‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 43 sur 131 · LIVRE VIÏL · texte numérisé non relu

LIVRE VIÏL

» Eve sans doute e^ belle , et doit charmer ton cœtir ;

» Fais-en donc ton amie, et non pas ton vainquem";

» Connais ta dignité, connais ton rang sublime ^

»^ Qui ne s'estime pas perd ses droits à l'estime.

» Exige sans rigueur le respect qui t'est dû :

» La fierté généreuse entretient la rertu^

» Garde donc de tes droits la noble conscience ;

» Dans ton autorité, ta juste confiance

» Contiendra ton épouse , et sa docilité

» Bientôt à la raison soumettra la beauté.

» Belle, ses doux appas flatteront ta tendresse;

» Vertueuse , tu peux l'adorer sans faiblesse.

5) Son amour veillera dans t^s temps dangereux;

» Aveuglé par l'erreur, tu verras par ses yeux :

y> Tu parles de plaisirs! mais ce vil' avantage ,

» Le roi des animaux ^vec eux le partage :

» Ils sont loki de savoir , s'ils domptaient leurs desîrs ;

» Sur les besoins du cœur s'ils réglaient leurs plaisirs,

j) Quel charme aurait pour eux cette volupté pure^

» Qu'au souverain du monde accorda la Nature.

5> Qu'Eve trouve dans toi son guide et son soutien ;

» Sois maître de ton cœur, tu le seras du sien.

» Aime-la, tu le dois, un amour légitime

» Aux penchants vertueux donne un élan sublime ,

» Et , volant sans eflFort sur des ailes de feu ,

A> Ya de la Ten:e au Ciel et des Hommes à Diçu. »

ii8 PARADIS PERPU,

<c Crois-tu doiic , dit Ad^ni que 1^ pudeur colore , » Que pour le plaisir seul ma faiblesse Fadore ? » Il est cpmmup à tous. Je sais que des humains » L'hymen est plus auguste , et les devoirs plua saints ; » Dieu même l'entoura des pmhres du Aystère ; ^> Mais ce qui , plus que tout , me rend Eve si ehère «

!» Ce sont mille trésors, dont le Ciçl lui fit don;

» C'est sa grâce facile et son tendre abandon,

i> Le charme de sa voix , celui de son silence >

>) Son aimable fierté, sa donce complaisance.

>> Communs sont np^ désirs; notre bonheur commun;

>> Oui, sa vie est la mienne , et nos coeurs n'en font qu'im ;

» Accprd délicieux ! ravisante harmonie t

':» La harp? séraphique , à la voix réunie ,

i» Pour l'oreille charmé^ a bien moins de douceur

î» Qu'à ce tendre concert n'en éprouve mon cœur.

^» Tu Ifï vois , mojft amour n'est point de la faiblesse j

» JLve plaît à mes sens et fiatte ma tendresse ;

» Mais libre , dégagé d'un servile lien »

» Mon esprit sait connaître et pratiquer k bien :

i) C'est un bien que l'amour, tu l'approuves toi-même;

y> Par lui , me disais-tu , vers le boi^beur suprême

» L'âme prend son essor, et^ comme un trait de feu,

» Vole , plonge , et se perd dans le sein de son I>ieu,

i> Mais puis-je quelque temps te retenir encore ,

» Et savoir de ta bouclici un secrçt que j-'ignore ? .

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