‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 29 sur 31 · D EE · texte numérisé non relu

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auxquels ils sont administrés sont parfois de grands intoxiqués et ont une nutrition ralentie le plus souvent.

Nous ferons cependant quelque réserve au sujet des hystéro-neurasthéniques dont les troubles, réveillés parfois par l’action toxique du médicament, peuvent l'être aussi par l’assujettissement d'un traitement, les préoccupations qu'il crée, et surtout les phénomènes douloureux qu'il engendre parfois. Chez de tels malades, auxquels il importe cependant d'imposer une foi entière, nous préconisons plutôt l’emploi de l'huile grise, sur les avantages de laquelle nous ne reviendrons plus.

Lorsque les phénomènes mentaux se sont amendés, si la mercurialisation paraît insuffisante d’après la qualité des traitements antérieurs, on la continue par l'huile grise, ainsi qu'il à été dit.

Bien entendu, il faut éviter que les malades tombent dans l'excès contraire et s’intoxiquent. Beaucoup de ces prédisposés, prévenus par une atteinte ainsi traitée, prennent du mercure à l'insu de leur médecin el s’acheminent ainsi vers les accidents et les psychoses mercuriels. S'ils sont pris à temps, on voit les phénomènes de tristesse, de mélancolie, d’impuissance intellectuelle s’atténuer par le seul fait de la suppression du mercure, par la persuasion qui fait renaitre leur confiance, enfin, par lous les agents toniques médicamenteux ou physiques généralement employés dans le traitement de la neurasthénie banale.

A toutes les psychoses syphilitiques, concomitamment au traitement mercuriel, ce, traitement doit être opposé. L'HYDROTHÉRAPIE FROIDE n'est plus à redouter ici comme

elle l’est dans la paralysie générale, même à son début. Elle supprime la dépression psychique, active le sommeil et l'appétit, enfin, GRACE A LA VIGUEUR QU'ELLE DONNE A LA CIRCULATION, ELLE ACTIVE L'ÉLIMINATION DU MERCURE. Au contraire, ceux dont la dépression physique s'accompagne d'un certain degré d’agitation, d'éréthisme nerveux, supportent assez mal l’eau froide : elle les excite au lieu de les tonifier. On se trouve bien alors de la balnéation ou miëèux de la douche tiède, en $e souvenant que les efforts doivent cependant toujours tendre à en arriver à l’eau froide.

L'électricité statique mérite, elle aussi, de trouver sa place

dans le traitement des phénomènes neurasthéniques. I faut employer le bain statique sans étincelles, avec frictions à la boule, d’une durée de dix à douze minutes, la machine étant à mi-course. Ce mode de traitement n'est efficace qu'à la longue, ïl faut ne faire de séances que tous les deux jours, afin d'éviter l'excitation.

Certains cas se trouvent très améliorés à la suite du massage général.

Dans les formes plus accentuées et surtout plus tardives, il faut mettre en œuvre le /raitement mixte, ou alterné (Fournier).

L'iodure peut être donné à de très fortes doses. M. Laurent, dans sa thèse, inspirée par M. E, Hirtz, a montré l'influence heureuse des hautes doses de ce médicament. Küss (de Strasbourg) le donnait jusqu’à la dose quotidienne de 40 grammes, Wolff allait mème jusqu’à 50 grammes, M. E. Hirtz n’a obtenu la guérison de certaines formes

de démence syphilitique qu’en poussant ces doses jusqu'à

20 el 30 grammes. MM. Balzer et Nisser sont également

RONETTE QT CE

partisans de fortes doses. Ensuite le mercure doit être repris à titre préventif, et pendant cette attaque vigoureuse, il faut également préconiser l'hygiène habituelle et l’hydrothérapie.

Plus la gravité s’accentue, plus les indications thérapeutiques tendent à devenir symptomatiques. QUE DE Fois ou IL ARRIVE QUE LE TRAITEMENT MERCURIEL N’A PLUS SA PLACE, et où il faut s'inspirer des circonstances ! C'est ainsi que les états maniaques ou mélancoliques bénéficient considérablement du repos complet au lit, comme le préconise Weir-Mitchel (Falret, Magnan, Toulouse, Bernstein, Sérieux) auquel il faut joindre de temps en temps la médication opiacée.

Quant à la psychothérapie, très utile au début, elle échoue en général aux périodes avancées. Le cerveau n'étant pas malade en tant qu'organe de la pensée, on ne peut guère obtenir de résultats en cherchant à modifier les idées directrices : on n'arrive à un effet satisfaisant qu'en rendant à l'organisme débilité la vitalité qui lui manque. Alors, l’action psychique s’unit aux bienfaits de la thérapeutique remontante, et le moral des malades vient

lui-même en aide au médecin.

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