S IL — HISTORIQUE
Nous l'avons dit au début de notre avant-propos: de très remarquables travaux ont été faits, et tout récemment, sur cette question si intéressante des paralysies para-infectieuses.
Dans ces travaux sont indiqués, avec un soin scrupuleux, tous les mémoires, toutes les thèses à consulter. Nous ne saurions indiquer ici les nombreuses publications de ces dernières années ; nous nous bornerons à citer les principales. . Ce paragraphe a pour unique but de jeter un coup d’œil d'ensemble sur l’histoire des paralysies para-infectieuses, de donner une idée nette de l’évolution des conceptions élevées à leur sujet. À chacun des chapitres, à chacun des paragraphes consacrés à chacune des maladies infectieuses correspondront des indications historiques et bibliographiques spéciales, qui n’auraient ici aucune utilité.
On peut diviser l’histoire des paralysies para- -infectieuses en trois grandes périodes :
1° On constate les paralysies à la suite des ue infectieuses. Cette période est admirablement décrite, avec bibliographie très complète, dans un mémoire d’Imbert-Gourbeyre (1). Avicenne (X[° siècle), Forestus, Torti, Vogel, Eller, Boerhaave, Cullen, Gruner, Tissot, Fr. Hoffmann, Stoll, J. Franck, Ferriar (1795), Fernel, Borsieri, Sauvages, Sanchez, Sennert, Etmüller, Sydenham, Van Swieten, Morton, Delius, Danacl Bard, Ozanam et bien d’autres si-
(4) Recherches historiques sur les paralysies consécutives aux maladies aiguës. Gazette médicale de Paris, 1863, p. 381 et suis.
gnalent et décrivent des paralysies à la suite de diverses maladies infectieuses, sans chercher à Fapliques la production de ces paralysies.
2° On cherche l'explication des paralysies conséculives aux maladies aiguës,tout en multipliant les observations cliniques. Cette deuxième période a son histoire brillamment inscrite dans la thèse d’agrégation de Landouzy (1880).
Trousseau dans ses cliniques, Maingault dans sa remarquable thèse (1), Roger (2), Gubler (3) dans son important mémoire, Graves, Leroy d’Etiolles, Brown-Séquard, M. Jaccoud, Hoffmann, Buhl, Œrtel, MM. Charcot, Vulpian et. leurs élèves, Westphal, Nothnagel, Zenker, Hayem, Leyden, Erb, MM. Peter et Lorain, Lépine, Hardy et Béhier dévoilent, analysent les troubles fonctionnels ou nutritifs et entrevoient, pour un prémier groupe de ces paralysies, une origine spinale ; pour d’autres, une origine cérébrale; pour une troisième catégorie, une origine névritique ; pour d’autres, enfin, une origine réflexe.
3° C’est la période role End contemporaine qui, tout en. maintenant et faisant la part des conquêtes du passé, donne auxnévrites périphériques énorme contingent qui leur revient dans la genèse des paralysies para-infectieuses.
Pour toute cette période, c’est aux thèses de Mme Déjerine-Klumpke (4) et de PURE (9) qu’il faut recourir. Ici,
(1) De la paralysie diphtéritique. Recherches cliniques: sur les causes, ie nature ct le traitement de cette affection, 1859.
(2) Société médicale des Hôpitaux de Paris, juillet 1859.
Recherches cliniques sur la paralysie consécutive à la diphtérite, 1862. Jn Archives de Médecine. <
(3) Des paralysies dans leurs rapports avec les maladies aiguës et spécialement des paralysies asthéniques, diffuses, des convalescents, Archives générales de Médecine, 1860-1861.
(4) Des polynévrites en général; des paralysies et atrophies saturnines en particulier ; étude clinique et anatomo-pathologique (th. Paris; 1889),
(5) Contribution à l’étude des névrites périphériques D DATE aiguës (th. Lyon,
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les travaux se multiplient et sont innombrables pour les pa-
ralysies développées à l’occasion de toutes les infections, mais plus encore pour les paralysies développées à l’occasion. de chacune des maladies infectienses en particulier : nous citerons les plus remarquables, renvoyant aux deux thèses itées ci-dessus et au chapitre «polynévntes» du livre tout récent de MM. Grasset et Rauzier (1) pour unebibliographie es 5 -plûs complète.
Déjà, au moment où tous les maîtres de la science affirmaient l’origine centrale des paralysies-para-infectieuses, Duménil, de Rouen (2), montrait que les nerfs pouvaient s’altérer primitivement,sans modification antérieure de leurs centres trophiques. Ce fut le précurseur. Durant quinze ans après lui, cette question sommeilla, mais pour reprendre avec une ardeur qui est loin encore de s’éteindre.
Parurent successivement les travaux de Pierret, Charcotet Vulpian, Bichhorst (1877) (3), Déjerine (1878),(4),1879) (5), Joffroy (6), Eisenlohr (7), Leyden (8), Lancereaux (9), Grainger Stenart (10), Strube(11),Caspari(12), Pierson(13),
(1) Traité pratique des maladies du système nerveux, 1894, pag. 88 et suiv-
(2) Duméril (de Rouen). — Contribution à l’histoire des paralysies périphériques et spécialement de la névrite. Gazette hebdomadaire. 1866, p. 52.
(3) Eichorst.— Neuritis acuta progressiva. Virch. Archiv., 1877.
(4) Déjerine.— Recherches sur les lésions du système nerveux dans ia paralysie diphtéritique. Arch. de Phys. normale et pathol,, 1878. . (5) Déjerine.— Rech. sur lesions syst. nerv. dans paral. ascendante aigüe (th.. Paris, 1879). :
(6) Joffroy.— Névrite parenchymateuse spontanée, généralisée et partielle. (Arch. phys. normale et path., 1879).
(7) Eisenlohr.— Central. für Nerven 1879, n° 5. p. 100 et Deutsches. Arch. f. klin. Med. Bd 29, 1880, p. 555.
(8) Leyden. — Ueber neuritis und Poliomyelitis. Zeitsch. f. Klinische Medicin., 1880-1881, p. 387-434.
(9) Lancereaux.— Paralysies toxiques. Gaz. hebd, de méd. et de chirurgie, 1881.
(10) Grainger Slewaré. — The paralysis of haud and fect from diseases of nerves. Edinburg med. journ. march., 1881, p. 855.
(41) Sérube.— Ueber multiplie neuritis. Th. Berlin, 1881).
(12) Caspari.— Zeit, f. klinich. med. 1883, Bd, V, p. 537.
(13) Pierson.— Ueber polyneuritis aeuta. Volkmann's Sannbrug klin. vortrige, no 29, 1883.
Ho 2 Strümpell (1), Vierordt (2), Brissaud (3), Duplaix (4) Déjerine-Klumpke (5), Eichhorst (6), Raymond (7), Ba-
binski (8), Blocq et Marinesco (9), Blocq (10), Ross et
Bury (11), Bonnet (12).
Tout récemment, une longue discussion s’éleva sur ce sujet à l'Association médicale britannique (13). ;
Nous ne donnons ici que les travaux d’ensemble sur les névrites périphériques se rapportant aux paralysies parainfectieuses. À propos de chacune des maladies infectieuses nousdonnerons les plus importants des travaux qui les concernent plus particulièrement. |
Pour tout ce travail, les ouvrages que nous avons le plus souvent consultés sont: la thèse d’agrégation de Landouzy (1880), les thèses de M" Déjerine-Klumpke et de Bonnet (de Lyon), le Traité pratique des maladies du système nerveux, de MM. Grasset et Rauzier (1894).
(1) Sérümpell. — Zur kenniniss der multiplen degenerativen neuritis. Arch. f. psych. u. nerv. 1883, p. 339. :
(2) Vierordt.— Ein fall von multiple neuritis. Arch. f. psych. u. nerv, 1883, p. 669.
)Brissaud.— Des paralysies toxiques. Th. d'agrég. 1886. ) Duplair,— Revue générale, in. Gazet. des Hôpitaux, 29 oct. 1887. ) Me Déjerine-Klumphke.— Loc. cit.
(6) Eichhorst.— Path. int. 1889, tom. III.
(7) Raymond.— Traité des amyotropbies, 1889.
(8) Babinski.— Leçon à la Salpêtrière (30 mai 1890) ix (Gaz. hebdom. (août 1890). (9) Blocq et Marinesco. — Poliomélite et polynévrite, 22 nouvelle Iconographie de la Salpêtrière 1890, p. 137.
(10) Blocg.— Gaz. hebd. 1890, p. 328).
(11) Ross et Bury.— Traité, Londres, 1893.
(12) Bonnet.— Loc. cit.
(13) Association médicale britannique, juillet 1892. In Semaine médicale, 3 août
ET