II. — Bl...,hystéro-épileptique, hémianrsllie?ique gauche
25 mars. — L'anesthésie est complète à la piqûre dans tout le côté gauche. La faradisalion cutanée avec l'excitateur à louble pointe, fil fin et courant O de
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l'appareil à chariot de Dubois-Raymond, n'est pas sentie au point d'application, mais détermine dans l'étendue du membre des sensations mal définies de tiraillement.
Contracture provoquée par la faradisation. — Portée sur le tronc du nerf cubital à gauche, le courant faradique provoque la contracture de la main dans l'attitude de la griffe cubitale. Cette contracture s'accompagne d'une sensation pénible de tiraillement ; la peau a conservé son anesthésie. La contracture artificielle ainsi produite est très solide •et résiste aux efforts les plus énergiques.
On applique un aimant à l'avant-bras droit. Au bout de onze minutes, la sensibilité est complètement transférée ; le côté gauche est redevenu sensible à la piqûre pendant que le côté droit a perdu la sensibilité aux mêmes excitants. Mais la contracture n'a subi aucune modification; elle immobilise toujours la main gauche redevenue sensible dans l'attitude indiquée. On faradise alors le nerf cubital du côté droit devenu anesthésique. Comme précédemment, il se produit une contracture dans l'attitude de la griffe cubitale avec sensation Je tiraillement. Mais, en même temps, on constate que la contracture primitive de la main gauche se relâche notablement. Bientôt, la résolution est complète à la suite de quelques excitations nouvelles portées sur le nerf cubital droit dans le but d'augmenter, si possible, l'intensité de la contracture récemment obtenue.
La malade se trouve donc en ce moment anesthésique et contracturée à droite pendant que le côté gauche est sensible et a perdu sa contracture . Au bout de quelques instants, une « oscillation consécutive » se produit. Sans nouvelle application aimantée, la sensibilité spontanément quitte le côté gauche, pour reparaître à droite, mais la contracture ne suit pas l'anesthésie, et demeure à la main droite, maintenant sensible.
Une nouvelle faradisation du nerf cubital à gauche, maintenant anesthésique, produit la contracture de ce côté, et en même temps la main droite redevient libre. La malade est ainsi revenue au point de départ anesthésique et contracturée à gauche.
Dans le but d'avoir raison de cette contracture sans en affecter le côté opposé, on profite de l'anesthésie qui l'accompagne pour faradiser très énergiquement les muscles extenseurs des doigts. Sous l'influence ■de cette manœuvre prolongée quelques instants, la contracture cesse peu à peu, et finit par disparaître complètement: le pouce cède en dernier lieu.
Pendant le cours de celte expérience, la faradisation portée du côté anesthésique sur la joue, dans la région du nerf facial, produisit chaque
fois une contracture du masséter qui dura de quatre à huit minutes, el cessa brusquement pendant le transfert de la sensibilité, sans qu'il ait été fait rien de spécial pour cela.
Cette observation nous permet de constater :
1° L'influence de la faradisation sur la production de la contracture ;
2° L'influence de la production d'une nouvelle contracture dans les muscles symétriques du côté opposé, sur la résolution de la contracture primitive ;
3° L'influence de l'aimant sur le transfert de la sensibilité, influence nulle dans ce cas pour le transfert de la contracture ;
4° Et inversement l'influence de la faradisation sur le transfert de la contracture, influence nulle sur le transfert de la sensibilité (dans la dernière expérience, la faradisation a duré onze minutes).
28 mars. — Dans une autre expérience, sur la même malade, on constate que la faradisation musculaire directe produit la contracture des muscles électrisés. Cette contracture ne disparaît que par la faradisation intense des antagonistes.
III. — H..., hystéio-épileptique (26 mars). — Contracture provoquée sous l'influence de la faradisation. — Anesthésie généralisée : perle absolue des divers modes de la sensibilité (piqûre, contact, température, électricité), perte du sens musculaire.
Le courant faradique appliqué à la face palmaire de l'avant-bras gauche provoque une contracture de la main et des doigts en flexion. Cette contracture disparaît rapidement sous l'influence de la faradisation des muscles extenseurs.
La faradisation du nerf cubital au coude produit la contracture de la main dans l'attitude de la griffe cubitale. Cette contracture disparaît par la faradisation des muscles extenseurs.
Expériences diverses sur la diathèse de contracture.
I. — M..., hystérique, possède à un haut degré cet état musculaire spécial qui se traduit par une aptitude remarquable à la production de la contracture sous l'influence des excitations les plus diverses. Nous avons pu répéter sur elle les expériences suivantes :
5 décembre 1882. — La faradisation des masses musculaires ne produit pas chez elle la contracture, comme cela arrive chez d'autres sujets: mais les muscles ont une façon toute spéciale de répondre à l'excitation faradique, et sur laquelle il est intéressant d'insister.
a) Lorsque les interruptions sont rapides, les muscles électrisés se
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tétanisent comme il arrive d'ailleurs chez les sujets parfaitement sains, mais il arrive chez notre malade que la contraction musculaire ne reste pas localisée aux muscles directement excités.
L'excitation, sans que l'excitant électrique ait changé déplace, gagne peu à peu les muscles voisins qui entrent successivement en contraction. Ainsi, si l'excitation faradique est portée sur la main — un tampon dans la paume de la main, l'autre au-dessus du poignet, — les doigts commencent à se fléchir, et la main se ferme presqu'aussitôt ; mais l'action ne se borne pas là. Bientôt, sans que les tampons aient été changés de place, on voit le poignet se fléchir, puis l'avant-bras sur le bras. Mais il ne s'agit pas d'une contracture permanente, car toute action musculaire disparait aussitôt que cesse l'excitation électrique.
b) Si les interruptions sont lpntes (trois par secondes), le même phénomène de propagation se produit, bien que plus lentement, mais il est précédé de modifications spéciales dans le muscle directement excité.
Chez un sujet sain, avec des interruptions aussi lentes, les secousses musculaires produites par la faradisalion sont parfaitement distinctes les unes des autres. 11 n'y a pas de fusion des secousses, pas de tétanisation. Il en est autrement chez notre malade ; les secousses imprimées au membre sont moins brèves, et une nouvelle secousse survient avant que la précédente soit complètement terminée. C'est ainsi que, dans la l'aradisation des fléchisseurs du poignet, on voit celui-ci soulevé à chaque secousse ne redescendre jamais jusqu'à son point de départ, et subir ainsi, dans l'ensemble, un mouvement de flexion qui se produit par saccades, et dont chaque excitation nouvelle augmente le degré. En résumé, les excitations toujours distinctes donnent lieu à des secousses musculaires qui, d'abord nettement séparées, empiètent bientôt l'une sur l'autre, et ne tardent pas à se confondre en un même état de contraction tonique analogue à la tétanisation produite d'emblée par la faradisation à interruptions rapides.
2° La faradisation, dans l'expérience précédente, ne donne pas naissance à la contracture des muscles intéressés, mais il n'en est pas de même si l'on vient à modifier ces conditions expérimentales: par exemple ■en provoquant d'avance, par d'autres procédés, la contracture en un point symétrique. Par le tiraillement du pouce et des doigts, la main droite •est contracturée dans l'attitude figurée page 156 (fig. 14), qui se rapproche de celle qu'avait la main de notre malade Cad... Les doigts fléchis dans leur articulation métacarpo-phalangienne sont réunis en faisceaux, et le pouce en opposition vient s'appliquer contre ces dernières phalanges. La main dans son ensemble forme un cône dont le sommet est à l'extrémité des doigts.
La faradisation appliquée en certains points, un tampon sur le trajet du nerf cubital à 3 centimètres au-dessus du poignet, l'autre en dedans de l'e'minence thénar, permet de reproduire sur la main gauche la même attitude. Au bout de peu d'instants d'éleclrisation, on voit l'attitude ainsi produite devenir permanente, la contraction se transformer en contracture, pendant que la contracture artificielle primitive de la main droite perd de sa rigidité, et finit bientôt par cesser complètement. Il s'est opéré là, sous l'influence de la faradisation des muscles symétriques du côté opposé un véritable transfert de la contracture.
3° Ce transfert peut être obtenu sans le secours de la faradisation. Il suffit, par un moyen quelconque, de provoquer dans la main libre une contracture semblable à celle de la main primitivement contraclurée.
•4° On s'assure par des expériences multipliées que la contracture primitive ne disparaît pas, ou, en un mot, qu'il n'y a pas transfert, lorsque la contracture secondaire produite du côté opposé porte sur un domaine musculaire différent. Par exemple, la main gauche étant contracturce en flexion, si la main droite est contractures en extension, cette seconde contracture est sans effet sur la première. La contracture persiste à la fois des deux côtés. Le massage direct vient alors à bout de chacune des contractures isolément.
IL — Cad... (29 janvier 1883). — La contracture de la main gauchfr n'existe plus. La malade est franchement hémi-anesthésique.
Les réflexes tendineux sont exagérés au genou, des deux côtés, sans prédominance bien marquée. Au coude et au poignet, ils sont plus exaltés à gauche qu'à droite. La trépidation par le soulèvement de la pointe du pied existe des deux côtés.
1° Contracture provoquée par la répétition du choc tendineux.
a) Au poignet. — Main gauche. Répété un certain nombre de fois sur la face antérieure du poignet, le choc tendineux produit la contracture de la main en flexion. Les doigts sont en outre contractures et rappellent par leur attitude la forme de l'ancienne contracture spontanée qui existait de ce côté, et dont vient de guérir le malade (fig. 14).
Main droite. — La même manœuvre répétée à droite produit un résultat analogue, mais l'attitude des doigts diffère. Ils se fléchissent simplement, et le pouce ne se met pas en opposition.
La contracture persiste des deux côtés à la fois, ce qui permet de constater les différences d'attitude des doigts dans les deux mains, malgré la similitude de l'excitation mécanique portée des deux côtés au même endroit. Destruction de la contracture par le choc répété sur les tendons postérieurs du poignet.
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b) Au coude. — Le choc sur le tendon des triceps au coude amène pour les deux bras une contracture du membre en demi flexion. Lesdeux poignets sont contractures en flexion et rotation en dedans df? façon que la paume des mains regarde en arrière et en dehors. Les doigts sont également contractures en flexion avec les différences pour les deux mains que nous avons signalées dans les expériences précédentes. La contracture est détruite parle choc sur les tendons extenseurs du poignet.
2° Contracture par tiraillement des muscles.
a) Extension brusque du membre. — Le bras maintenu par le poignet est étendu brusquement en dehors. Des deux côtés le bras se contracture en extension : il n'y a de différence que pour les doigts, qui, à gauche, reproduisent toujours l'attitude de l'ancienne contracture, tandis qu'à droite ils sont immobilisés dans l'extension et écartés les uns des autres.
b) Flexion brusque. — La main est fléchie brusquement sur le poignet et se trouve aussitôt contracturée dans cette attitude de flexion. La même chose se produit des deux côtés, toujours avec cette tendance des doigts de la main gauche à se placer dans l'attitude de l'ancienne contracture.
2° Contracture en flexion par excitation mécanique des muscles extenseurs.
Pendant que la main du sujet est simplement maintenus dans la flexion, on excite mécaniquement par la friction les muscles de la face postérieure de l'avant-bras. On voit alors le mouvement de flexion du poignet se fixer et s'accuser davantage sous l'inflaence de la contracture des muscles fléchisseurs.
Même malade (30juin 1883). — 1° Excitation mécanique des nerfs du bras.
Membre supérieur gauche. — L'excitation mécanique portée sur le cubital dans la gouttière olécrânienne amène tous les doigts en flexion, le pouce ramené vers la paume de la main, attitude dans laquelle les muscles tributaires du cubital ne sont pas seuls intéressés.
Cette attitude se maintient tant que l'excitation dure : elle cesse toutd'un coup quand on suspend l'excitation, mais en persistant encore d'une manière très appréciable pendant quelques divisions de seconde. En excitant le nerf médian en dedans du tendon du biceps, on amène la contraction de la main dans l'attitude de l'ancienne contraction spontanée (voy. fig. 14). Les doigts sont ramenés en cône, le poignet fléchi. La contraction cesse comme dans l'expérience précédente. En cherchant à exciter le nerf radial au sortir de la gouttière de torsion, la main se place dans l'attitude de l'ancienne contracture avec flexion du poignet et pronation forcée. Cette contraction cesse comme précédemment.
Membre supérieur droit. — Les mêmes expériences répétées à droite donnent des résultats identiques, avec quelques différences dans l'attitude des doigts.
Il résulte des expériences précédentes que l'excitation des nerfs amène la contraction prolongée des muscles non seulement de son domaine, mais de ceux qui lui sont étrangers.
2° L'excitation mécanique du nerf poplité externe en arrière du tendon du biceps amène la contracture persistante du pied dans l'attitude du pied bot varus légèrement équin. Même action des deux côtés. L'excitation du nerf poplité interne au milieu du creux poplité amène une contracture du pied en extension (flexion dorsale). Action semblable des deux côtés.
Par le massage musculaire, en portant l'excitation sur les muscles eux-mêmes, on obtient un résultat analogue. Le pied se contracture dans une attitude déterminée par la prédominance des muscles antagonistes de ceux qui sont directement excités. Ainsi, en malaxant les muscles du mollet, le pied se contracture en flexion dorsale, et en malaxant les muscles antérieurs de la jambe le pied se place en extension (flexion plantaire).
L'excitation portée en promenant sur la peau de la jambe l'extrémité libre d'un diapason en vibration détermine la contracture du pied dans une attitude due à la prédominance d'action des muscles directement excités. Ainsi, en promenant le diapason sur les muscles antérieurs, la pointe du pied se relève, et le pied se contracture en flexion dorsale. En agissant sur les muscles du mollet, on obtient une contracture en extension (flexion plantaire).
Il résulte des expériences faites sur les membres inférieurs que :
a) L'excitation mécanique du nerf produit une contracture permanente;
b) La contracture se produit de la même façon, que l'excitation mécanique musculaire soit directe ou indirecte (par l'intermédiaire des nerfs j ;
c). La contracture produite par l'excitation musculaire directe varie suivant la nature de l'excitant. Ainsi, l'excitation par la malaxation amène la contracture avec prédominance des antagonistes, tandis que l'excitation par le diapason amène la contracture avec prédominance des muscles excités.
3° Secousses faradiques. — Des secousses faradiques appliquées surles muscles de l'avant-bras (région antérieure ou région postérieure) amènent dans la main des mouvements isochrones aux interruptions électriques. Chaque mouvement est distinct, mais la main ne reprend pas exactement
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la position qu'elle avait auparavant. De sorte qu'au bout d'un eertain nombre de secousses la main se trouve avoir exécuté un certain parcours dans le sens de la flexion ou dans le sens de l'extension suivant les muscles excités. Ceci se produit avec des interruptions lentes, environ deux par secondes. Même avec des excitations plus lentes encore, le même résultat se produit, bien que plus difficilement. Mais il ne s'agit pas là de contracture durable, et l'attitude définitive imprimée à la main cesse presque en même temps que l'excitation.
En résumé, il se produit là une sorte de fusion incomplète des secousses faradiques, dont le résultat est de produire avec des excitations très espacées une sorte de tétanisme incomplet et éphémère.
3 février. — Chez la même malade, les secousses faradiques espacées
Fig 8. — Secousses fanidiques avec augmentation progressive de l'intensité du courant chez la malade G (bir.eps droit) {Obs. II), qvii ne présentait aucune des manifestations de la dialhèse de contracture léthargique, mais chez laquelle les contractures par excitation cutanée superficielle étaient très facilement obtenues.
produisent la contracture permanente, s'établissant par degrés, comme la contraction tonique dans l'expérience précédente.
10 mars. — L'hémianesthésie gauche a disparu. La diathèse de contracture n'existe plus que du côté gauche et encore peu accusée. Les réflexes tendineux sont peu marqués au poignet. Ils existent assez accusés aux genoux. Au bras gauche, la contracture finit par suivre la flexion brusque du poignet répétée une dizaine de fois. Le choc tendineux répété très longtemps amène une légère contracture qui disparait rapidement d'elle-même. Au bras droit, les mêmes manœuvres ne donnent lieu à aucune contracture.
III. — G..., hystéro-épileptique. — L'observation de cette malade est publiée plus loin. Elle présente la diathèse de contracture forme somnambulique. La contracture ne peut être provoquée par aucun procédé autre que l'excitation cutanée superficielle. Lafaradisationméme intense reste sans aucun effet (fig. 7).
ARTICLE III
Il y a lieu de distinguer les formes suivantes de la contracture hystérique :
1° Contracture hystérique permanente se subdivisant en deux variétés suivant l'état de la sensibilité :
a) Avec anesthésie;
b) Avec hyperesthésie ;
2° Contracture hystérique de forme psychique.