SOUS
OBSERVATION VIl
Thèse de Boularan, Communiquée par Clado, Int. à la ; Pitié, 1883.
Cette observation est intéressante, car on a affaire à une paralysie immédiate du nerf radial au moment du traumalisme el dans la Suite, il y a enclavement du nerf dans le cal ou plutôt une pression exercée par une aiguille osseuse.
R..., Pierre, 57 ans, charretier, est entré le 27 décembre 1882, à la Pitié, service de M. Polaillon.
Le même jour, en voulant arrêter la roue d’un moulin, il tomba par terre, et un battant vint frapper son bras gauche et le fractura. La main gauche se paralysa aussitôt.
A son entrée, on constate une fracture esquilleuse immédiatement au-dessus des condyles. Il y a à la partie antérieure du bras une plaie qui résulte sans nul doute de la sortie du frag-
ment supérieur.
On nettoie la plaie et on fait un pansement de Lister.
Le membre reste trois jours dans une gouttière et le 30 décembre, on le met dans un appareil plâtré.
Le 19 janvier 1883. — On enlève le plâtre. La fracture est alors consolidée, mais l'extrémité inférieure de l’humérus est augmentée de volume dans son ensemble, avec prédominance du diamètre antéro-postérieur.
Les parties molles semblent manquer à la partie antérieure de l'extrémité inférieure du bras. On sent là, immédiatement sous la peau, une tuméfaction solide, dure, et faisant corps avec l'os. On croirait que l'os est sous la peau. La même disposition se voit au-dessus de ce point et à la partie antérieure de l’humérus.
Sur la peau, la cicatrice de la plaie offre à peine le volume d’une pièce de cinquante centimes. |
Les extenseurs de l’avant-bras et de la main sont paralysés ; la pronation est difficile, la supination impossible. La main n’a pas de mouvements de laléralité.
Le triceps est indemne. |
On trouve absolument intacte la sensibilité à la douleur, à la température et au toucher.
La paralysie et la conservation de la sensibilité font admettre par M. Polaillon plutôt une compression du nerf radial par un canal osseux qu’une lésion traumatique du nerf produite par le fragment au moment du traumatisme.
| Le cal est saillant entre le brachial antérieur et le long supinateur. L'électrisation musculaire et nerveuse reste sans résultat. Les muscles répondent peu aux courants ; mais si le courant est fort on voit des mouvements réflexes dans les muscles antérieurs dé l’avant-bras et de la main. Les muscies paralysés Le Chaix 4
semblent un peu atrophiés. Il y à quinze millimètres de différence d’un côté à l’autre au cinquième supérieur de l’avant-bras On l'électrise sans succès pendant une semaine.
6 février. — Chloroformisation, bande d'Esmarch, incision de 12 centimètres dans le sillon qui sépare le long supinateur du brachia! antérieur. Le nerf est rencontré à 1 centimètre de profondeur environ. Les parties molles qui répondent au quart inférieur du bras, sont remplacées par du tissu -ostéo-fibreux. Le nerf radial libre au-dessous du coude est compris au niveau du coude dans une sorte de gaine fibreuse. |
Plus haut il est englobé par une masse osléo-fibreuse,
IL est comprimé et aplali. |
Le nerf est dégagé, le cal réséqué en partie.
Trois sutures sont faites au-dessous du nerf en rasant l'os afin de soulever le nerf et de le placer dans Res parties molles,
Drain. — Pansement de Lister. |
A son réveil la malade a senti des fourmillements dans toutes les parties de la main et de l’avant-bras.
7 février. — On enlève les points de suture et on commence à électriser. Hyperesthésie dans la sphère du radial.
10 février. — Légers mouvements d'extension, mais il y a plutôt de petits mouvements de flexion par acte réflexe et retour du poignel à son état habituel.
12 février, — Le malade prétend qu’il a parfois des mouvements brusques et spontanés d’extension au niveau du poignet et que le poignet relombe bientôt dans la flexion ; ées mouvements seraient un peu douloureux.
19 février. — On enlève le dernier point de suture ; la plaie est presque entièrement réunie par première intention.
On commence l’éleclrisation deux fois par jour.
DENT PAT ET PR e
«, — 51 — 20 février. — L’hyperesthésie a disparu.
28 février. — L'électricité provoque des secousses, mais non d’une façon continue.
4 mars. es On aperçoit de très légers mouvements d’'extension. et on sent sous la main la contraction des extenseurs.
. La Supination et la pronation sont possibles sans le secours du biceps ; les supinateurs commencent à agir.
8 mars. — Les mouvements d'extension spontanés ou provoqués sont limités aux phalangettes.
6 avril. — l y a toujours de la douleur, sur le trajet du radial à partir du cal jusque dans l’aisselle. Elle est spontanée, mais la pression l’augmente considérablement. A l’avant-bras, quand on donne de petits coupssur les muscles on provoque de vives douleurs. £ |
14 avril. — Les mouvements sont bien imparfaits. On mesure le bras et on constate qu'il n’y a pas d’atrophie.
Le malade quitte l'hôpital J'ai été le voir à son domicile. Tous les mouvements des doigts ec du poignet, la pronation, la supination de l’avant-bras sont encore incomplets d'environ 1/4 relativement à ceux du côté opposé.Le malade se sent bien plus faible de ce membre que de l’autre ; il n’y avail pas de différence avant la fracture. k
Dès qu'il fait des efforls considérables, il sent des fourmillements et parfois même de la douleur.
Les mouvements du pouce sont les plus gênés.
L'avant-bras est très sensible au froid, mais moins que le pouce et l'index, surtout sur leur face dorsale. Cette différence de température se sent d’ailleurs à la main.
Sensibilité à la chaleur plus faible dans la Zone du radial.
Les deux côtés sont également sensibles à l’action des courants
sel)
continus. Parfois cependant, en des points du dos de la main qui
varient à chaque instant lorsqu'on y applique le pôle négatif, il survient une douleur excessivement aiguë.
Le malade est donc en pleine voie d'amélioration et malgré
son âge el la lenteur de la guérison on peut espérer qu'ellé ne
lardera pas à être complète.