RER
s'ennuie et devient peu à peu neurasthénique : manie légère de la persécution, agoraphobie, aboulie, insomnie, céphalée en casque, troubles gastro-intestinaux.….
Contracte la syphilis à 26 ans. À
Se soigne pendant quatre ans avec des pilules (4 périodes de 6 semaines pendant la première année, 2 périodes de 5 semaines pendant les trois autres années), prend de l’iodure à certains moments. Syphilis extrêmement bénigne.
Entre temps, les manifestations neurasthéniques persistent, augmentées encore par la syphilis, d’abord au début, puis trois ans après, à l’occasion d’un mariage que le malade n'ose contracter.
Il se « voit seul, délaissé de tous, à jamais en dehors de la vie ». etc., et malgré nos exhortations, fait fi d’un traitement intensif que noys voulions lui proposer à ce moment.
Un peu plus de cinq ans après son chancre, des tendances nouvelles se montrent: notre malade est pris d’un beau zèle pour le travail, obtient un emploi et s’y surmène considérablement. D'une situation de fortune déjà enviable, il consacre ce qu'il gagne à certains achats, devient très recherché dans sa mise. Nous l’avions perdu de vue pendant quelques mois, lorsque sa mère nous confie qu’il vient de faire la commande de meubles très coûteux et d’une très forte automobile.
Quand nous revoyons le malade, nous sommes frappé du grand changement qui s’est opéré en lui. Avec une loquacité ininterrompue, il raconte la fin de ses misères : plus de maux de tête, plus d’insomnie, plus de « noir »... Sa syphilis est oubliée elle aussi, l'avenir s'annonce brillamment, puisque (« le courage et la santé lui sont revenus », etc.
On devine le reste : quelques mois après, l’internement fut nécessité par une bordée d’injures publiquement adressées à un homme politique d'un parti opposé à celui de notre sujet.