LIVRE VIÏL
» Eve sans doute e^ belle , et doit charmer ton cœtir ;
» Fais-en donc ton amie, et non pas ton vainquem";
» Connais ta dignité, connais ton rang sublime ^
»^ Qui ne s'estime pas perd ses droits à l'estime.
» Exige sans rigueur le respect qui t'est dû :
» La fierté généreuse entretient la rertu^
» Garde donc de tes droits la noble conscience ;
» Dans ton autorité, ta juste confiance
» Contiendra ton épouse , et sa docilité
» Bientôt à la raison soumettra la beauté.
» Belle, ses doux appas flatteront ta tendresse;
» Vertueuse , tu peux l'adorer sans faiblesse.
5) Son amour veillera dans t^s temps dangereux;
» Aveuglé par l'erreur, tu verras par ses yeux :
y> Tu parles de plaisirs! mais ce vil' avantage ,
» Le roi des animaux ^vec eux le partage :
» Ils sont loki de savoir , s'ils domptaient leurs desîrs ;
» Sur les besoins du cœur s'ils réglaient leurs plaisirs,
j) Quel charme aurait pour eux cette volupté pure^
» Qu'au souverain du monde accorda la Nature.
5> Qu'Eve trouve dans toi son guide et son soutien ;
» Sois maître de ton cœur, tu le seras du sien.
» Aime-la, tu le dois, un amour légitime
» Aux penchants vertueux donne un élan sublime ,
» Et , volant sans eflFort sur des ailes de feu ,
A> Ya de la Ten:e au Ciel et des Hommes à Diçu. »
ii8 PARADIS PERPU,
<c Crois-tu doiic , dit Ad^ni que 1^ pudeur colore , » Que pour le plaisir seul ma faiblesse Fadore ? » Il est cpmmup à tous. Je sais que des humains » L'hymen est plus auguste , et les devoirs plua saints ; » Dieu même l'entoura des pmhres du Aystère ; ^> Mais ce qui , plus que tout , me rend Eve si ehère «
!» Ce sont mille trésors, dont le Ciçl lui fit don;
» C'est sa grâce facile et son tendre abandon,
i> Le charme de sa voix , celui de son silence >
>) Son aimable fierté, sa donce complaisance.
>> Communs sont np^ désirs; notre bonheur commun;
>> Oui, sa vie est la mienne , et nos coeurs n'en font qu'im ;
» Accprd délicieux ! ravisante harmonie t
':» La harp? séraphique , à la voix réunie ,
i» Pour l'oreille charmé^ a bien moins de douceur
î» Qu'à ce tendre concert n'en éprouve mon cœur.
^» Tu Ifï vois , mojft amour n'est point de la faiblesse j
» JLve plaît à mes sens et fiatte ma tendresse ;
» Mais libre , dégagé d'un servile lien »
» Mon esprit sait connaître et pratiquer k bien :
i) C'est un bien que l'amour, tu l'approuves toi-même;
y> Par lui , me disais-tu , vers le boi^beur suprême
» L'âme prend son essor, et^ comme un trait de feu,
» Vole , plonge , et se perd dans le sein de son I>ieu,
i> Mais puis-je quelque temps te retenir encore ,
» Et savoir de ta bouclici un secrçt que j-'ignore ? .