‹ ParaîtreChapitre 51 sur 59 · LE BARON, MONSIEUR MARGES, EUGENE RAIDZELL · texte numérisé non relu

LE BARON, MONSIEUR MARGES, EUGENE RAIDZELL

eugène. — Je n'ai pas la force de rester auprès de lui... Mon pauvre petit bonhomme!... mon pauvre petit bonhomme... Je n'avais que lui, j'avais déjà quinze ans quand il est venu au monde. Voyez-vous, Baron, je l'aimais comme mon enfant... Alors, vous comprenez, n'est-ce pas?...

le baron. — Oui, je comprends, monsieur Eugène.

Il fait signe à M. Marges de s'en aller.

eugène. — Ce matin encore, il me parlait, vous vous rappelez... Ll était avec nous, là...

le baron. — Oui, oui, je me rappelle, monsieur Eugène.

eugène. — Il était riche, jeune, plein de santé, et maintenant il est étendu, tout blanc, déjà froid... Il est beau, vous savez, très beau... Ah! pourquoi n'étais-je pas là quand ce malheur est arrivé!... Il me semble que je l'aurais empêché. Il n'y avait donc personne pour désarmer cette brute?...

le baron. — Cela s'est passé si rapidement, si brusquement...

eugène, croyant que M. Marges est en core là. — Ah! vous, j'espère qu'on le condamnera votre fils... {Au Baron.) Oui, j'es-

père qu'on le corîdamnera. Je serai là, moi... parce que voyez-vous, Baron, l'histoire <i\.* Christ iu ne, je n'y crois pas à cette bistoirelà, moi,,, il y a autre chose... c'est un crime politique... le petit a été assassiné par ordre du gouvernement.

i.k BARON. — Que voulez-vous dire, monsieur Eugène?

ei '<;hnk. — Parce qu'on savait... la ville, la principauté, dans l ivtérel...

le baron. — Ah ! oui !

eo.ène. — Vous ne croyez pas?...

le baron. — C'est possible, monsieur Eugène, c'est très possible... 11 faudrait évidemment se renseigner, mais il ne faut pas parler de ça en ce moment... Il ne faut pas en parier...

Un petit silence.

eugene, qui depuis quelques instants, regarde vaguement dans le jardin. — Qui est cet individu, là-bas?... Qu'est-ce qu'il fait là... dans le jardin?... Il prend de,^ vues... ma parole... C'est trop fort!... fié l'homme? Oui, vous, qu'est-ce que vous faites-là ?... Venez donc ici?... (Et, sur Vordre d'Eugène, Colozzi accourt du fond du jardin et s'arrête.) Approchez... Qui êtes-vous?... D'abord, qui vous a permis d'entrer dans ce jardin?

colozzi. — Maie, c'est vous-même, mon-

sieur Raidzell; ce matin, je suis venu voua dem a nde r l'an tor isat ion . . .

BiGÈNK Moi ' Je ne vous ai jamaii vu.

colozzi. — Monsieur Raidzell, rappele*vous... Vous étiez assis là, à cette table...

eii.ênk. — Je vous dis que je ne vous ai jamais vu... Je ne sui^ pas fou, j'imagine!

colozzi. — Enfin, monsieur Raidzell, vous avez écrit, vous-même, sur cette carte...

BÙoftNB, prenant la carte. — « Colozzi »... Ça ne me dit rien... Encore une fois, qui êtes-vous ?

colozzi, interloqué. — Mais je 6uis... je suis le photographe de la Vie en rose.

kugè.ne. — Vous ne savez donc pas?...

Mais les sanglots l'empêchent de parler.

le baron, prenant le bras du photographe. — Il y a quelqu'un de mort, monsieur, làhaut!...

Et le rideau tombe lentement, pendant que le Baron et Colozzi échangent à mi-voix des paroles comme celles ci :

le baron. — On ne vous a donc rien dit?...

colozzi. — Mais non, monsieur... Quand nous sommes arrivés, avec mon opérateur, la loge du concierge était vide... etc..

Page 1