I. — Durée. — Mode de terminaison
La durée de la paralysie hystérique ne saurait être aucunement précisée. Elle se prolonge quelques instants, quelques heures, des jours, et jusque pendant des années. Les récidives sont fréquentes.
La terminaison se fait de diverses manières :
1° Par la transformation en contracture. — La paralysie est souvent un terrain favorable pour le développement de la contracture, ainsi que nous le démontrerons plus loin. Et de même que cela se rencontre dans les cas d'hémiplégie organique, il n'est pas rare de voir la contracture envahir les membres atteints de paralysie hystérique. Mais le mode d'invasion de la contrac-
ture se présente sous deux formes différentes. Le plus souvent, il est brusque, contrairement à ce qui se passe pour les hémiplégies organiques. Tout d'un coup, à la suite d'un traumatisme, d'une impression morale, ou même sans cause appréciable, le membre paralysé devient contracture. Mais la contracture peut aussi s'établir par degrés et n'envahir que progressivement les membres paralysés. Ce second mode de début de la contracture est le plus rare, mais il offre les plus grandes analogies avec les cas de paralysies organiques avec contractures tardives.
2° Par la guérison. — Cette terminaison de la paralysie hystérique, qu'elle se transforme en contracture ou non, est en quelque sorte la terminaison naturelle. Mais la guérison survient sans préjudice de la durée, qui peut être fort longue. On voit au bout d'une dizaine d'années, et plus, les paralysies hystériques guérir aussi bien qu'après quelques instants de durée.
Le retour des mouvements volontaires est brusque ou graduel. La guérison brusque de la paralysie, sous l'influence d'une émotion morale, a pu dans bien des circonstances en imposer aux gens crédules et faire crier au miracle, car l'émotion morale curative a souvent sa source dans des idées religieuses.
Une malade observée par M. Rousseau ' était hémiplégique depuis plus d'un an, lorsque, fatiguée d'un traitement inutile, elle demanda à assister à une messe que l'on devait dire à son intention dans une chapelle célèbre par de nombreuses guérisons. Portée à la chapelle où elle était convaincue qu'elle retrouverait la santé, la malade y entendit la messe, y communia toujours aussi complètement paralysée, puis, au dernier évangile, au moment de la génuflexion de l'officiant, repoussant deux de ses parents qui la soutenaient, elle se rendit à la sacristie d'un pas ferme et délibéré au milieu de la stupéfaction générale. Dix ans après, la guérison ne s'était pas démentie.
Des exemples de ce genre seraient faciles à multiplier, et j'aurai occasion d'en signaler plusieurs autres au sujet de la contracture hystérique.
Toute impression ou émotion morale vive, quelle qu'en soit la nature, peut conduire au même résultat. Une vive frayeur, l'ins-
1 Journal de méd. et de chirurg. pratiques, 1872, p. 400.
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tinct de la conservation sont parfois en cause. Tel est le cas de cette femme du service de M. Lasègue qui, après un long traitement inefficace, se leva et courut dans la salle au moment de l'explosion d'un obus, à quelques mètres de son lit, pendant le bombardement de Paris par les Prussiens.
Quelquefois l'impression causée par la seule vue du médecin a pu produire des effets qui paraissaient tenir du prodige. Nous devons à M. le professeur Gharcot la relation d'un fait bien curieux à cet égard. Il s'agissait d'une jeune fille devenue subitement paraplégique sans cause connue. M. Charcotest appelé près d'elle quatre à cinq jours après, et en sa présence la jeune paraplégique, soutenue par deux religieuses, essayait en vain de faire un pas, lorsque tout d'un coup elle fit le signe de la croix, repoussa les deux religieuses qui la soutenaient, et se mit à courir vers la supérieure, en lui criant : « Je suis guérie ! » Elle serra celle-ci dans ses bras, rit, pleura pendant quelques heures et se calma enfin. Elle était bien guérie. L'enfant, depuis quelques jours, s'attendait à la visite de M. Charcot et elle avait déclaré que, si ce dernier venait la visiter, elle serait probablement guérie.
La guérison progressive de la paralysie hystérique s'opère dans un espace de temps plus ou moins long. Ainsi la jeune fille de douze ans qui fait l'objet d'une observation que nous a communiquée M. Charcot et qui était paraplégique a été guérie en deux jours. Un matin, sans cause appréciable, elle se sent plus de forces dans les jambes, et, quoique ne pouvant encore marcher, elle est moins pesante sur les bras qui la soutiennent. Le lendemain, elle pouvait marcher en s'appuyant seulement au bras de sa mère, et le soir de ce même jour elle quittait cet appui pour marcher tout à fait seule.
La paraplégie d'une autre malade (Obs. Charcot) mit beaucoup plus de temps à guérir, et les progrès dans l'amélioration des forces furent graduels et s'opérèrent d'une façon presque insensible. Cinq mois après l'époque où elle avait commencé à se servir de ses jambes, elle marchait encore en frottant des pieds, et ce n'est que quelques mois plus tard que la guérison était définitive. Cette cure doit être attribuée à l'usage de l'hydrothérapie.
C'est à la faradisation des membres paralysés qu'il convient de rapporter la guérison de la malade de l'observation I. Le retour
des forces s'opérait progressivement avec un mieux très manifeste à la suite des séances d'électrisation. Chez cette malade, une seule séance suffisait pour avoir raison de la paralysie partielle des muscles du cou.
3° La terminaison fatale ne saurait être la conséquence de la paralysie hystérique, quelles que soient sa durée et son étendue. Les quelques observations rapportées à ce propos par les auteurs ne sont pas absolument probantes. Il faut faire la part des complications et des erreurs de diagnostic. Jusqu'à plus ample informé, nous ne croyons pas que la mort puisse être une terminaison immédiate de la paralysie hystérique. Nous devons faire à ce sujet quelques réserves à propos des paralysies viscérales dont la gravité résulte non pas de la nature du trouble moteur, mais de son siège et qui varie avec l'importance du viscère dont le fonctionnement régulier est troublé.
III. — Paralysie par suppression des mouvements coordonnés. — Astasie. — Abasie.
Cette forme de la paralysie hystérique diffère de la précédente en ce que les mouvements volontaires ne sont pas abolis. Ils peuvent être affaiblis, d'autres fois ils conservent toute leur énergie. Le malade, lorsqu'il est au lit, peut faire mouvoir les membres dans tous les sens et même avec force, mais il est incapable de marcher une fois debout. Il a perdu la faculté de coordonner les mouvements des jambes de façon à exécuter les différents temps de la marche. La mémoire organique de la marche est perdue. Il peut même arriver que la simple station debout soit également impossible.
Les premiers faits de ce genre signalés dans la science ont servi de base à une étude publiée par M. Charcot et par moi, en 1883, dans le premier numéro du journal la Medicina contemporanea. Depuis des faits semblables ont été signalés par Erlenmayer, Roméi, Blocq, Pitres, Grasset, etc. — M. Blocq dans une étude d'ensemble 1 a, le premier, employé, pour les désigner, les donominations très claires d'astasie et d'abasie.
1 Archives de Neurologie, \ï" 43 à 44, 188S.
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Le début en est d'ordinaire brusque. Après s'être couché bien valide, le malade, au réveil, est tout surpris de ne pouvoir marcher et même se tenir debout. Il est confixé au lit. Une vive émotion en est souvent la cause. Dans un des premiers cas observés, le petit malade avait été pris de la paralysie à la suite de l'impression que lui avait produite en une circonstance solennelle le récit d'un morceau de poésie.
Cette sorte de paralysie se rencontre souvent dans l'enfance, chez les jeunes garçons comme chez les jeunes filles, et peut être considérée comme une des formes de l'hystérie infantile.
On en a cependant cité des exemples chez des sujets de vingt à vingt-cinq ans et même de quarante et un (Obs. Charcot) et de cinquante-deux ans (Obs. Blocq).
Dans tous les cas observés, le siège de cette variété de paralysie est aux membres inférieurs, mais rien ne s'oppose à ce qu'elle atteigne également les membres supérieurs et les prive d'une fonction spéciale, comme d'écrire, de jouer d'un instrument, etc.. Certains cas d'aphasie hystérique peuvent également être rangés dans la même catégorie.
Cette forme de paralysie, lorsqu'elle atteint les membres inférieurs, a dû souvent être méconnue et confondue avec la paralysie vulgaire. Il faut se livrer à un examen attentif pour constater la persistance des mouvements volontaires et la conservation de la force musculaire. En effet, le jeune malade qui ne peut plus marcher est confixé au lit, et, la marche étant rendue impossible, l'impuissance motrice parait complète : le malade lui-même ne songe point à essayer des forces désormais inutiles. L'examen du médecin même est parfois rendu difficile par l'existence de mouvements involontaires dans les membres inférieurs. Ainsi, le membre étendu, au moment où l'observateur essaie de le fléchir en priant le malade de résister, se fléchit involontairement tout d'un coup. Ces mouvements involontaires qui se produisent à l'occasion des mouvements volontaires, constituent une véritable ataxie motrice qui peut acquérir une plus grande importance.
Mais il y a lieu de distinguer, au point de vue clinique, plusieurs formes. Le plus souvent l'astasie et l'abasie coexistent. Mais l'abasie peut exister seule sans astasie. Je ne crois pas qu'il existe de faits inverses, l'astasie sans abasie, c'est-à-dire le
malade exécutant normalement les mouvements de la marche, pendant qu'il lui serait impossible de se tenir debout. M. Charcot a décrit les variétés suivantes :
1° Astasie ou abasie paralytique, ou par ê tique. — Le malade, qui, couché, exécute avec les membres inférieurs tous les mouvements de l'état normal, se trouve, lorsqu'il veut quitter le lit, dans l'impossibilité absolue de se tenir debout, ne fût-ce qu'un
instant, et s'affaisse aussitôt sur luimôme ; si, soutenu par des aides, il peut encore se maintenir debout, il lui sera impossible, lorsqu'il s'agira de marcher, de faire mouvoir les membres qui resteront inertes, les pieds balayant le sol.
Il arrive ainsi que dans ces tentatives la marche est empêchée par des mouvements contradictoires pendant lesquels les membres s'embarrassent et s'entrecroisent comme cela se voit chez certains ataxiques (fig. 2).
2° Astasie ou abasie ataxique (avec incoordination des mouvements). — Cette variété se subdivise. Elle est choréi 'forme, lorsque la station debout et la marche sont interrompues et empêchées par de grands mouvements de flexion des jambes et de tout le corps d'apparence choréique. Elle est trépidante, lorsque les mêmes actes physiologiques sont empêchés par des mouvements d'exécution contradictoire qui raidissent les membres inférieurs et consistent en une sorte de piétinement ou de trépidation.
On comprend que ces variétés pourraient aisément être multipliées, suivant la nature des mouvements qui entravent la station et la marche. Ainsi Pitres 1 parle d'une forme sautillante.
J'ai eu l'occasion d'observer une jeune malade qui pouvait parfaitement se tenir debout, mais dont la progression était empêchée par une raideur généralisée du membre inférieur
Fig. 2. — Astasie. — Abasie (d'après un croquis de M. Charcot).
1 Leçons cliniques sur l'hystérie el l'hypnotisme, par A. Pitees. Paris, 1891.
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gauche aussitôt qu'elle voulait marcher. A peiue assise ou couchée, le membre reprenait sa souplesse et son agili'„é. Elle exécutait tous les mouvements avec la plus grande facilité. J'ajouterai: que, bien que ne pouvant pas détacher le pied gauche du sol pour la marche, elle pouvait parfaitement fléchir la jambe lorsqu'il s'agissait de monter son escalier, acte qu'elle accomplissait avec la plus grande aisance. Cette forme d'abasie pourrait s'appelerabasie par rigidité.
Cette variété de paralysie hystérique ne s'accompagne d'aucune modification dans l'apparence extérieure des membres. Les ; muscles conservent leur volume. Les réflexes tendineux ne sont point exaltés. Aucun caractère spasmodique : pas de tendance à la contracture. Enfin, la sensibilité est souvent intacte : quelquefois un peu d'anesthésie. La durée en est fort variable comme celle de la paralysie hystérique en général. La terminaison est. brusque ou graduelle.
La guérison survient tout d'un coup sous l'influence d'une impression morale ou sans cause appréciable.
Lorsque le retour est graduel, la guérison définitive est quelquefois précédée d'une phase pendant laquelle la progression se fait d'une manière irrégulière. Ainsi, chez un jeune malade, l'amélioration à la suite du traitement hydrothérapique se fit de la façon suivante : il quitta le lit, put se lever, et pendant une quinzaine de jours il progressait en sautant d'un pied sur l'autre : la marche régulière était à ce moment impossible et ne revint qu'ensuite.
Enfin, ce genre de paralysie qui, d'ordinaire, se termine par la guérison, peut conduire à la paralysie plus complète que nous avons déjà étudiée : les caractères changent peu à peu ; les mouvements perdent de leur force, les réilexes tendineux augmentent d'intensité, et les caractères spasmodiques apparaissent- Alors la forme vulgaire de la paralysie hystérique est constituée. La contracture peut y succéder. C'est ainsi qu'un jeune sujet atteint de paralysie pour la coordination des mouvements volontaires peut voir dans la suite l'hystérie s'affirmer par d'autressymptômes, et la paralysie changer de caractère. M. Charcot a eu l'occasion d'observer plusieurs cas de ce genre. Il m'a citéentre autres l'histoire d'une jeune malade qui commença par être-
prise de phénomènes très marqués d'incoordination motrice des membres inférieurs, au point qu'elle ne pouvait marcher ni se tenir debout. Plus tard, l'incoordination cessa, mais fit place à une paralysie véritable s'accompagnant d'exaltation des réflexes tendineux.
ARTICLE II
DIATHESE DE CONTRACTURE
Je consacre un chapitre spécial à la description d'un désordre neuro-musculaire qui n'est ni la paralysie ni la contracture, et qui cependant tient de l'une et de l'autre. Il ne se traduit, dans l'état ordinaire, par aucun signe objectif ; le malade qui en est atteint conserve toute la liberté de ses mouvements, et les manifestations qui lui sont propres demandent à être provoquées soit intentionnellement par le médecin lui-même, à l'aide de manœuvres spéciales, soit accidentellement par un événement fortuit. Nous le désignerons, à la suite de M. le professeur Charcot, sous le nom de Diathèse de contracture '. Cet état spécial du système neuro-musculaire tient de la paralysie en ce qu'il coïncide le plus souvent avec un affaiblissement marqué de la moti-
1 M. Oharcul, dans ses conférences cliniques (1878), a le premier emuloyé la dénomination de diathèse de contracture pour désigner l'état nerveux dont il s'agit et dont à plusieurs reprises il n fait ressortir toute l'imnortance.
Les principaux travaux publiés sur la question sont les suivants:
Bbissaud et Ch. Richet. Faits pour servir à l'histoire de la contracture, in-. Proq. méd., 1880.
Ballet et Delanef. De l'étal d'opportunité de contracture, in: Gaz. méd. de Paris, 29 juillet 1882.
Brunet Etude clinique et physiologique de l'étal d'opportunité de contracture. Tli , Pari?, 188 t.
Crabcot et Riciiek. Dialhcse de contracture chez les hysléri /nés. Société de Biologie et Prog. nied. déc 18s3.
Pierre Descombe*. Étales sur les contr ici ares provoquées chez les hystériques à l'état de veille. Th., Bordeaux, 1885.
P. Beruez. Sur la diathèse du cmlr lelurz. Pr <q méd , 1886, p. 835.
Pitres. Leçons cliniques sur l'hystérie., 1891, t. I", p. 377.
SYMPTOMA.TOLOGIE 53
lité ; il tient de la contracture en ce qu'il la renferme en puissance pour ainsi dire et qu'il suffit de l'excitation, souvent la plus légère, pour la faire apparaître. J'ajouterai qu'elle disparait de même.
La diathèse de contracture existe en dehors de l'hystérie. Elle a été désignée, par quelques auteurs, sous le nom d'état d'opportunité de contracture. C'est elle que M. Brissaud a décrite chez les hémiplégiques d'origine organique sous le nom de contracture latente.
Ce qui suit s'applique particulièrement à la diathèse de contracture de nature hystérique.
Les principaux caractères sont les suivants :
1° Exaltation des réflexes tendineux. — C'est là un signe constant. Je n'ai jamais vu la diathèse de contracture coïncider avec la perte des réflexes tendineux. Mais le degré de l'exaltation peut être très variable. D'un autre côté, l'exaltation des réflexes tendineux ne comporte pas nécessairement l'état de diathèse de contracture.
2° Trépidation épileptoïde (phénomène du pied). — Ce phénomène existe, mais il est rare dans la diathèse de contracture hystérique. Il acquiert une importance beaucoup plus considérable dans l'état de contracture latente des hémiplégiques organiques. Dans l'hystérie, il est souvent remplacé par cet autre phénomène décrit par Westphall, sous le nom de contraction paradoxale.
3° Action de l'électricité. — Les muscles ont conservé leur excitabilité électrique, mais on observe dans leur façon de répondre à l'excitant électrique des modifications intéressantes. Nous avons fait à ce sujet de nombreuses expériences dont je me contenterai d'indiquer ici les résultats.
A. — Propagation de l'excitation électrique (interruptions rapides). Addition des secousses produites par des interruptions lentes.
a) Lorsque les interruptions sont rapides, les muscles électrisés se tétanisent, comme il arrive chez les sujets sains, mais chez l'hystérique on observe parfois que la contraction musculaire ne reste pas localisée aux muscles directement excités. Ainsi, si
l'excitation faradique est portée sur les fléchisseurs des doigts, .la main se ferme presque aussitôt. Mais l'action ne se borne pas là; bientôt, sans aucune modification apportée dans l'excitation, ■on voit le poignet, puis l'avant-bras se fléchir. D'ailleurs, il ne .s'agit pas là de contracture permanente, car toute action musculaire disparait aussitôt que cesse l'excitation.
b) Si les interruptions sont lentes (trois par secondes), elles donnent lieu à des secousses musculaires qui, d'abord nettement distinctes, empiètent bientôt l'une sur l'autre et ne tardent pas à se •confondre dans un même état de contraction tonique analogue à la tétanisation produite d'emblée par la faradisation à interrup- .tions rapides.
Déformation de la secousse musculaire .
a) Les expériences d'inscription graphique de la secousse musculaire montrent que, chez les sujets prédisposés à la contracture, on observe souvent une déformation de la descente de la courbe
musculaire caractérisée dans son ensemble par un allongement ■ de cette descente. Dans une première partie, la descente est brusque comme dans la contraction normale, puis s'arrête tout d'un coup pour faire place à un plateau plus ou moins accidenté, plus ou moins long et terminé bientôt par un retour à la normale. Après cette secousse, le muscle est ce qu'il était auparavant. Il ne reste pas raccourci (fig. 3).
b) Quelquefois une seule secousse faradique suffit pour produire la contracture permanente. Dans ce cas, la descente de la
SYMPTOMATOLOGIE oo
courbe reste incomplète, et le muscle demeure raccourci. Il est en état de contracture (fig. 4).
c) Mais le plus souvent, il est indispensable de répéter un certain nombre de fois les chocs faradiques pour voir la contracture permanente se développer progressivement. La contracture ne commence à se produire qu'après quelques excitations, puis
Fig. 4.
chaque nouvelle excitation en augmente le degré ainsi que le représente le schéma (fig. 5). Dans cette circonstance, la contracture ne se limite pas au muscle directement excité; elle envahit tout ce membre par l'extrémité duquel elle débute d'ordinaire. 4° Contractures provoquées. — La contracture peut ôtre provoquée par les procédés les plus variés, parmi lesquels je citerai :
a) Le massage musculaire profond, auquel il faut ajouter la constriction opérée sur le membre par un lien élastique, procédé qui est d'une grande efficacité ;
b) Le choc répété sur les tendons ;
c) Le tiraillement des membres ; leur flexion brusque ' ;
d) Le froissement des nerfs ;
é) L'application d'un diapason vibrant ;
f) La faradisation des muscles ou des nerfs ;
g) L'aimantation ;
h) L'excitation superficielle de la peau consistant en un simple frôlement, ou produite par un souffle on un courant d'air léger;
i) La suggestion à l'état de veille.
Tous ces procédés, dont on pourrait augmenter la liste, n'ont pas la même valeur. Ils agissent parfois à l'exclusion les uns des autres.
1 M. Descubes décrit ces procédés sous la dénomination d'excitations ostéo-flbreuses, en y ajoutant la pression et la percussion directe des os. (Etudes sur les contractures provoquées chez tes hystériques à l'état de veille.Th. doct., Bordeaux, 1885).
Il est même fort rare de les trouver tous également efficaces chez un même sujet. Du moins, c'est un fait que nous n'avons pas encore observé jusqu'ici.
En analysant le mode d'action de ces différents procédés, on constate que, en laissant de côté ceux dont Faction est complexe, tels que la faradisation, l'aimantation, la vibration du diapason, les autres peuvent être classés en deux catégories suivant que l'excitation porte sur les parties profondes, muscles, tendons, os, nerfs, ou bien qu'elle est exclusivement cutanée. Il nous a semblé légitime de rapprocher ces phénomènes neuro-musculaires de ce qui se passe, au même point de vue, dans les diverses périodes de l'hypnose, la contracture survenant à la suite des seules excitations profondes dans la léthargie, et à la suite des seules excitations superficielles dans le somnambulisme, d'où les dénominations que nous avons proposées, M. Charcot et moi, pour distinguer les deux variétés de la diathèse de contracture.
La variété de diathèse de contracture, dans laquelle les procédés de la première catégorie seraient seuls efficaces, pourrait s'appeler variété léthargique, pendant que l'autre prendrait le nom de variété soninambulique.
La variété la plus fréquente est la variété léthargique. Le mélange des deux n'est pas rare.
SYMPTOXIATOLOGIE 57
La contracture une foisproduite revêt tous les caractères de la contracture hystérique spontanée, elle ne diffère point avec la nature des manœuvres qui lui ont donné naissance. Quel que soit le procédé, massage musculaire profond ou excitation cutanée superficielle, le résultat est le même. Il ne diffère qu'avec le degré de développement de la diathèse de contracture elle-même. C'est ainsi que, dans les cas légers ou rudimentaires, la contracture est peu intense, elle cesse bientôt d'elle-même. D'autres fois, on ne parvient qu'à provoquer un état de raideur permettant un certain déplacement des parties comme dans l'état cataleptoïde ou fausse catalepsie. Mais, lorsque la diathèse de contracture existe bien accentuée, les contractures provoquées sont fort tenaces, très intenses et ne permettent aucun déplacement des différents segments du membre intéressé. Le mode de réaction des muscles à l'excitant diffère suivant les cas. C'est ainsi que parfois la contracture ne se localise pas à la région directement excitée, elle envahit le voisinage et gagne tout un membre par exemple, alors que l'excitation n'a porté que sur un point.
Par contre, on observe d'autres fois une localisation remarquable de la contracture aux muscles directement excités, comme cela se voit dans la léthargie hypnotique.
Nous avons vu, dans certains cas, l'excitation mécanique portée sur un groupe musculaire retentir avec plus d'intensité sur le groupe antagoniste. En excitant les fléchisseurs par exemple, on voyait la main se contracturer en extension. Nous avons rapporté, M. Charcot et moi, des faits semblables à propos du phénomène désigné par Westphal sous le nom de contraction paradoxale '.
Enfin sur des sujets récemment délivrés d'une contracture spontanée et étant encore en état de diathèse de contracture, nous avons observé d'une façon constante que les excitations portées sur le membre guéri, quels que soit leur siège et leur nature, avaient pour effet d'immobiliser les parties dans l'attitude exacte de l'ancienne contracture. On ne saurait trouver une plus élégante démonstration de la nature réflexe de tous ces phénomènes.
Cette contracture, de même que celle provoquée pendant l'état
1 Sur un phénomène musculaire observé che; les hystériques, et analogue à la contraction paradoxale, Brain. 1886, t. VIII, p. 289, — et Œuvres compté tes de M. Charcot, t. XI, p. 453.
hypnotique, est susceptible parfois, mais non toujours, d'être transférée par l'action de l'aimant. Nous avons observé plusieurs fois qu'une contracture ainsi provoquée dans un membre, à la main par exemple, pouvait cesser sous l'influence d'une nouvelle contracture produite du côté opposé à l'autre main, à la condition toutefois qu'elle intéressât exactement le même domaine musculaire.
La contracture produite par un procédé peut céder sous l'influence d'autres procédés. C'est ainsi que, quelle que soit la manœuvre qui l'ait provoquée, la friction et le massage en ont souvent raison. Mais il n'est pas rare de voir une contracture ne pouvoir être résolue que par un procédé de même ordre que celui qui l'a produite. Par exemple, une contracture par massage musculaire ne sera réduite que par le massage des muscles antagonistes ; une contracture par souffle sur la peau ne sera réduite que par le souffle appliqué de nouveau sur la face opposée du membre ; la contracture par suggestion ne cédera que sous l'influence d'une suggestion contraire.
L'état hypnotique qui nous offre au plus haut degré cette prédisposition à la contracture dans deux de ses phases, la phase léthargique et la phase somnambuliquc, nous a présenté, dans certains cas types, plusieurs exemples de cette sorte de spécificité du procédé employé pour détruire la contracture provoquée. J'en rapporterai ici un exemple bien frappant.
10 avril 1883 '. — Bar... n'est plus aneslhésique, elle est hypnotisée par les procédés ordinaires. Pendant la période cataleptique, son attention est attirée sur sa main droite pendant qu'on lui suggère, en l'affirmant à haute voix, que ses doigts se ferment et que sa main se contracture. En même temps que cette affirmation impressionnelesujet, on voit les doigts de la main indiquée se fléchir peu à peu en quelques instants, le poing est complètement et énergiquement fermé.
Le souffle sur le visage réveille instantanément la malade. La main droite garde l'attitude qu'on vient de lui faire prendre par voie de suggestion pendant l'état cataleptique, et l'on peut constater qu'il s'agit là
1 II n'est pas inutile d'ajouter que ces expériences rapporlées ici sont les premières de ce genre qui onl été faites sur cette malade. Elles comportent une précision bien difficile à expliquer pour ceux qui veulent mettre tous les phénomènes hypnotiques sur le compte de la suggestion.
SYMPTOMATOLOGIE 59
d'une véritable contracture qui immobilise tous les doigts dans la flexion forcée et les y maintient avec une énergie que rien ne peut vaincre. La sensibilité n'est aucunement modifiée ; elle existe au même degré qu'avant l'expérience, et la malade se plaint de souffrir de la pression des doigls et des ongles dansla paume de la main. Elle vinssent un e sensation de chaleur anormale. Toutes les tentatives qui ont pour but de modifier l'attitude de la main sont très douloureuses. Le poignet, le coude et l'épaule ne sont le siège d'aucune raideur. Ces articulations se laissent facilement mouvoir dans les différents sens, mais le bras tout entier n'en est pas moins impotent, et la malade elle-même ne peut le soulever. Un aimant est appliqué les pôles en regard de la main gauche. Au bout d'un quart d'heure, il ne s'est produit aucune modification dans la motilité et dans la sensibilité des parties. La contracture persiste toujours dans les mêmes conditions. L'aimant est retiré.
La malade est endormie de nouveau. La contracture persiste toujours. Pendant l'état léthargique l'excitation mécanique des muscles extenseurs des doigts n'arrive pas à modifier l'attitude de la main. En excitant tour à tour les muscles de la face antérieure ou postérieure de l'avant-bras, on voit le poignet se fléchir ou s'étendre, mais les doigts restent toujours fermés de la même façon, et les nouvelles contractures provoquées en vertu de l'hyperexcitabilité neuro-musculaire spéciale de l'état léthargique sont sans influence sur la contracture existante, et produite par impression psychique pendant l'état cataleptique.
La malade est plongée alors dans l'état somnambulique parla friction sur le sommet de la tête. Dans cet étal, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire léthargique a disparu, mais les excitations cutanées légères produisent la contracture qui peut être détruite par des excitations de même nature. Les nouveaux procédés pour provoquer ou détruire la contracture demeurent sans efficacité contre la contracture du poing fermé de notre sujet.
Enfin le sujet est mis de nouveau en état de catalepsie. On attire alors son regard sur sa main fermée, et on affirme que les doigts s'ouvrent et que la contracture disparait. En même temps on voit les doigts s'étendre peu à peu, la main s'ouvrir et la contracture cesser complètement. La malade est réveillée, il n'y a plus trace de contracture : les ongles ont marqué fortement leur empreinte dans la paume de la main que la malade dit être douloureuse.
Pendant l'état léthargique, la contracture de la main en flexion est produite par l'excitation mécanique des muscles fléchisseurs. La malade est ensuite plongée dans l'état cataleptique. La suggestion est impuissante à résoudre cette contracture. Le regard du sujet a beau être attiré
sur sa main fermée, on a beau suggérer que la main s'ouvre, la contracture ne bouge pas.
La malade est réveillée, et la contracture persiste. L'application de l'aimant près de la main non contracturée produit très rapidement le transfert de la contracture. Ensuite la contracture est détruite par le retour à l'état léthargique et l'excitation des antagonistes.
Pendant la phase somnambulique la contracture de la main en flexion est obtenue par des passes. Au réveil la contracture persiste. Essai infructueux de transfert par l'aimant qui reste appliqué un quart d'heure. On hypnotise à nouveau le sujet. Pendant l'état léthargique, l'excitabilité mécanique des muscles ne détruit pas la contracture. Le poignet comme précédemment se fléchit ou s'étend, mais le poing reste toujours fermé. La malade est alors mise en état de catalepsie : le regard est attiré sur la main, et la suggestion vient à bout de celle contracture obtenue par les passes pendant l'état somnambulique. On dit à la malade que sa main s'ouvre, et en même temps les doigts se fléchissent, la contracture disparaît.
Je sais que ces cas aussi nets et aussi tranchés sont rares. Ils n'en sont pas moins intéressants, ils éclairent les autres.
Pendant la veille, lorsque la diathèse de contracture existe, des phénomènes analogues à ceux que je viens de citer se rencontrent. On ne saurait certainement en déduire des lois, en vertu desquelles toute contracture provoquée ne saurait être détruite que par le procédé qui lui a donné naissance. Les exceptions seraient vraiment trop nombreuses, mais ils n'en méritent pas moins de retenir l'attention parce qu'ils peuvent servir de guide à la thérapeutique et rendre compte, pour une part toutefois, de la résistance qu'opposent les contractures spontanées aux différents procédés qu'on leur oppose.
La diathèse de contracture n'existe pas dans tous les cas d'hystérie, tant s'en faut. En comprenant les cas où elle existe à l'état le plus rudimentaire révélé par la ligature élastique, M. Bcrhez a trouvé la proportion suivante. Sur soixante-dix sujets, dont vingt-sept hommes et quarante-trois femmes, la contracture s'est manifestée sur dix-neuf hommes et sur trente-trois femmes, soit sur cinquante-deux sujets.
Alors que nous ne connaissions pas ce procédé, le massage musculaire nous avait semblé le procédé le plus efficace. Dans
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un cas où nous avons vu en quelque sorte la diathèse de contracture se développer sous nos yeux, parés la contracture par massage musculaire est survenue la contracture par froissement des nerfs, et ce n'est qu'ensuite que la contracture a suivi le choc répété des tendons.
La diathèse de contracture est générale ou partielle. Elle existe à un égal degré sur tous les muscles du corps ou bien sur les muscles d'un membre seulement. Souvent elle frappe un seul côté du corps et accompagne l'anesthésie cutanée avec laquelle elle présente des relations plus ou moins étendues. Les parties anesthésiées sont seules parfois en état de diathèse de contracture. D'autres fois, il est vrai, la diathès? de contracture existe sans anesthésie, ou en dépasse les limites. Ainsi, chez une de nos malades hémi-anesthésiques, la diathèse de contracture était générale, et on observa les coïncidences suivantes : lorsque l'hémianesthésie disparut, la diathèse de contracture de générale devint hémiplégique et se localisa au côté anciennement anesthésique. Puis, plus tard, lorsque la malade redevint hémi-anesthésique, la diathèse de contracture envahit de nouveau les deux côtés du corps.
J'ai déjà fait ressortir les connexions qui relient la diathèse de contracture à l'amyosthénie. L'affaiblissement musculaire peut être plus considérable et atteindre presque à la paralysie. Duchenne, de Boulogne, parle d'un état de parésie hystérique s'accompagnant de contracture temporaire provoquée par une émotion, une excitation quelconque, d'une manière réllexe, et qui se rapporte évidemment à l'état de diathèse de contracture.
Il cite l'observation d'une malade dont le membre supérieur droit considérablement affaibli, pouvait parfaitement remplir ses fonctions pour certains usages manuels légers, le travail à la couture, par exemple. Mais lui fallait-il faire un effort pour lever un fardeau, tous les muscles fléchisseurs des doigts, du poignet, de l'avant-bras sur le bras se contractur aient avec une force extrême, d'une façon continue, pendant plusieurs heures. Chez elle, il existait depuis plus d'une année une contracture des muscles extenseurs du pied sur la jambe.
La diathèse de contracture, lorsqu'elle est générale, est rarement également développée sur tout le corps. Il arrive souvent
qu'elle est plus accuse'e d'un côté du corps que de l'autre, et il peut exister aussi des différences entre les membres supérieurs et les inférieurs.
Dans les cas où les variétés de diathèse de contracture coexistent, il peut arriver qu'elles ne soient pas uniformément répandues sur tout l'individu. Ainsi, chez une malade hystérique du service de M. Charcot, nous avons observé ce qui suit : sur tout le côté droit qui était anesthésique profondément, avec perte du sens du tact et du sens musculaire, la contracture pouvait être provoquée par tous les procédés en usage, aussi bien le massage musculaire, le choc du tendon, que le souffle et l'excitation très légère de la peau ; les deux variétés léthargique et somnambulique coexistaient, tandis que du côté gauche, qui avait conservé sa sensibilité normale, la contracture, variété léthargique, pouvait seule être provoquée, le souffle et le frôlement cutané restaient sans résultat. D'où l'expérience suivante, bien faite pour détruire tout soupçon de supercherie, s'il était nécessaire.
Sur les deux membres inférieurs découverts et placés côte à côte, nous dirigeons, après avoir pris la précaution de placer un écran devant les yeux du sujet, le vent d'une feuille de papier légèrement agitée, et nous voyons au bout de peu d'instants le membre inférieur droit, qui est anesthésique, se contracturer, pendant que le membre gauche resté sensible, le seul par conséquent sur lequel l'impression du vent fût perçue, demeurait dans le même état qu'auparavant. M. Pitres a signalé des cas analogues dans lesquels la contracture par souflle était obtenue sur des membres complètement anesthésiés. Au demeurant, ces faits ne sont pas plus singuliers que ceux dans lesquels le massage musculaire produit la contracture sur un membre qui a perdu toute trace de sensibilité et jusqu'au sens musculaire. Dans l'un comme dans l'autre cas, la contracture se produit, sans que le sujet ait même conscience du procédé employé.
Nous avons observé plusieurs cas d'anesthésie généralisée et absolue, dans lesquels les deux formes de la diathèse de contracture étaient développées au plus haut point.
D'un jour à l'autre, la diathèse de contracture peut subir des variations d'intensité. La contracture n'est pas toujours provoquée avec une égale facilité. Elle s'atténue avec la tendance à la guéri-
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son. Son augmentation d'intensité constitue une aggravation de la maladie. Elle prépare le terrain à la contracture spontanée qui se montre fréquemment, et constitue en quelque sorte un phénomène avant-coureur de la contracture permanente. De même après la guérisonde la contracture permanente, la diathèse de contracture persiste encore quelque temps, et sa présence rend compte des récidives fréquentes : sa disparition est le signe de la guérison définitive.
La diathèse de contracture se développe spontanément sans cause appréciable. Parfois, au contraire, l'existence d'une contracture localisée à un membre suffit pour la faire apparaître dans d'autres parties du corps, le plus souvent sous la forme hémiplégique du côté de la contracture primitive.
La diathèse de contracture, au même titre que l'amyosthénie et l'anesthésie, mérite de prendre rang parmi les symptômes permanents de l'hystérie.
En terminant, nous croyons utile de rapporter ici quelques-unes de nos expériences relatives aux propriétés neuro-musculaires des hystériques pendant la veille.
Secousse musculaire par excitation faradique. — Déformation de la courbe myographique. — Tendance à la contracture.
I. — B...\ hémianesthésique droite (7 avril 1881). — Inscription musculaire suivant les procédés de la méthode graphique de Marey. L'expérience est disposé comme le représente le schéma (fig. 6). Une secousse faradique est imprimée au muscle à chaque tour du cylindre animé du mouvement moyen. Une disposition semblable est adoptée pour les expériences qui suivent. A chaque secousse, le courant est augmenté d'une division de l'appareil à chariot de Dubois-Raymond.' Dès la quatrième secousse, c'est-à-dire à la cinquième division, la descente est marquée d'un long plateau plus ou moins accidenté, qui n'est autre chose que la traduction graphique d'une contracture temporaire. A la fin de l'expérience, il reste un peu de raideur de l'avant-bras empêchant l'extension
1 Les observations des malades sur lesquelles ont porté ces expériences se trouvent dans nos Études sur la grande hystérie.
complète. Une faradisation légère des muscles extenseurs ramène bientôt l'intégrité des mouvements.
II. Witt...[l8 mars). — Secousses faradiques du biceps. Au bout de
Fie. 6. — Dispositif des expériences sur l'enregistrement des secousses musculaires obtenues par le chue faradique.
Un tambour myographique (M) est appliqué sur le muscle à explorer, le plus souvent c'était le biceps brachial. Ce myographe est mis en communication, par un tube en caoutchouc, avec un tambour enregistreur ( I). Un chariot de Dubois-Raymond (CC) est destiné à donner le choc faradique. Des deux réophores du courant induit, l'un fixé au myographe est mis en communication avec le bouton métallique qui repose sur le muscle et qui sert à la fois à donner l'excitation et à recueillir le tracé du gonflement musculaire, l'autre se termine par une plaque (E) maintenue sur le sternum du sujet. Sur le courant inducteur deux appareils sont intercalés. L'un est un signal électrique de Marcel Despretz (D), placé au-dessous du tambour enregistreur et destiné a donner le moment précis de l'excitation ; l'autre est un interrupteur (I) actionné au moyen d'un engrenage (R) mû par le cylindre mêin* 1 du régulateur Foucault (F) et qui, à chaque tour, sert à clore et à ouvrir le courant. La secousse musculaire a lieu à l'ouverture. L'interruption du courant se produit a chaque tour du cylindre au même moment de la révolution, ou bien avec un certain retard. Ce résultat est obtenu à l'aide d'un dispositif bien simple, suivant qu'on met la roue R en rapport avec R' ou R". R' a le même nombre de dents que R, et R" une dent de moins. Le signal et le tambour enregistreur sont fixés sur un supoort qui se déplace parallèlement au cylindre, d'une façon régulière, afin de permettre aux courbes musculaires inscrites à chaque révolution du cylindre de se disposer suivant une ligne verticale ou oblique.
quelques excitations, le bras se contracture subitement en flexion. Cette contracture, très énergique, résiste au massage des extenseurs : elle ne peut être détruite que pendant le sommeil hypnotique.
Dans une autre expérience (du 6 mars) il est noté qu'à la suite des
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secousses faradiques portées sur le biceps la contracture commence par les doigts de la main qui se ferment progressivement, continue par le poignet et gagne l'avant-brasqui se fléchit. Celte contracture très intense disparaît par la faradisation des muscles extenseurs. Quant à la courbe de la secousse faradique obtenue sur le biceps lui-même, ses caractères sont des plus variés. Il est impossible, à cause d'une excitabilité musculaire déréglée et excessive, d'obtenir un tracé normal. Le plus souvent, il se produit dès le début, malgréla faiblesse de l'excitation, une sorte de court tétanisme, une courbe haute et marquée au sommet d'un plateau plus ou moins régulier. Le temps perdu est considérable pour ces premières excitations. Puis, lorsque la contracture a envahi le membre, la courbe musculaire est très peu élevée malgré la force de l'excitation ; la descente en est lente, mais la durée totale de la contraction ne dépasse pas les limites normales.
19 mars. — Une autre expérience, faite le 19 mars, nous montre que le mode de réaction du muscle sous l'excitant faradique peut varier chez un même malade. Nous obtenons en effet à cette date un tracé dans lequel la courbe musculaire qui répond au choc faradique ne difTère pas sensiblement de la courbe muscuîaire normale. On ne trouve pas les déformations si accusées de la descente dues à la contracture transitoire ou permanente. Et de fait, le membre demeure aussi souple après des excitations multipliées qu'auparavant. Il n'est le siège d'aucune raideur.
III. — Dub..., hystéro-épileptique (4 avril 1882). — Les secousses faradiques répétées à quelques secondes d'intervalle ne produisent pas la contracture permanente, mais on peut observer une modification notable de la forme de la secousse musculaire qui se traduit, dans ce qu'elle a de plus accusé, par une durée delà secousse beaucoup plus longue qu'à l'état normal : la ligne de descente s'interrompt à un moment donné pour former un plateau plus ou moins long, plus ou moins accidenté et qui se traduit par une pente peu rapide pour rejoindre la normale. On s'est servi, pour donner les excitations, de l'appareil à chariot de Dubois-Raymond ; à chaque secousse, la bobine induite était approchée d'un demi-degré, afin d'augmenter progressivement la force du courant. Les secousses musculaires ont commencé à se produire vers 9 degrés. On remarque que c'est avec un courant fort, vers 3 degrés et 2 degrés, que la tendance à la contracture a été le plus accusée.
Contracture produite sous £ influence de secousses faradiques éloignées.
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