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Brissaud dit n'avoir jamais vu une paralysie générale classique, « une de ces paralysies générales qui s'imposent d'emblée au diagnostic », échapper à l’étiologie syphilitique. Pour M. Gilbert Ballet : « En présence d'un tel faisceau d'arguments d'ordre statistique, anatomique. clinique et même expérimental (allusion aux expériences d'inoculation de syphilis sur huit paralytiques généraux relatées par Krafft-Ebing), il est difficile de ne pas reconnaître l'influence éliologique hautement prépondérante de la Syphilis dans le développement de la paralysie générale. »
A l'étranger, les appréciations du même genre sont aussi très nombreuses : pour Neumann, la syphilis est la cause prépondérante de la psychose en question ; pour Ripping, elle en est la cause principale, el pour Kowalewsky, /a raison principale et essentielle. Homère et Erb sont de cel avis: Bombarda (Lisbonne) déclare qu'il n’est pas une paralysie générale vraie qui ne dérive de la syphilis.
À ces preuves lirées de la statistique, il faut ajouter les cas de paralysies générales dites conjugales ou familiales [Goldsmith, Ziechen, Acker (1887), Hendel, Westphal, Siemerling (1888), Evrard (1889), Cullerre {1890 et 1904), Régis et Anglade (1892), Dewey (1894), Phelps (1896), Spillmann el Elienne (1896), Kéraval, Raviart, Ländborg, Monkemôller (1902), Brash, Scalozouboff et Foporkoff (1903, Garnier et Santenoise {1905)]. Dans ces cas, une inlection syphilitique commune aux deux époux ou aux membres d'une même famille, et dûment constatée, les conduit à la même déchéance.
I faut mentionner les faits dans lesquels la paralysie
DT à PO
générale semble suivre la syphilis communiquée par un mème sujet à plusieurs autres (Goldsmith, Raymond, Morel- Lavallée, Belière).
On doit encore signaler les paralysies générales des tous Jeunes gens, pour lesquelles on ne saurait invoquer l’alcoolisme, le surmenage, l'influence des passions, les préoccupations morales, alors qu’on retrouve chez eux les traces de la syphilis héréditaire ou de la syphilis acquise dans le jeune âge, plus souvent encore que l'hérédité névropathique.
A l'argument contraire tiré des différences qui existent entre la répartition géographique de la syphilis et de la paralysie générale, et de la non-existence de cette dernière dans les pays où la syphilis est très fréquente, le professeur Fournier répond que, dans ces contrées, on ne relève pas l'existence des causes prédisposantes qui font que les syphilitiques deviennent paralytiques généraux (1). En Extrème-Orient, en Afrique, le surmenagé, la vie intensive, les préoccupations morales, la vie intellectuelle sont des raretés. L'hérédité nerveuse ou mieux « l’aptitude à faire éclore des affections nerveuses », ne se rencontre pas plus souvent. Dans les pays civilisés, au contraire, la paralysie générale ne se retrouve guère que dans les milieux où la syphilis est fréquente : elle est déjà plus rare chez les femmes, elle devient une exception chez les habilants des campagnes, les religieux, les « quakers » ([Mac-Dowal, Bouchaud, Krafft-Ebing.
(1) Consulter à ce sujet: KE. Régis, Précis de Psychiatrie (Facteurs étiologiques de la paralysie générale.)
SoHo
Enfin, ce qui démontre mieux que tout, peut-être, les relations de cause à effet qui existent entre la syphilis et la paralysie générale, c'est que la paralysie est d'autant plus rare que la syphilis a été bien traitée (Fournier).
La communication (1) du professeur Fournier, portant sur 79 cas de paralysie générale à antécédents syphilitiques, montre que quatre seulement de ces paralytiques généraux avaient suivi un traitement spécifique sérieux ayant duré trois ou quatre ans. Plus le traitement “de ces 79 malades a été réduit, plus la complication méningoencéphalique est devenue fréquente :
15 cas sont relevés après un traitement de un an el demi à deux ans ;
16 cas sont relevés après un traitement d'un an;
Dans 43 cas, ce traitement a été plus écourté encore.
En cela, la méningo-encéphalite diffuse se rapproche nettement des accidents syphilitiques tertiaires, qui présentent la même fréquence ou la même rareté, suivant que la spécificité a été modifiée ou non par le traitement préventif.
D'autre part, l’on a nié, sur le même cerveau, la coexistence de lésions nettement syphilitiques et d’altérations caractéristiques de paralysie générale. Or, bien qu'il n'y ait, au point de vue anatomique, aucune ressemblance entre la méningo-encéphalite diffuse et les néoformations de la syphilis (Cornil) (2), cette coexistence a été observée par de très nombreux auteurs: Foville 1879), Mendel
(1) A. Fournier. Académie de médecine (séance du 21 février 1905). :
(2) Cornil. Acad. de méd. (séance du 28 mars 1905).
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(1881), Schultz (1883), Siemens (1887), Anglade, Charbonneau (1891), Koppen (1896), Régnier, Sérieux et Farnarier (1901), Aubery (1902), Gaucher et Babonneix, Lebedeff (1903), Tissot (1904), Carl Hudovernig et J. Gusmann (1905) (1).
Il y a, certes, encore beaucoup de points obscurs: c’est d'abord la fréquence d'autant plus grande de la paralysie générale que la syphilis S'est montrée plus bénigne : son absence presque constante après les syphilis malignes précoces: c'est ensuite l'absence totale de données précises sur le processus pathologique : c’est enfin léchec complet du traitement spécifique, si intensif soit-il, en présence de paralysie générale confirmée.
Quoi qu'il en soit, les observations cliniques sont là pour prouver que l'immense majorité des paralyliques généraux à eu la syphilis, et l'absence d'explication pour un fait n'implique pas sa non-existence.
Quand les syphilitiques contractent la paralysie générale, celle-ci débute plus fréquemment de la sixième à la douzième année qui suit le chancre, avec un fort maximum pour la dixième. Une toute récente slalistique du professeur Fournier (2), basée uniquement sur des cas observés en ville, nous montre que pendant ces six années (de la 6° à la 12°), 65,4 p. 100 des paralysies générales font leur apparition ; 28,5 p. 100 apparaissent de la treizième à la vingtième année ; 2,6 p. 100 au-delà de cette vingtième année. [l n’en relève aucun cas dans les deux
(1) Cités par F. Raymond in A. Fournier et F. Raymond : Pa-
ralysie génègale et syphilis (Masson, 1905).
(2) A. Fournier. Acad. de méd. (séance du 21 février 1905).
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premières années de la syphilis, et seulement 3,5 p. 100.
de la troisième à la sixième année.
Ces dates d'apparition, qui peuvent être considérées comme typiques, ne sont pas sans importance pour notre sujet. On doit, en pathologie, faire quelque cas des chiffres, et, à ce sujet, telle affection dont nous aurons à nous occu-
per, que nous devrons reconnaitre, aura d'autant moins
de chance d’être de la paralysie, que sa date d'apparition, par rapport au début de la syphilis, s’écartera davantage des années où l'infection spécifique détermine plus fréquemment la paralysie générale. Nous ne perdrons pas de vue cette notion, et nous y recourrons dans certains cas.