‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 8 sur 31 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Affections qui, chez les syphilitiques, peuvent simuler la période prodromique de la paralysie générale.

Or, parmi les affections qui, chez les syphilitiques: peuvent être rapprochées de la période prodromique dé la paralysie générale, les unes sont des conséquences plus où moins proches de la syphilis, les autres surviennent aussi bien chez les syphilitiqués que chez ceux qui en sont indemnes : la syphilis n’y est donc pour rien.

Les premières s'expliquent d’abord par ce fait que la syphilis, comme toutes lés maladies chroniques, est sus= ceptible, à toutes ses périodes, d'altérer plus où moins profondément /6 moral des malades, ét cela sans qu'aucune lésion orgatique vienne frapper les centres nerveux el arrive ainsi à compromettre l'intelligence.

Elles s'expliquent davantage encore dans les câs où l'atteinte du système nerveux par le virus syphilitique est encore latente. | Voilà donc deux séries de manifestations bien tranchées : 1° des troubles mentaux dus à l’intoxication générale spécifique ; 2° d’autres troubles précédant une localisation de la syphilis sur le système nerveux.

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Les premiers s'observent au début de l'infection : « Liés pour la plupart à la mise en jeu, par l’ébranlement infeclieux de l'organisme, des prédispositions psycho-névropathiques, héréditaires ou acquises, du sujet récemment syphilisé, ils ne sont que l'effet indirect el non le produit direct d’une infection récente qui représente, en l'espèce, la cause occasionnelle et non l’agent déterminant du développement des accidents .» Nous ne songerions pas à les mettre en parallèle avec les prodromes de la paralysie générale (puisque, dans les cas les plus précoces de cette affection, le chancre remonte au moins à deux ans et demi ou trois ans), mais, tout d'abord, leur début peut être un peu plus tardif: de plus, liés aussi à l’action du traitement spécifique, ils peuvent, si celui-ci est négligé, insuffisant ou inefficace, apparaitre à un moment qui se rapproche de l'échéance la plus précoce de la paralysie générale, et où la virulence de la syphilis est encore très grande. Ensuite, ils sont sujets aux rechutes et aux récidives ; ils demandent parfois, pour faire leur apparition, des causes adjuvantes ou occasionnelles qui ne surviennent que plusieurs années après le chancre, de sorte que la syphilis à pu évoluer longtemps avant leur éclosion. Enfin, ne savons-nous pas que, sous le nom de neurasthénie tardive des anciens syphilitiques, de neurasthénie parasyphilitique (A. Fournier), il a été décrit un syndrome de neurasthénie très accentuée, qui peut survenir six à dix ans après le chancre ?

) E. Dupré. Art. Psychopathies organiques. In Zaitè des maladies mentales de G. Ballet. |

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En somme, à côté de l’ensemble des lésions que divulgue l'examen clinique, dont l'extension est plus ou moins commandée par la thérapeutique, et qui est étudiée sous le nom de syphilis cérébrale, il existe toute une série de faits qui n'intéressent encore que la clinique, ne peuvent se grouper que parmi les manifestations d'ordre psychique el qui, faute de preuves histogéniques certaines, ont été mis sur le compte de l’extrème sensibilité du système nerveux central en présence de la toxine syphilitique.

Ces troubles ont fait l'objet de nombreuses études : M. L. Marchand (de Blois) (1) n’a pas relevé moins de 22 noms d'auteurs dont les travaux s’échelonnent depuis 1532, avec Nicolas Massa (2), jusqu'à nos jours.

Nous pouvons, en effet, noter à l'étranger les travaux de Read (3), Duncan (4), Esmarch et Jesset (5) ; Grainger- Stewart, Skae, Clouston, Mickle, Kiernan, Savage (congrès international de Washington, 1887), de Einstow (6), Batty Tuke (7 Hayes Newington (8), Erlenmayer (9), Ripping* de Duren (10), Kiernan (11) ; en France ceux de

‘) L. Marchand . Revue de psychiatrie, mars 1905.

(2) Nicolas Massa. De morbo qallico.

(3) Read. The Dublin quaterly journal, 1852.

(4) Duncan. Causes of syphilitic insanity and epilepsy, 1d journal, 1863.

(5) Esmarch et Jessen. Syphilis und greistestorungen. Allq. Zeit, Bd. XIV, 1857.

(6) Linstow. Arch. fur. Psych. 1873.

(7) Batty Tuke. The journal of Mental Science, vol. XIX:

(8) Hayes Newington, id. journal.

(9) Erlenmayer. Dre luetischen Psychosen, 1877.

(10) Ripping de Duren. Ally. Zeits. ch. f. Psych. 1880.

(11) Kierman. Journ. of. ner. and mental. diseases. 1880.

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