I. — Contracture permanente non douloureuse
Le début de la contracture hystérique est brusque ou graduel. Dans le premier cas, elle apparaît inopinément à la suite d'un traumatisme, d'une vive émotion, etc., sans que rien n'ait pu le faire prévoir : c'est parfois la première manifestation de la névrose.
Dans le second cas, elle est précédée de faiblesse ou d'engourdissement du membre ou de phénomènes spasmodiques, tels que l'augmentation des réflexes tendineux, la trépidation épileptoïde, des secousses spontanées, du tremblement des membres, etc. La chorée rentre aussi parfois parmi le signes précurseurs. Malgré la présence de ces symptômes variés qui peuvent faire prévoir l'imminence de la contracture, et que nous avons étudiés en détail dans le chapitre précédent, l'établissement de la contracture se fait de deux façons : ou d'emblée, en quelques instants elle a atteint son maximum d'intensité; ou graduellement, par l'augmentation
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progressif des phénomènes spasmodiques, l'apparition d'une raideur d'abord légère et qui, augmentant peu à peu, finit par immobiliser complètement les membres atteints. Cette marche est celle des paraplégies spasmodiques de nature organique ; c'est aussi de la sorte que s'établit la contracture tardive des anciens hémiplégiques. Il faut savoir que la contracture hystérique peut présenter les mêmes débuts, mais il ne faut pas oublier que ce qui est la règle ailleurs est ici l'exception. Le plus souvent, la contracture hystérique se distingue par son envahissement brusque et la production presque instantanée [d'une raideur considérable qu'atteignent rarement les contractures des anciens hémiplégiques eux-mêmes.
A. — Degré.
Une fois constituée, la contracture hystérique se distingue par son intensité, qui est extrême. Le membre est immobilisé avec une force considérable, et les tentatives les plus énergiques dirigées contre elle ne peuvent parvenir à la modifier si peu que ce soit. Nous verrons plus loin que, dans certains cas, une traction lente et continue peut la faire céder, momentanément du moins et partiellement.
B. — Quelle que soit l'attitude des membres, les groupes musculaires antagonistes sont également intéressés.
Il est facile de s'assurer que, malgré la prédominance des muscles qui déterminent l'attitude du membre contracture, les muscles antagonistes sont également atteints. Ainsi, je suppose que le membre soit fléchi, on sentira les extenseurs également raides et durs au toucher : de même que l'extension est impossible, l'exagération du mouvement de flexion l'est également. Lorsque l'attitude de la contracture est intermédiaire entre la flexion et l'extension, la circonstance est favorable pour juger de la contracture égale des antagonistes, et l'on constate en effet
que le membre ne peut pas plus être porté dans un sens que dans l'autre, pas plus étendu que fléchi.
L'attitude des membres contractures n'est donc pas due à la contracture isolée d'un seul groupe musculaire pendant que le
Fig. 9. — Contraction du membre supérieur. — Type de flexion,
groupe antagoniste est demeuré sain ou paralysé. Les deux groupes musculaires sont également actifs et l'attitude n'est déterminée que par la prédominance d'action les uns sur les autres.
Cette attitude n'est pas indifférente, et, suivant les muscles atteints, elle revêt une forme de prédilection sur laquelle nous reviendrons au sujet des contractures en particulier. Au membre supérieur, l'attitude de prédilection est la flexion (fig. 9), tandis que c'est l'extension au membre inférieur (fig. 10).