‹ Parallèle du typhus et de la fièvre typhoïdeChapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les discussions nombreuses auxquelles donnèrent lieu le typhus et la fièvre typhoïde, toutes les fois qu’il s’est agi d’établir d’une manière irréfutable les caractères de ces deux maladies, semblaient avoir dissipé les doutes qui planaient sur cette question. Il n’en était pourtant rien. L’expédition de Crimée, donnant l'éveil aux causes pathogénésiques qui accompagnent constamment les agglomérations d’hommes, a surpris le monde médical au milieu de sa trompeuse sécurité, et réclamé de nouvelles recherches. C’est à cette circonstance que l’histoire des épidémies est redevable de travaux consciencieux accomplis récemment au milieu des exigences pénibles de la guerre, et le typhus des armées a pu enfin sortir des ténèbres qui l’enveloppaient.

Jusqu’à ces derniers temps, en effet, malgré les rigoureuses observations de Pringle, d’Huxham, d’Hildenbrand, un grand nombre de pathologistes, ajoutant peu d’importance aux observations de ces profonds cliniciens, considéraient la fièvre tv-

phoïde comme étant identique avec le typhus petechialis, le typhus des camps, voire même avec le typhus fever des Anglais, et X observation, détrônée par une induction théorique, n’était plus le guide qui doit conduire à la découverte de la vérité. Mais la marche désastreuse du typhus et ses manifestations symptomatiques ne permirent pas une telle confusion; aussi la médecine militaire de France, merveilleusement servie par les événements, a-t-elle définitivement reconquis à la fièvre des armées la place qu’on lui avait longtemps refusée.

Ce n’était pas sans raison, il est vrai, qu’une telle incertitude s’était emparée des esprits ; des analogies rapprochent entre elles les diverses espèces de typhus (car le typhus abdominalis des Allemands est identique avec la fièvre typhoïde de Paris) ; mais aussi certains caractères ne s’opposent-ils pas à une fusion intime entre tous ces typhus? Telles sont les diverses circonstances que j’ai à passer en revue.

J’examinerai donc les symptômes et les lésions cadavériques que présentent ces deux maladies, en ayant soin de ne pas insister sur les parties de la description nosographique qui n’intéressent pas directement mon sujet.

Les caractères qui sont particuliers au typhus et à la fièvre typhoïde seront ensuite étudiés parallèlement.

Enfin, la question de l’identité et de la non-identité du typhus et de la fièvre typhoïde, résumant la plupart des faits précédemment exposés, sera la conclusion de ce parallèle.

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