Eviter la haine
1 0. S’abstenir de toute mauvaise croyance ( 2).
Lois de Manou.
âlanou reconnaissait dix sortes de péchés qui procèden t de l’esprit , de la parole et du corps.
Penser aux moyens de s'approprier le bien d’autrui ; méditer une action coupable; embrasser l’athéisme et le matérialisme , sont les trois mauvais actes de l’esprit.
Dire des injures; mentir; médire et parler mal à propos, sont les quatre mauvais actes de la parole.
S’emparer de choses non données; faire du mal aux êtres animés , sans y être autorisé par la loi , et courtiser la femme d’autrui , sont reconnus comme trois mauvais actes du corps. Les dix actes opposés sont bons au même degré (3).
Nous pouvons rapprocher de ce décalogue d’autres maximes que nous trouvons disséminées dans les livres sacrés de Manou :
Tout acte de la pensée , de la parole ou du corps porte un bon ou un mauvais fruit.
L’oubli des injures efface la souillure qui résulte des grands crimes (4).
Le livre de la loi doit être étudié avec persévérance; il fait obtenir toute chose désirée ; il accroît i’intelli-
(1) Edda Istandorum ( Yhaavamaal ). — Brynhildarquida. — Ce poème se trouve dans le recueil de poésies Scandinaves, que plusieurs savants Danois ont recueillies et publiées sous le litre d 'Edda rhylhmica.
(2) Asia pulyglolta , von Jul. Klaprolb, s. 142.
(3) Manava- Dharva-Sastra , I. XII, § 2 à 6.
(4) Loi de Manou, 1. XI, § 245.
gence , il mène à une béatitude suprême Que le
Brahmane observe sans relâche les excellentes coutumes consignées dans le livre révélé et dans les recueils de lois ; car, en suivant ces coutumes, il obtiendra une longue existence et des richesses impérissables (i).
Que le jeune homme fasse constamment et en toute occasion ce qui peut plaire à ses parens.
Celui qui respecte son père, sa mère et son directeur respecte tous ses devoirs : mais pour quiconque néglige de les honorer, toute œuvre pie est sans fruit ('2).
Quand tu moissonneras les blés , tu ne couperas pas jusqu’à la superficie de la terre, et tu ne ramasseras pas les épis oubliés, mais tu les laisseras pour les pauvres et les étrangers (5).
De quelque membre que se serve un homme de basse naissance, pour frapper un supérieur, ce membre doit être mutilé (4).
Par un aveu fait devant tout le monde , par le repentir, par la dévotion, par la récitation des prières saintes, un pécheur peut être déchargé de sa faute, ainsi qu’en donnant des aumônes ((>).
Que le juge fasse prendre du feu avec la main à celui qu’il veut éprouver, ou qu’il ordonne de le plonger dans l’eau, ou qu’il lui fasse toucher séparément la tête de chacun de ses enfans et de sa femme; celui que la flamme ne brûle pas , que l’eau ne fait pas surnager, auquel il ne survient pas de malheur promptement , doit être reconnu véridique dans son serment (6).
Chez les Indhous, comme chez les Hébreux, ceux qui sont affligés de quelque défaut corporel sont exclus des fonctions sacerdotales, L’ordre religieux des novices doit, comme l’ordre des lévites, alimenter soir et matin, le feu sacré , ne se nourrir que de la chair des victimes
( 1 ) Loi de Manou, 1. I, § 103 à 108. — 1. IV, § 155.
(2) Ibidem, I. II, § 254-238.
(5) D'après la législation de Moyse , les gerbes oubliées dans les champs et les épis échappés aux moissonneurs, étaient ré- | servés pour le pauvre, la veuve, l’orphelin et l’étranger. — V. le ! Lévit., XIX, et le Deut., XXIV.
(4) La loi des Décemvirs permet le talion Si membrum rupit, ni cum eo pacit, lalio esto. — Solon ordonne qu’on crève les deux yeux à celui qui a crevé l’œil d’un borgne. — V. l’Exode, VIII, 279.
(5) Loi de Manou, l. XI, § 227. — Peccata tua eleeraosynis redime, dit le prophète Daniel
(6) Loi do Manou , I VIII, § 114. — V. le Lévilique, III, 2.
immolées ; avoir fréquemment recours aux ablutions et mettre tous ses soins à examiner les causes litigieuses et à juger les différens (i). Les Indhous, ainsi que les Juifs, considèrent comme animaux impurs le porc, le chameau , le plongeon , le cygne, le héron , le corbeau et les quadrupèdes dont la corne du pied n’est point fendue. Dans les deux lois, le droit d’aînesse assure plusieurs privilèges ; la répudiation est licite à certaines conditions. Les hommes doivent épouser des femmes de leur tribu; le lévirat est en usage; les lépreux sont exclus du temple ; les souillures et les purifications légales sont à-peu-près les mêmes ; les mesures de salubrité sont identiques (2).
Lois des Chinois.
Soyez simple et pur et gardez la modération.
Ayez le cœur pur et sans passion.
Il n’y a pas de plus grand péché que les désirs déréglés.
C’est une grande vertu de savoir être modeste.
Ne vous livrez pas aux plaisirs défendus.
On ne doit boire de vin qu’avec modération.
Ne cessez jamais de vous reprocher vos fautes.
Ne croyez pas facilement les médisans.
N’usez jamais du mensonge.
Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît à vous-même.
On doit respecter, aimer, chérir ses parens et les rendre heureux.
Gardez-vous de suivre des lois et des coutumes inj uslcs.
Savoir supporter les défauts des autres est une vertu.
On ne doit rien voler.
Les instructions des officiers chargés d’instruire le peuple doivent avoir pour objet six sortes de vertus . savoir : la prudence, la piété, la sagesse, l’équité, la fidélité , la concorde; et six espèces d’actions : l’obéissance envers ses parens , l’amour pour ses frères , l’union avec les consanguins, [la bienveillance pour ses alliés , la sincérité avec ses amis, la commisération envers les pauvres (3).
(1) Manava-Dharma-Sastra. Patsim.
,'2) Comparez la slauce 49e du livre IV du Manrta avec le chap. xxm du Deutéronome.
(3) Le Chnu-King , part 3 et 4. — Le Hiao-King , eh 1 — Le Siao-Uiu, ch. 1.
Loi des T ar tares.
Si vous désirez que vos actions soient de bonnes œuvres, appuyez-vous sur Dieu; ayez en tout temps l’intention de vivre vertueusement jusqu’à la mort; alors vos actions deviendront excellentes.
Ne suivez point vos inclinations et n’écoutez point la chair ; car vous ne parviendriez pas à la félicité.
Que toute votre attention se tourne vers votre âme intelligente.
Le pécheur qui se repent est comme un malade que les sueurs ramènent doucement en santé.
Il y a dix mauvaises actions : le meurtre , le larcin , la débauche , la calomnie, les mauvais discours, le mensonge, la médisance, l’envie, la colère et l’ignorance.
Abandonnez les passions et les plaisirs du monde ; ne vous entretenez pas de choses inutiles ; contentez-vous du nécessaire et gardez en tout un juste milieu (i).
Lois et coutumes religieuses de quelques autres peuples.
Les Péruviens avaient des lois qui leur interdisaient le vol, le meurtre, l’adultère, la débauche, la médisance et la sorcellerie (2).
Chez les Mexicains, on condamnait à la peine capitale les traîtres, les homicides, les infanticides et les adultères. Les vieillards étaient chargés de recommander sans cesse aux enfans de pratiquer la chasteté et la sobriété (5).
Le Pentateuque fait connaître quelle était i’autorité des hommes sur les femmes, celle des pères sur les enfans, et les degrés de parenté qui s’opposaient au mariage dans l’ancien Testament. D’après le témoignage de M. Le Page du Pratz, cette partie de la législation hébraïque s’est conservée chez les Natchez de la Louisiane , mais avec de blâmables exagérations.
Dans toute espèce d’assemblée , les plus petits garçons ont le pas sur les femmes les plus âgées; dans tous les repas, ils sont servis avant leur mère. L’autorité paternelle n’est pas moins inviolable et sacrée que la préémi-
(1) Le Su-che-ulh-chang-king et V Avbertkevd , livres sacrés des Tartares, cités par De Guignes, dans le tome XL des mémoires de l'académie des inscriptions.
(2) Garcilasso, Histoire dis Incas, part 2, ch. 1.
(3) Acosta, Histoire muiale des Indes, 1. VI, ch £S.
nence des hommes; elle est encore chez les Natchez ce qu’elle fut dans les premiers âges du monde. Les enfans, alors même qu’ils sont mariés , restent dans la cabane de leur père, qui exerce sur eux une puissance absolue. Les empêchemens de mariage s’étendent jusqu’au troisième degré de consanguinité; le non-consentement de l’ayeul ou du bisayeul est aussi uu obstacle insurmontable pour une union, quand bien même elle serait approuvée par le père et la mère (i).
Les Coussas de la Cafrerie reconnaissent , comme les Hébreux, des impuretés légales. Un homme veuf est impur pendant quinze jours; une veuve , pendant un mois; une mère qui a perdu sa fdle, pendant deux jours. Ceux qui reviennent d’une bataille ou qui ont assisté à l’agonie d’un mourant sont également impurs r 2). Chez les Bukhares, la femme reste impure pendant les quarante jours qui suivent son accouchement. L’enfant est nommé trois jours après sa naissance , par son père ou quelque proche parent ; ce n’est qu’à l'âge de huit ans qu’il est circoncis (3). Les souillures légales sont également admises chez les Indhous, les Abyssiniens, les Groënlendais, et dans les royaumes de Bénin et de Juida.
Le lévirat ou mariage entre les belles-sœurs et les beaux-frères était établi chez les Perses. M. Obry, dans un savant mémoire adressé en 1H42 à la société des antiquaires de Picardie . a prouvé que cet usage est prescrit non-seulement par les lois de Zoroastre , mais encore par celles de Manou, de Lycurgue, des Egyptiens, des Athéniens et des Romains (4). Il existe encore actuellement aux îles Carolines (5).
Le sacrifice d’une vache rousse ordonné par Moyse , et auquel S. Paul fait allusion, paraît avoir été imité par les habitans de Malabare , aussi bien que par les Egyptiens (b).
La pratique de la circoncision est établie dans les royaumes de Loango, d’Abvssinie, de Bénin, de Juida, de Guinée, de la Côte-d’Or; chez les nègres de Bolm,
(1) Journal œconomique, avril 1752, p. 125.
(2) Bibliothèque britannique, t. LIX, mai 1815.
(3) Etat présent de la petite Bnkharie.
(4) V. le t. VI des mémoires de la société des antiquaires de Picardie. — Rapport de M. Garnier.
(5) Voyages de Cook , t. V, p. 4SI .
(6) Messianische Briefe, p. 115.
Londo, Area, Quoja , Folia et Gala; à Otahiti, aux Nouvelles-Hébrides, etc. ( i).
Conclusion.
Nous terminons ici la série de nos Parallèles. Si , de l’examen du Pentateuque, nous passions à celui du Livre des Juges, des Rois, des Prophètes, etc., nous pourrions indiquer les rapports qui existent entre Hercule et Josué ,
Jason et Gédéon ,
Anysis et Salomon ,
Hercule et Samson ,
Iphigénie et la fille de Jephlé ,
Sabacos et Salomon,
Psammuthis et Jéroboam ,
Séthos et Ezéchias ,
Amasis et Nabuchodonosor ,
Amphion et Job,
Zoroastre et Mesraïm , etc.
Mais nous croyons que les rapprochemens que nous avons signalés, en ne sortant point des limites du Pentateuque , suffiront pour démontrer la vérité de la thèse que nous avons soutenue.
Ce parallélisme de l’antiquité payenne avec l’antiquité judaïque est si incontestable, que l’érudition incrédule du xviiic siècle n’a pas essayé de le nier : elle s’est contenté de tourner la difficulté, en disant que Moyse avait calqué ses livres sur ceux des Egyptiens , des Phéniciens, des Chaldéens et des Indhous. Mais ce système mensonger a été bien facilement ruiné par l’érudition croyante du XIXe siècle , qui a victorieusement démontré que
Manou (2) vivait
environ
ans après Moyse.
Manéthon
Bérose
Confucius
Zoroastre (3)
(I) Suidas nous apprend qu’elle était usitée, en Thrace, par les Odomates — Nous avons profilé, pour la composition de ce chapitre, des docuinens recueillis par M Kastner ( Concordance de i Ecriture sainte), M. de Chàleaubriand ( Génie du Christianisme) , M de la Marne (la Religion constatée universellement), par les auteurs de V Histoire universelle, etc
(i) 400 ans après Moyse, scion MM. Jones etChézi.
(3) Selon quelques auteurs, 400 ans après Moyse Selon d’autres, il n’exista jam iis. D’après Huet, ce personnage n'est autre
Hésiode vivait environ 500 ans après Moyse. Sanchonialon » 300 »
Darès le Phrygien » 300 »
On avait fait grand bruit de la prodigieuse antiquité de certains livres sacrés de l’Orient ; on reculait l’origine du monde , pour leur assigner une date fabuleuse ; mais la philologie a fait évanouir toutes ces rêveries , en démontrant que
Le Bagavadam ne date que d’environ 2000 ans.
Le Shastah bhade
L’Oupneck’hat
Le Manava-Dharma-Saslra
Le Sbaster
Le Su-che-ulh-cheng-king
Le Tao-te-king
Le Chi-king
Le Chou-king
Le Zend-Avesta
Le Mahabharata
Les Védas
Or, tout le monde sait que le Pentateuque date de 3300 ans.
Le témoignage de l’incrédulité , bien loin d’infirmer notre système, vient donc le corroborer. Elle reconnaît comme nous la conformité des dogmes et des faits bibliques avec les croyances du paganisme; mais elle en tire une conséquence absurde , tandis que nous , nous en concluons : 1 e que les vérités disséminées dans les livres sacrés des Gentils sont des larcins faits aux récits mosaïques ; 2<> que la plupart des grandsfaits mythologiques sont des altérations manifestes de l’histoire primitive des Hébreux ; 3° que la plupart des Dieux et des Héros de la Fable ne doivent point uniquement leur naissance à l’imagination des Poètes, mais qu’ils sont, sur bien des points, de reconnaissables contrefaçons des principaux types de la Bible , dont le souvenir s’est perpétué par la tradition ; 4° nous en concluons enfin que tous les anciens cultes ne furent, dans leur origne, que des émanations plus ou moins pures de la vérité révélée.
FIW.
que Moyse. Selon Grégoire de Tours, c’est Cham. Selon Banier, c’est Mesraïm. L’antiquité nous parle de six Zoroastrcs : l’un était de Chaldèe ; l'autre, de la Bactriane ; le troisième , de Perse; le quatrième, de Pamphilie ; le cinquième, de Proconnèse ; le sixième, de Babvlone — Leclerc.