‹ Parallèle du typhus et de la fièvre typhoïdeChapitre 8 sur 8 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Mon travail est terminé, et pourtant en jetant un coup d’œil rétrospectif, il me semble que certaines questions ont été omises dans ce parallèle. Ainsi l’aphorisme d’Hippocrate , « Naturam morborum curationes ostendunt ,» n’indique-t-il pas que j’aurais dû faire pour la thérapeutique la même exposition que pour la symptomatologie et l’anatomie pathologique; mais il s’agit de savoir si cette pratique était réellement possible.

« Les méthodes employées (pour la curation de la fièvre typhoïde) ont toutes leurs succès, toutes leurs revers, et il semble que, quelles que soient les méthodes, il est un certain nombre de cas où, sans quelles y prennent part, la nature conduit la maladie à une terminaison heureuse ou funeste. » (Andral, Clin, méd ., t. III.) Comment donc expliquer cette incertitude, comment se fait-il qu’une maladie si longuement décrite ait jusqu’ici échappé au critérium irrécusable de l’expérimentation thérapeutique? La raison n’est peut-être pas aussi difficile à trouver qu’on le suppose généralement.

La fièvre typhoïde, représentant fidèle des tendances de l’éclectisme moderne, a envahi sous sa dépendance un grand nombre de maladies réputées autrefois différentes; les états pathologiques qu’elle a englobés ne sauraient se plier aux exigences des classifications naturelles qui ne s’appuient que sur des caractères univoques. il n’est donc pas surprenant qu’une maladie

ou se rencontrent tant d’éléments pathologiques dissemblables soit l’écueil de la thérapeutique, et si l’on veut ramener l’expérimentation sur son véritable terrain, n’est-ce pas, comme l’a dit M. Rostan, vers X élément spécifique qui a engendré la septicémie que devront tendre les efforts du clinicien, de la même façon que dans tout empoisonnement on doit chercher à éliminer de l’organisme le poison qui va sans cesse y déterminer de nouveaux désordres.

En un mot, quand on envisage les moyens thérapeutiques proposés contre la fièvre typhoïde, on reste convaincu de cette vérité que : Pour avoir poursuivi une synthèse trop complexe, la nosologie est restée jusqu’ici impuissante, et aussi longtemps que f idée de la maladie ne sera pas synonyme d 'état maladÀf (Bouillaud), ou état organopathique (Piorry), des déceptions sans nombre seront réservées aux cliniciens, quel que soit le point de vue sous lequel ils se placent, et quelque sagacité qu’ils développent pour arriver à la connaissance de LA MALADIE.

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