‹ Paralyses Consecutives Aux Infections Aigues (Paralyses Para-Infectieuses) Leur Traitement Par Les Eaux De La MalouChapitre 29 sur 46 · DIPHTÉRIE · texte numérisé non relu

DIPHTÉRIE

Observation LIT

(Docteur Cros. — In Annales d'hydrologie, 1888-1889, t. XXXII) Angine diphtéritique. — Paralysie généralisée aux quatre membres.— Impuissance de tout traitement. — Amélioration très notable dès Le 3° bain. — Guérison.

X..., 32 ans, marchand de vins, très vigoureux ; nulle maladie antérieure, pas de tare héréditaire. En 1877, angine diphtéritique, guérie par cautérisation et gargarismes, qui le retientquinzejours en chambre. Il reprend son travail gardant quelques difficultés pour déglutir et pour parler, il peut à peine souffler et siffler (ce qui semble indi-quer la persistance de la paralysie du voile du palais). Surviennent des fourmillements et des lourdeurs dans les doigts, remontant jusqu’au coude : ilne peut saisir les petits objets et laisse échapper les gros ; ses jambes faiblissent à leur tour. Aucun traitement ne lui réussit. Il est envoyé à La Malou. Outre les troubles précédents, on remarque de l’anesthésie plantaire s'étendant en arrière vers les mollets : les réflexes rotuliens sont exagérés. Fonctions générales normales.

Il prend 21 bains de piscine à 34° : douze douches en jet sur les jambes et les bras. Dès le 3° bain, amélioration notable s’accentuant après chacun des séjours dans la piscine. Il part absolument guéri. Revu deux années de suite : va très bien.

[2 Observation IV (Docteur Cros. — In Annales d’'hydrologie, 1888-1889, t. XXXII)

Angine diphtéritique. — Paraplégie. — Amélioration après une saison, — Guérison après deux nouvelles saisons M..., 28 ans, commis ; antécédents rhumatismaux héréditaires ; pas de maladies antérieures.

SAUT ire

En juin 1879, frissons, état général, angine diphtéritique: vingt jours après, il reprend son travail, aveccomme le précédent, encore un peu de paralysie du voile du palais. Quelques jours après, faiblesse dans les jambes, fourmillements ; diminution de sensibilité ; il ne peut se tenir debout et marche difficilement ; au bout de quelque temps il ne peut plus marcher du tout, s’alite, et reste 2 mois couché. Traité sans succès par vésicatoires, bains sulfureux, il arrive à La Malou en septembre 1879. Etat général parfait ; plus de paralysie du voile : on le conduit aux bains en petite voiture. 1

Trait: 35 bains de piscine à 35° ; 18 douches en jet sur les jambes. Vers le milieu du traitement, l'amélioration se dessine. La station debout devient possible ; il essaye même quelques pas vers la fin de son séjour à La Malou. Il part amélioré.

Revient en 1880 à deux reprises. Après ces deux nouvelles saisons, il a pu revenir dans son magasin et travailler comme auparavant. La ‘guérison s’estmaintenue.

Observation V

(Docteur Privat. — Etude statistique de La Malou, 1877, p. 88) Diphtérie cutanée. — Paralysie faciale. — Paralysie des muscles de la nuque. — Paraplégie. — Amélioration très notable après le 9° bain. Guérison.

Enfant de 3 ans, scrofuleux,conduit par sa mère, à La Malou, dans les conditions suivantes. Depuis deux mois et demi, cet enfant était atteint d’une légère sécrétion séro-purulente derrièrel'oreille gauche, survenue à un moment où une endémie croupale sévissait dans le village. Au bout. de quelques jours, sans autre cause connue, qu'une production pultacée sur la plaie, on constata de la paralysie du voile du palais, de la paralysie faciale, ainsi que l'impossibilité absolue de soutenir la tête, qui penché tantôt en avant, tantôt sur l'épaule du côté atteint. Get enfant accusait des douleurs dans la tête et dans les jambes, qui ne peuvent supporter le poids du corps': le malade ne peut faire quelques pas qu’à la condition d’être soutenu par les deux bras. À son arrivée, cet état persistait depuis un mois.

Dès le 9° baïn, la paralysie des muscles de la nuque cède, la paralysie du voile du palais disparaît ; il commence à marcher seul. A

SOA CARE

son départ, après 16 bains, la guérison'était complète.Elle s’est maintenue : l'enfant a été revu un an après.

Observation VI (Docteur Privat) :

Angine diphtéritique. — Monoplégie d'origine périphérique. — Amélioration

Petite fille, scrofuleuse. Trois mois avant son arrivée à La Malou, angine diphtéritique ; quelques jours après sa guérison, faiblesse dans les jambes, notamment du côté gauche, qui s’atrophie.

Après 15 bains, cette enfant présente une amélioration notable, qui va augmentant : revue un an après, ne boite presque plus. .

Observation VII (Docteur Privat.— Etudes médicales sur La Malou, 1877, p. 88) Diphlérie cutanée.— Paralysie généralisée. — Guérison complèle après dix-huit bains °

Ménagère, âgée de 26 ans, scrofuleuse, combattait blépharites fréquentes par vésicatoires aux bras. \ à

Atteinte de mal aux yeux, elle s'applique, un beau jour, un vésicatoire au bras gauche, durant une épidémie de croup ravageant son quartier, et, tandis que son vésicatoire est en pleine sécrétion, elle passe deux nuits aüprès de deux enfants atteints de croup. Deux jours après, la plaie du vésicatoire est douloureuse, irritable, avec productions pultacées et souffrances atroces. Cet état persiste durant six semaines, rebelle à tout traitement. C'est alors, au moment où le mäl commence à décroître, que la malade est atteinte d’affaiblissement des acuités visuelle, acoustique et gustative; embarras progressif de la langue, dysphagie ; la faiblesse envahit rapidement les quatre membres, qui sont pris d'impotence, tout en étant le siège de quelques fourmillements ; parésie générale complète ; incontinence d’urine, sentiment de chaleur intolérable aux pieds et aux mains ; conservation de la sensibilité tactile. Sommeil, et appétit passables ; retour graduel de la vue ; défécation normale ; menstrua-

tion régulière ; troubles vésicaux persistent et la parésie est telle-

ment complète que le mari de la malade porte cette dernière sur son dos, comme un fardeau inerte. |

Dès lé huitième bain, cette femme va seule de sa chambre à la piscine, en s'appuyant sur le bras de son mari; après dix-huit bains, la guérison était complète et s'estsoutenue. Elle donne, tous les ans, de ses nouvelles. ve ?

Observation VIII (Inédite)

Diphtérie cutanée, — Parésie généralisée. — Paraplégie, guérison après 4 cures. — Retour annuel des phénomèries parétiques, que seuls les bains de La, Malou peuvent faire disparaître Il y a trente ans, une jeune femme de belle santé, d’une grande

activité, Soignant un enfant diphtéritique, se gratte à la nuque et voit

apparaître bientôt une plaie qui se recouvre de membranes caractéristiques. Environ 40 jours après, elle éprouve un engourdissement des quatre membres : bientôt paraplégie incomplète.

Une première saison à La Malou la guérit presque complètement,

ne lui laissant que des fourmillements aux pieds et aux mains. À Après 3 cures successives, guérison considérée comme complète. Mais pendant 30 ans, elle est revenue à divers intervalles, parce

qu’elle voyait réapparaître les mêmes symptômes et qu’une saison à

La Malou les faisait toujours disparaître.

Voici six observations de paralysies para-diphtéritiques : sans faire ressortir l'intérêt de ces observations au pointde vue clinique et l’enseignement qu’elles comportent pour l'étude des diverses manifestations paralytiques pouvant survenir à l’occasion de la diphtérie, nous nous contenterons de faire remarquer l’action indiscutablement bienfaisante des bains sur ces par\lysies. Amélioration dès le 3° bain (obs. IT), dès le neuvième (obs. V), dès le huitième (obs. VIT), guérison complète, absolue, définitive, dès la première saison (obs. II,

V, VIT), amélioration dans deux autres cas (IV et VIT), guérison après 2 saisons dans l'observation IV. Les six malades ont laissé leurs maux dans les piscines de La Malou. Ces améliorations, ces guérisons, sont bien imputables à la seule action des eaux.

Tout traitement à échoué, les malades arrivent perclus, et, un beau jour, sortant du bain, ils sont mieux, leurs fonctions disparues renaissent, progressent très vite ; ils partent guéris absolument, définitivement. Certes on pourra objecter que ces paralysies para-infectieuses reviennent d’ellesmêmes, mais ce n’est point avec cette promptitude, avec cet ensemble, comme sous l'influence du seul bain de La Malou. Et

. nous serions passible de l’objection précédente, si surtout, cette amélioration s'était produite chez un seul malade, après les

premiers bains. Mais chez tous les six, arrivant à des périodes plus ou moins éloignées du début de leur paralysie, chez tous, après quelques bains, que la paralysie soit localisée ou généralisée, chez tous cette paralysie rétrograde. L'observation VIT est magnifique : une femme perclue de tout son corps depuis des semaines, chez laquelle tout traitement a échoué, se baigne sept fois et elle marche, toutes ses fonc- tions lui sont restituées. Nous voyons, dans l’observation VII, une action remarquable des eaux de La Malou sur les phénomènes parétiques ; nous n'y insistons pas ici, nous réservant d’y revenir après les 2 observations suivantes.

L’actiondes eaux de La Malou, dans ces six cas, nous paraît indiscutable.

Page 1