle , ombrageant les Gieux (le ses noirs escadrons „

ya ' PARADIS PERDU,

La grue agile part , vole avec les nuage», .

Et s'abat à grand bruit sur de lointains rivages;. Cependant, tout le jour, un peuple, d'oiselets. De rameaux en rameaux volant dans les bosquets. Charme leur doux silence , et , sous le vert feuillage Fait ouïr ses concerts et briller son plumage. Ses chants ont-ils cessé , dans les bois ténébreux Phîlomèle reprend ses refrains douloureux :

Elle chante ; et , sensible à sa voix douce et tendre^ L'Astre brillant des nuits s'arrête pour l'entendirey. L'onde à son tour reçoit les germes créateurs : Tous les flots sont peuplés d'oiseaux navigateurs i Dans les lacs azurés , dans les ruisseaux limpides^ Ils baignent le duvet de leurs gorges humides.. A leur tête le cygne, au plumage d*argent.

Courbe son col en arc , s'applaudit en nageant , Et déploie , au milieu des ondes paternelles , Les rames de ses pieds , les voiles de ses ailes ; Tantôt il prend l'essor , et vers l'astre du jour S'élance dédaigneux de l'humide séjour.

D'autres, sans s'élever à la voûte céleste , Préfèrent sur la terre un destin plus modeste ^ Au milieu d'eux le coq, d'un air de majesté, Marche , sûr de sa force , et fier de sa beauté ; Supetbe , le front haut , en triomphe il étale Son panache flottant , son aigrette royale i^

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