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rapporter ces lignes que M. Ravaut a publiées dernièrement (1) : « Chez un syphilitique, toute réaction cytologique du liquide céphalo-rachidien, isolée ow accompagnée d'autres manifestations syphilitiques, est l'indice d’une atteinte nerveuse (à la condition que cette réaction soit uniquement imputable à la syphilis). La réaction rachidienne doit être considérée chez les syphilitiques comme un symptôme aussi caractéristique qu’une lésion cutanée ou viscérale et comporte les mêmes indications
thérapeutiques. »
Il nous reste donc deux signes certains et fixes à ajouter aux quasi-certitudes que nous avait fournies l'examen clinique. C’est d’une part la lymphocytose céphalo-rachidienne, et d'autre part le signe d’Argyll-Robertson. L'’exagéralion des réflexes rotulien, achilléen et plantaire, beaucoup plus marquée dans la période prodromique de la paralysie générale vient ensuite, mais avec une constance déjà moindre, puisque, suivant M. Babinski : « A l'état normal, il y a, comme on le sail, de grandes différences individuelles dans l'intensité des réflexes tendineux, qui,
«) Ravaut. Le liquide céphalo-rachidien des syphilitiques en période tertiaire. Annales de dermatologie et de syphiligraplie Bull. de déc. 1904.
OMS
faibles chez certains sujets, sont tellement forts chez d’autres, qu'ils peuvent sembler anormaux, exagérés. Il n’y à même pas de critérium absolument certain permettant de séparer à ce point de vue la physiologie de la pathologie. »
Quant à l'inégalité pupillaire, elle ne saurait entrer en ligne de compte; nous préférerions, au même point de vue, invoquer le myosis, bien que nos constatations ne portent que sur un trop petit nombre d'observations.
L'examen clinique, psychique surtout, pourrait-on dire, garde donc une très grande valeur pour différencier les deux affections, et plus celles-ci évolueront, plus leur durée sera longue, plus leur démarcation deviendra facile.
Tandis qu’on voitles neurasthéniques s'améliorer foncièrement à la suite de traitements appropriés : traitement spécifique dirigé contre les neurasthénies précoces, et destiné à annihiler l'effet perturbateur des toxines, traitement tonique des neurasthénies tardives, dont nous reparlerons. On voit alors disparaitre les signes psychiques et organiques, revenir les forces et la confiance ; au contraire, les : paralytiques généraux ne présentent que des rémissions trompeuses, semblent gagner d’un côté ce qu'ils perdent de l'autre etentrent dans la période d'état, soit brusquement, par un ictus dont la signification ne laisse plus de doute, soit d’une facon lente et progressive.
Mais, avant de passer à cette période d'état, et de l’opposer à des affections qui, toujours chez des sujets dûment Syphilitiques, peuvent la simuler, il nous faut parler d’un cas extrêmement délicat, à savoir lanewrasthénie prodrome de la paralysie générale, des accidents parasyphilitiques el nerveux en général.
Neurasthénie prodromique des accidents nerveux. — Le professeur Fournier a particulièrement étudié cette neurasthénie prodrome des grands accidents nerveux d'origine syphilitique.
Bien des signes dont nous avons parlé se retrouvent dans cette période indécise : céphalée, vertiges, pertes de mémoire, aboulie, bourdonnements d'oreilles, tremblement, hallucinations même, le tout dominé par une morosité habituelle, des préoccupations hypocondriaques, et parfois par l’idée de suicide.
On comprend, en présence de ces signes, comment peut flotter le diagnostic: « Ces symptômes d'épuisement nerveux ont de trompeuses analogies avec ceux qu'on observe dans les premières périodes de certaines affections organiques du système nerveux. La cérébrasthénie donne parfois l'image du début de la paralysie générale, de la syphilis cérébrale, de la tumeur encéphalique, etc. » (Bouveret) (1).
En ce qui concerne la paralysie générale, tous les signes distinctifs que nous avons signalés gardent, dans l’immense majorité des cas, une très grande valeur. Il faut, toutefois, faire abstraction des /ormes hypocondriaques au début et considérer alors beaucoup moins lenchevètrement des signes cliniques que les symptômes fournis par l'examen des pupilles, du fond de l'œil et du liquide céphalorachidien. Il faut surtout savoir attendre. surveiller son
malade, et si c’est un paralytique général, le diagnostic ne
(1) Bouveret. De la neurasthénie.
tardera pas à s'éclairer par une de ces bizarreries brusques, qui semblerait, en toute autre circonstance, ne présenter auçun intérêt, ef qui devient alors un fait capital. Le docteur Rolland (de Divonne) nous signalaif que chez l'un de ces malades douteux il avait cessé d’hésiter en apprenant que celui-ci venait de faire la commande globale de
de 10.000 cartes de visite! C’est dans des gas semblables
que l'examen quotidien et minutieux révèle aussi l'intégrité ou l'atteinte de l'intelligence, que celle-ci, trouvée par les neurasthéniques si lésée et si réduite, n’est içi, somme toute, que difficilement mise en œuvre, mais qu'au fond, le malade reste sensé et correct. Au contraire, ce même examen fait saisir des nuançes parfois très lines chez le paralylique général dont l'hypocondrie n’est nullement en
rapport avec l'absession d'une maladie et à travers la tris-
tesse duquel percent néanmoins des interprétations euphoriques indubilables et qui se généralisent peu à peu.
Il a dû être rapporté peu de cas de paralysie générale survenant chez des syphilitiques antérieurement neuras- (héniques, aussi publions-nous celui-ci, qui nous à paru fort instructif, et éclaire assez vivement le champ des
limites psychiques qu'il convient d'assigner aux deux affections.
OBSERVATION (personnelle.) M. X.... 34 ans.
Père très sain d'esprit. È
Mère très arthritique, légèrement maniaque et phobique,
s'instruit facilement. puis, à partir de 25 ans, ne fait plus rien,
Lou té NN