‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 46 sur 131 · SUR LE LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

SUR LE LIVRE HUITIEME

i^E commencement de ce chant est plein de grâce ; on y remarque ce vers charmant :

Il cesse de parler, Adam Pécoute encore.

Il est naturel qu'Adam chercfie à connaître Tordre du inonde et les mouvements des Cieux ; mais il ne Test pas autant que TAnge lui détaille le système de Ptolomée , et surtout celui de Copernic. Il y a un trop grand intervalle entre l'innocence ignorante du premier homme , et les découvertes astronomiques du seizième siècle ; ni Homère ni Virgile ne se seraient permis cette inconvenance , due à l'envie extrême qu'avait Milton d'étaler ses connaissances de tout genre, comme le prouvent plusieurs autres détails qui enrichissent moins la composition du poème qu'ils n'en retardent la marche. Ces tahleaux disparates des découvertes mo- 4çnies nuisent à la douce illusion que doit produire celui des

mœurs du premier âge , et de cette heureuse simplicité que l'Ange lui-môme recommande à nos premiers pères. Enfin , l'un de ces esprits qui présidaient aux révolutions des globes célestes ne pouvait être indécis entre deux systèmes dont l'un a été reconnu comme absolument faux , et dont l'autre est aujourd'hui adopté par tous les astronomes : mais tout ce morceau est écrit d'une manière k la fois très-claire et trèspoétique ; et pour le trouver bien , il ne faudrait que l'extraire du poème.

Ce qui est véritablement plein de convenance et de grâce , c'est le parti que prend la modeste compagne d'Adam , lorsqu'elle s'absente d'un entretien trop élevé au-dessus d'elle , pour se rendre à des occupations mieux faites pour soa sexe , aux soins de ses plantes et de ses fleurs ; c'est le défaut opposé à cette vertu qui a inspiré à Molière l'idée d^ femmes savantes.

Il y a une grâce infinie dans la peinture des occupations champêtres de la compagne d'Adam ; dans l'expression du plaisir qu'elle prend à soigner ses ^ejsfs , à épier la ifaîssâfice de leur premier bouton -, toutes ces planter qui m rë)otUMfif| 4 son approche ^

Et semblent, prodiguant les irésots dé Uut sein , Derioer sa présence , et connaître sa main.

ferment une peinture délicieuse. Mais rien tiégale 1* èfficaM tcsse des motifs que le poète Itfi suppose? ; c'est de s&ti épôvtt :mème qu'Eve vent apprendre ce qu'elle pcfut de ces gfsetis gecrtîs ; elle préfère sa voix à celle de l'Ange méfitre rswtotrt rffe se promet les douces mtcmiptioiw de lettr entretien,

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