JAM NOVA PROGENIES DEM1TTITUR ALTO
.... SI QUA MANENT SCELER1S VESTIGIA NOSTRI IRRITA PERPETUA SOLVENT FORMID1NE TERRAS.
ILLE DEUM VIT AM ACCIPIET , D1VISQUE VIDEB1T PERM1XTOS HEROAS ET IPSE V1DEB1TUR ILLIS,
PACATUM QUE REGET PATR1IS V1RTUTIBUS ORBEM.
AGGREDERE O MAGNOS , ADER1T JAM TEMPUS, HONORES CARA DEUM SOBOLES , MAGNUM JOVIS INCREMENTUM !
A DSPICE CONVEXO NUTANTEM PONDERE MUNDUM [DUM • ET TERRAS, TRAGTUS QUE MARIS, COELUMQUE PROFON- ADSP1CE VENTURO LÆTENTUR UT OMNIA SOEGLO.
Ces prédictions que Virgile emprunte à la Sibylle de Cumes ne peuvent s’appliquer qu’au Messie, bien que le poète les adresse peut-être à Marcellus. 11 les avait puisées dans le recueil des vers sibyllins que l’on gardait à Rome , dans la base de la statue d’Apolïon Paiatin, et que l’on ne doit pas confondre avec la collection des oracles sibyllins cités par les Pères du 2Ç siècle, ni avec celle qui fut achevée sous le règne de Marc- Aurèle , vers l’an 175.
(2) Voyage de Tavernier, t. IV, c. 1 , p. 485.
(3) Abulfarage, in Hist. Dyn. p. 83 apud Hyde, rel. vet. Persarum.
(4) Lactance , lib. II, de Origine erroris.
la venue d’un conquérant de l’Orient (i). — Les anciens Chinois attendaient Kiun-tse (le saint) qui devait elîacer les crimes des hommes (2). Pour les Perses , c’était Mytkrcis qui devait réconcilier le ciel à la terre (3); pour l’Egypte , c’était O rus; pour la Chaldée , c’était Dhouvanai (le sauveur des hommes ) (4). L’attente d'un personnage merveilleux existe encore chez plusieurs peuples : il s’appelle Cambadoxi , au Japon; Phélo, en Chine; Cjam-be 9 au Thibet, et Pra-naroite au royaume de Siam (5).
Les Prophéties particulières qui concernent le Messie semblent n’avoir pas été inconnues des payens. Nous nous bornerons maintenant à dire que les Pourcinas font naître le futur Rédempteur dans la chaumière d’un berger (6) , et que « quand Platon peint son juste » imaginaire , couvert de tout l’opprobre du crime et » digne de tous les prix de la vertu , il peint trait pour » trait J.-C. La ressemblance est si frappante que tous » les Pères l’ont sentie et qu’il n’est pas possible de s’y » tromper, x > Ce sont les propres paroles de J. -J. Rousseau que nous venons de citer : aucun témoignage ne peut-être moins suspect (7).
Longévité des premiers hommes.
Avant le déluge universel, la vie n’était point resserrée dans d’étroites limites.
Adam vécut 930 ans.
Seth — 912 —
Enos — 903 —
Cainam — 919 —
Malaleel — S93 —
Jared — 962 —
Enoch — 965 —
La révolution physique opérée par le déluge , la corruption des mœurs et la sensualité abrégèrent la lon-
(1) Collection de piezas selectas de varias obras espanolas ,
(2) Ramsay, discours sur la mythologie , p. 150.
(3) Itoun-dehesh , card. 12.
(4) D’Herbelot, bibliothèque orientale, t. III , p. 197.
(5) Brunet , parallèle des religions , t. II , p. 1 57.
(6) Observations du capitaine Wilfort.
(7) J.-J. Rousseau , Emile, livre IV. — Voyez aussi le Christ devant le siècle, par M. Roselly de Lorgues.
gueurde la vie (i). Toutes les chroniques de l’antiquité s’accordent avec la Genèse, en donnant à la vie des premiers hommes une durée fort prolongée. « Pendant le premier âge , dit Manou, les hommes, exempts de maladies , obtenaient l’accomplissement de leurs désirs et vivaient 400 ans. Dans le Tetra yonga et les âges suivants, leur existence perd par degrés un quart de sa durée (a). » Ce premier âge correspond à l’époque qui suit immédiatement le déluge, puisque la moyenne de la vie des six premiers Patriarches post-diluviens est de 385 ans.
Les dix premiers règnes de la monarchie babylonienne occupent 1200 ans. — Les annales de la Chine font régner, pendant un espace de 730 ans , leurs huit premiers monarques (3). — Les premiers temps de la monarchie perse sont remplis par des règnes de 600 , de 700 et même de 1000 ans, célèbres par les combats des rois contre les Gines et les Dives (4). — L’historien des Tartares, Abaul-Ghazi-Béhader, fait régner six princes pendant 1000 ans (5). Les Japonais pensaient que leurs Dieux avaient commencé par être des hommes et qu’ils avaient vécu plusieurs milliers d’années sur la terre (6),
C’est probablement le souvenir de cette longévité des temps primitifs qui a fait exagérer par les anciens l’âge où seraient parvenu certains personnages et certains peuples de l’antiquité.
Epiménide vécut 157 ans selon Théopompe (7).
Tuisco, 1er roi des Germains — 173 — Tacite.
Egijlius — 200 '■ — Pline (B).
Ta Jnak , 2e roi des Tartares — 240 — Aboul-Ghazi.
Arganlhonius — 300 — Silius ltalicus.
(1) Plus les élémens qui constituent la nature ont de douceur, moins ils allaqnent le corps, et moins sont nombreuses par conséquent les causes de maladie : or, que tout le sylème de la nature , avant la grande perlubalion occasionnée par le déluge, ail été plus doux et moins délétère , c’est ce que sentira facilement quiconque voudra faire attention aux changemens qu’ont dû y introduire et cette immense quantité d’eau et les causes qui la produisaient. ( Hermann Janssens , herméneutique sacrée , trad. de Pacaud, t. l'r, p. 302).
(2) Manava-dharma-sastra , 1,81.
(3) L’abbé Para, Tableau historique et philosophique de la religion.
(4) M. Klaprolh , Tableau historique de l’Asie depuis Cyrus jusqu’à nos jours.
(5) Georgi, Alphabetum thibetanum.
(6) B. Varenius , Descriplio Japonis , Cambridge 1763.
(7) Valère Maxime ,1. 8, c 14.
(8) Pline, 1. 7 c. 48.
Nestor
vécut
300 ans selon Homère.
Daddon , roi d’Illyrie
Valère Maxime.
La Sibylle de Cumes
Ovide.
Un roi du i atium
Xénophon.
La Sibylle d’Erythrée
Phlégon (1).
Les Pandores vivaient 2C0 —
Ctésias.
Les Sères du Calhaï
Lucien.
Certains peuples de l’Inde
Solin.
Juvénal parle d’un prince nommé Pilius qui, pendant plusieurs siècles, fut oublié par la mort :
Heu nimiüm felix qui per lot sœcula mortem distulit.
Martial nous dit que Lesbie vécut plusieurs siècles :
Kamque ut tua sœcula narrant Ficla promethœo diceris esse luto (2).
Hésiode assure que dans un temps fort reculé , l’homme était 100 ans à grandir, ce qui suppose pour le moins une vie de 300 ans (5). Plusieurs historiens primitifs , dont nous ne possédons que des fragmens incomplets, prolongent bien d’avantage la vie des premiers hommes. C’est un fait qui nous est attesté par Flavius Josèphe : « il est constant , nous dit-il , par les témoignages de Bérose , Manéthon , Mochus, Jérôme l’égyptien, Hécatée, Hellanicus, Aeusilaüs, Ephore et Nicolas de Damas que les anciens vivaient mille ans (i). »
8ii.
Géants.
Le sixième chapitre de la Genèse nous révèle l’existence des Géants, dont il est encore parlé dans le livre des Nombres (5). C’est un fait duquel les mythologues
(1) Phlégon,des choses merveilleuses, ch. 17.
(2) Nous aurions pu ciler un grand nombre de personnages que les hisloriens anciens font vivre de 150 à 2J0 ans. Mais il peut se faire que quelques-unes de ces assertions soient exactes , puisque les temps modernes nous offrent plusieurs de ces cas de îongévité extraordinaire. Nous citerons les suivants relatés dans le dict. pittoresque d’histoire naturelle publié par M. Guérin : Jean Causeur de Brest vécut 110 ans. — L’anglais Henri Jenkins, 169 ans. — Un Hongrois , Pierre Czartan prolongea sa carrière jusqu'à 185 ans. — Un de ses compatriotes, Jean Rovin , mourut à 172 ans, il avait une femme de 164 ans et un fils de 117 ans. — Voyez l’histoire de ceux qui ont vécu plus de cent ans, par de Longueville Harcouet. 1715, 1-12, et l’article Macrobies dans le dict. hist . de Moréri.
(5) Hésiode, Opéra et Dies, v. 128.
(4) Josèphe, Antiquitates judaicœ , I. 1. c. 3.
(5) Genèse VI, 4. — Nombres, XIII , 25.
n’ont point manqué de s’emparer, en lui donnant des proportions exagérées. Apollodore nous représente les Titans, enfans de la terre, comme des Géants d’une force invincible qui tentèrent d’escalader les cieux. Trois d’entr’eux avaient chacun 50 têtes et 100 bras (i). — Sanchoniaton dit que les petits-fils d’Eon furent d’une taille démesurée et qu’ils donnèrent leur nom aux montagnes qu’ils possédaient. — Les Pouranas parlent de plusieurs audacieux Géants qui, après avoir subjugué toute la terre , voulurent s’emparer du royaume des cieux; le plus redoutable d’entreux était Bâti , que JVischnou fit repentir de son orgueil, en le précipitant dans les Enfers (?.). — Les Indiens divisent en cinq tribus les Géants qui, depuis leur mort, parcourent le monde, pour ramasser les prières qu’on oublie d’adresser aux dieux. Quand leur collecte est suffisante , ils deviennent des âmes qui se logent dans des corps humains (3). — Les Rabbins, habitués à outrer le merveilleux, prétendent que Og, roi de Basan, parvint à la taille de six vingt coudées , en sorte que les eaux du déluge atteignirent à peine ses genoux (4). — La plupart des peuples d’Amérique parlent d’une race de Géants qui, à une époque fort reculée, désolèrent le monde par leurs ravages. — Les Péruviens racontent que leurs ancêtres se retirèrent sur une haute montagne, à l’époque du déluge, et que, quand ils en descendirent, ils rencontrèrent des Géants, dont ils ne purent éviter la fureur, qu’en se réfugiant dans des cavernes. Ils ne purent en sortir que plusieurs années après , alors que ces Géants furent foudroyés par un Génie céleste (5). — Les Malabares prétendent que les premiers hommes avaient 400 coudées et que leur taille diminua graduellement. (6) .
Les historiens de l’antiquité citent différents personnages dont la taille était tout-à-fait démesurée. A les en croire, Gabbaris ( règne de Claude ), avait 10 pieds; Pusio (règne d’Auguste), 15 pieds; Teutobochus, roi des Teutons, 20 pieds (7). Metellus, au rapport de Solin, vit un cadavre de 33 coudées; Pline
(1) V. aussi la 2c partie de la théogonie d’Hésiode , v. 140.
(2) M. de Mariés , hist. générale de l’Inde , t. II, p. 60. (5) M. de Jancigny , hist. de l’Inde.
(4) Hist. universelle, t. IV, p, 64.
(5) Torquemada , 1. 1 , ch. 13.
(6) Journal encyclop juill. 1783, p 266.
(7) Habicot , gigantologie.
raconte qu’un tremblement de terre lit découvrir dans l’île de Crète, un squelette de 46 coudées (1). Le Polyphénie d’Homère, le Cacus de Virgile ne sont que des Pygmées , au prix d’Antès qui , selon Plutarque , avait 90 pieds. (?)
Nous croyons qu’on peut appliquer à tous les peuples ce que Philon de Biblos dit des Grecs : « ils ont altéré et exagéré toutes les histoires anciennes , n’ayant cherché qu’à divertir par leurs récits, et dès lors ils ont dénaturé ces mêmes histoires. C’est de là qu’ils ont forgé des théogonies, des gigantomachies , des titanomacliies et tant d’autres inventions sous lesquelles ils ont étouffé la vérité (?). »
Noé.
Il existe des rapports tellement frappants entre le Saturne des Grecs, le Ménès des Egyptiens, le Janus des Latins, le Fo-hi des Chinois et le Noé de la Bible, que plusieurs critiques en ont inféré que ces divers personnages n’en fesaient réellement qu’un seul , et que leur vie avait été calquée plus ou moins fidèlement sur celle de Noé.
Rapports de Saturne avec Noé. 1 . Saturne signifie reposé. — Noé signifie repos. ( Nuè. )
2. Noé, « s’appliquant à l’agriculture, commença à labourer et à cultiver la terre. » (4) — Saturne fut surnommé par les Romains Sterculius ( qui sait fumer la terre. ) (5)