LIVRE -Vm. tiS
i> iPouf tiOiiâ ces globes d'ot ^ui rdulétit dâtlS lés Cifeoll:, » Epuraient leurs rayons et choisissaient leiirs ftùX ; M Les oiseaux par lèuts chatits ^ Tonde pât* sdii MUilitiire ^ ^) A fêter ce beau jouf invitaient là tîâttirè; » Les coteaux, les Vallons setttblâiéflt ^ r^jfcWif ,- » Les arbres s'incliner , les fleiirs ë'épàiiouir ; » Zéphire nous portait ses fleurs fraîches ëclôséS , » De son aile embaumée il secouait les rdsës; » Des plus douces vapeurs Feùtens délicieui » En nuage odorant s'exhâl^it vers lé* Cieux. » Dieu lui-même bénit la couche fôrtUftéè ; » Le roifeignol chanta le doux chant d'hjrnléftéê ; » Et rétoile du soir , brillant d'un feu plus béâU , » Vint du premier hymen alluttter le flairibeàU. 5> Je t'ai conté riion sort , tnoit bcrtïhetifi', mèsrichéàseï^ î » L'Eternel , tu le vois , prodigué de largesses , » Comble ici-bas mes tœu?t , et prévient mes désir;?; » Toutefois , je le seng , déS terrestres plaisirs , » Si j'en excepte uii seul , le séiititoeiït s'étnôussé : '^ » Ces fruits semblent moifts beaux, et leur éatVéur moirïsdodce ; » Déjà je goûté moins le cctticert dè^ oîsèàu*, » Le vif émail des fléursr , lé murmuré déS éàuit ; » Mais Eve est torujorurs éhère à mon âttié rstVië , 3> C'est là qu'est mon amour , mort bofnheur et ttïa vie- » Je brûlai quand je vis ses innocents attraits ; » Je brûlai quand soA oeil lança ses ptémiërs traîtsf j
ii6 PARADIS PERDU,
y> Je brûle quand main touche son cor})S céleste :
» D'un œil indifférent je puis voir tout le reste.
» D'un coup-d'œil, d'un souris, quel est donc le pouToir ?
» Les droits de la justice , et leà lois du devoir ,
» Au coeur de son époux sont mieux gravés peut-être ;
» Elle ressemble moins au Dieu qui nous fit naître ;
» Dieu ne lui donna point cet imposant aspect
» Par qui sa noble image imprime le respect :
y> Mais, je te l'avoûrai, quand je m'approche d'elle ,
» Elle me paraît sage à force d'être belle :
» Sûre du doux pouvoir qu'elle exerce sur moi ,
>> Ses conseils sont ma règle , et ses vœux sont ma loi ;
» Son aimable raison , sa grâce enchanteresse
» Déconcerte l'esprit , fait honte à la sagesse ;
» Plus fort que le pouvoir son charme me ravit;
» Timide elle m'impose, et faible m'assçrvit;
» La crainte et le respect composent son cortège ;
» La grâce l'embellit , la pudeur la protège :
*.> Httembie que le Ciel , la formant à plaisir ,
» L'ait faite pour régner, et non pour obéir :
» Ah! comment maîtriser un être qui sait plaire? »
Raphaël lui répond avec un front sévère :
« TS'accuse point le Ciel; la Nature pour toi » A fait ce qu'elle a dû; fais donc ce que tu doi. » Que toujours la raison soit ta garde fidèle : » Elle sera pour toi , si tu n'es pas contre elle.