AVANT-PROPOS
Il y a un an, non sans hésitation, j'ai offert au public le premier volume de la Sagesse Parisienne.
L'accueil bienveillant que ce livre a reçu m'engage à lui donner une suite.
• Le public indulgent a bien voulu trouver à ce recueil d'articles le seul mérite que je désirais qu'il y trouvât, celui d'une grande sincérité d'impressions. Cette sincérité va, pour les journalistes qui ne s'enrôlent pas volontiers dans les rangs étroits d'un parti, jusqu'à avoir, sur des choses analogues, des
opinions sinon contradictoires, au moins variées. Je le répète pour n'y plus revenir, nous sommes moiûs chargés de trouver des solutions définitives aux problèmes de la vie que de les proposer à Topinion, en lui en faisant voir les faces diverses.
C'est surtout quand il s'agît des femmes que l'absolu est dangereux et absurde. Le volume actuel s'en occupe assez et le lecteur voudra bien remarquer que quelques-uns de iios Essais, — si on peut, sans trop d'orgueil, emprunter à Montaigne le mot juste et modeste dont son génie s'est contenté — sont écrits comme si c'était une femme qui tînt la plume. Poui: lui expliquer cette anomalie, il suffit de lui avouer le petit secret d'unff^ collaboration féminine h laquelle j'ai eu souvent recours, quand il s'agissait des questions féminines, toujours grandissantes chez les civilisés. Cette collaboration précieuse m'enhardit encore à publier ce nouveau volume, où les femmes trouveront plus d'un écho de
leurs intimes pensées, à qui j'ai essayé de garder le caraclère sans apprôt des causeries d'où sont nés nombre des chapitres du livre.
20 Juin 1886.