CONCLUSIONS
La syphilis est retrouvée dans les antécédents de l’immense majorité des paralytiques généraux: 80 à 90 fois sur 100. Il faut ajouter à ce bilan les syphilis ignorées, ou bliées, ou niées.
Les syphilitiques sont sujets à plusieurs affections capables de simuler la paralysie générale à toutes ses périodes.
La neurasthénie contemporaine de l’époque tertiaire, la neurasthénie para-syphilitique se rapprochent par bien des côtés de la méningo-encéphalite diffuse. IL n'existe guère pour les distinguer, que les différences tirées de l'exa-
men des pupilles et du liquide céphalo-rachidien surtout.
Il faut ajouter que l'action du traitement élant d'une importance capitale dans la prophylaxie de la paralysie générale, un syphilitique a beaucoup moins de chances d'être paralytique général s'il s'est rigoureusement trailé.
L'hystéro-neurasthénie et lhystérie elle-même peuvent se rapprocher de la période prodromique de la paralysie générale, mais prêtent un peu moins à confusion.
Le maximum de difficulté réside dans ce fait que la neurasthénie constatée peut n'être qu'un des prodromes de la paralysie générale.
Ce diagnostic précoce très difficile est cependant d'une
importance capitale pour le médecin légiste, et pour celui qui doit se prononcer au sujet d’un mariage projeté.
L'examen clinique attentif et suffisamment prolongé peut faire différencier la période des ictus de la paralysie générale, de l’épilepsie ou des manifestations apoplectiques de la syphilis cérébrale.
Plus on s’avance dans la période d'état de la paralysie générale, plus son allure devient caractéristique : il y a cependant, chez les syphilitiques, des formes graves de psychoses qui peuvent prêter à erreur, soit que, chez ces malades, surviennent des maladies telles que la mélancolie ou la »ranie dites essentielles ou autres psychoses systématiques progressives, soit que leur neurasthénie très accentuée en arrive à simuler ces affections.
Mais ce qu'il faut alors surtout distinguer de la maladie de Bayle, ce sont les pseudo-paralysies générales toxiques, alcooliques où saturnines, et surtout la paralysie générale syphilitique. |
Les syphilitiques peuvent éviter la paralysie générale à condition d'observer les règles d'une hygiène spéciale, et surtout à condition que la syphilis soit attaquée vigoureusement à son début par le mercure, et harcelée ensuite par un traitement spécifique de fond, intensif, intermittent et prolongé.
Ce traitement doit être conduit de façon que l'organisme n'en subisse aucun dommage. En effet, les excès de mercure sont dangereux à plus d'un point de vue: le seul qui nous ait intéressé ici est qu’ils peuvent occasionner un retenlissement sur les centres cérébraux et psychiques.
Quand la paralysie générale est constituée, le mercure devient inutile, à quelque dose qu’il soit administré: ül s’est même montré nuisible dans quelques cas. Il faut se contenter d’une thérapeutique symptomatique, tonique et calmante, mettre les malades hors d'état de nuire, et leur assurer une fin exempte de souffrance.
La plupart des psychoses des syphilitiques sont curables : améliorées considérablement par le traitement mercuriel ou mixte qui neutralise la toxine perturbatrice, elles sont ensuite complètement guéries sous l'influence de thérapeutiques spéciales différant peu de ce qui est communément employé dans les affections mentales d'un autre
ordre.
Vu : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, BRISSAUD.
Vu : LE DOYEN, DEBOVE.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-REGTEUR DE L’ACADÉMIE,
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