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On raconte que le premier individu qui se baigna à La Malou est un berger des environs qui souffrait depuis de longues années de toutes ses jointures. Est-ce par instinct de propreté, est-ce pour tout autre motif? Toujours est-il qu’il se plongea, un jour, dans une sorte de marécage, sis à l'endroitoù se dresse aujourd’hui l'hôtel des Bains, et qu’il déclara à la suite éprouver moins de gêne; il renouvela ses bains et vit ses douleurs disparaître complètement. C’est là la légende, qui remonte au XVI siècle. |
Quoi qu'il en soit, dès cette époque, la «rumeur» se répandit dans le pays qu’on se guérissait, là, de douleurs, et de tous les points du vallon, on vint tremper des membres endoloris. ; |
Les médecins de Montpellier eurent vent de la chose, étudièrent sérieusement l'action des eaux et, au siècle dernier, envoyaient à La Malou nombre de leurs clients, pour rhumatisme, goutte, névrose, paralysies. En 1758, parut le premier ouvrage sur La Malou: De aquarum minéralium et usu, signé de Leroy, médecin de Montpellier; plus tard sont venus ceux de Saisset (Mémoire pratique sur les eaux de La Malou, 1812), de Dupré, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Montpellier (observations sur lPaction générale des eaux de La Malou, 1842).
La clientèle de La Malou resta purement régionale jusque vers 1860. En 1855 avait paru la thèse très documentée de M. le docteur Boissier (Étude sur le vallon thermal de La Malou et sur les bains de La Malou-le-Haut en particulier, Th., Montpellier). En 1858, M. le docteur Privat écrivait la première édition de son livre (Étude statistique el médicale sur La Malou-les-Bains). Grâce à ces deux médecins, La Malou prit de l’extension. M. le docteur Privat surtout, par ses grandes relations à Paris, par ses observations sans cesse nultipliées, imprima un vigoureux essor à l'avenir de la
Station thermale. Si La Malou à grandi, c'est en bonne cs tie à lui qu’on le doit.
: En 1861, M. le professeur Moitessier publiait un | travail sur iii chimique des eaux du vallon, travail qu’il a complété dans deux articles du Montpellier médical (nov. 1863, décembre 1865). M. C. Pallot publiait, en 1862, une notice sur Lamalou-l’Ancien.
Dans ces dernières années, depuis douze ans surtout, de nombreux et très intéressants travaux ont été écrits sur La Malou par MM. les docteurs Cros, Belugou, Donnadieu, travaux parus pour la plupart dans les Annales de la société d’hydrologie médicale de Paris, de 1881 à 1893. Très documentés, ces travaux ont eu une importance considérable sur le développement de la station thermale; ils ont été pour nous d’une très grande utilité; nous leur avons emprunté quelques-uns des faits dont nous allons aborder l'exposé.
Dans ces divers travaux, sauf la thèse de M. Boissier, il est le plus souvent question de La Malou dit Ancien, et tous les auteurs classiques qui parlent de La Malou entendent désigner seulement La Malou-le-Bas dit l’Ancien : les propriétés des eaux de La Malou-le-Centre et de La Malou-le- Haut sont toutes différentes de celles de La Malou-le-Bas. Nous ne nous en occuperons point ici.
On envoie à La Malou pour le traitement des rhumatismes de tous ordres, sauf l’aigu, et pour les affections du système nerveux d’origine médullaire et névrosique. Le triomphe de La Malou, sa spécialité, c'est le traitement de l'irritation spinale, auquel M. le docteur Cros (1) a consacré un intéressant mémoire. Quoi d'étonnant que nous y constations des guérisons de paralysies para-infectieuses, et nous tenons à
(1) De l'irritation spinale et de son trailement par La Malou-PAncien (Annales d'hydrologie, tom, XXX, 1885, p. 233),
= (04 2 ‘souligner encore ici la grande idée de notre thèse. Ces paralysies se guérissent à La Malou, La Malou est indiqué dans le traitement de ces troubles moteurs, non point parce qu'ils sont consécutifs à une infection aiguë (les infections ne guérissent pas à La Malou ; les paralysies infectieuses proprement dites saturnines, syphilitiques, etc., ne rétrogradent pas à La Malou) ; mais parce que ces troubles sont des paralysies, des paralysies de nature éminemment irritative en certains cas, anémique dans d’autres. |
Or, de tout temps, les eaux de La Malou ont été prônées pour leur vertu à la fois sédative et tonique, s'adressant à deux éléments morbides principaux, douleur et atonie.
Et, à propos du traitement des paralysies para-infectieuses par La Malou, qu’on nous permette une parenthèse, qui sera un exemple typique de notre façon de comprendre ces paralysies, en même temps que l'explication de l’efficacité de leur traitement par les eaux de La Malou. On connaît l’heureuse influence qu’exercent les eaux dont nous nous occupons ici sur la marche du tabes:; de nombreuses observations l’ont constaté (Charcot, Belugou, Cros, Donnadieu) et tous les praticiens la connaissent. Or le tabes est une de ces maladies qui ont servi de base au professeur Fournier pour édifier sa théorie des affections para-syphilitiques. C’est un de ces nombreux syndromes dont le processus est mis en train par la syphilis. Eh bien, La Malou améliore, ou tout aa moins arrête le processus tabétique. Nous n’avons à nous occuper ici ni du tabes, ni de la syphilis, mais ce rapprochement nous à paru an appoint de plus à notre conception des paralysies para-infectieuses et à la compréhension de l’efficacité des eaux de La Malou sur le processus paralytique para-infectieux. Nous avons tenu à le signaler.
de. dB Dans l'exposé qui va suivre, noüs adopterons l’ordre déjà choisi pour la revue des maladies infectieuses.