‹ Paralysies et contractures hystériquesChapitre 31 sur 59 · PARALLÈLE PHYSIOLOGIQUE DE LA PARALYSIE ET DE LA CONTRACTURE · texte numérisé non relu

PARALLÈLE PHYSIOLOGIQUE DE LA PARALYSIE ET DE LA CONTRACTURE

A. — Dans les paralysies comme dans les contractures il y a impuissance motrice, en ce sensquc les muscles atteints sont soustraits à l'empire des excitants qui président d'ordinaire à leur fonction : ainsi la volonté a perdu tout empire sur un membre contracture comme sur un membre paralysé. Pour ce qui est des membres, on peut affirmer que dans l'un et l'autre cas le chemin qui conduit les ordres de la volonté aux muscles est interrompu.

En effet, la clinique nous apprend que, dans le plus grand nombre des cas, la contracture est précédée d'un état paralytique du membre. Même lorsque le début de la contracture est brusque, il est souvent possible de saisir une phase, si courte qu'elle soit, d'impuissance motrice précédant l'invasion de la raideur. Il n'est pas rare de voir l'existence simultanée des deux états musculaires sur le même membre. Ainsi, chez un de nos malades, la main seule est contracturée, mais le bras tout entier est paralysé et il n'existe aucune raideur au coude ou à l'épaule.

B. — Les mêmes cm/ses peuvent occasionner indifféremment soit des paralysies, soit des contractures: il en est ainsi pour les émotions vives ou le traumatisme, etc.

Il ne faut pas chercher la raison des effets différents (paralysie ou contracture) dans des modalités différentes d'une même cause, mais dans l'état de réceptivité du sujet lui-même au moment où la cause agit. La diathèse de contracture, que nous avons étudiée avec détails, jette un grand jour sur cette question. C'est ainsi que l'on comprend très bien qu'une même cause qui produira une contracture chez un sujet prédisposé (ou autrement dit en état de

diathèse de contracture) produira chez d'autres un résultat inverse, c'est-à-dire une paralysie.

En somme, dans l'un et l'autre cas, l'impuissance motrice est l'effet constant ; l'état du muscle devenu impuissant est l'effet variable, il est tlaccide ou contracture suivant la réaction spéciale du système nerveux,

C. — Au point de vue des propriétés physiologiques du muscle lui-même, on peut admettre les analogies et les différences suivantes entre la paralysie et la contracture :

a) Dans l'un comme dans l'autre cas, l'état de la contractilité ne varie guère : elle persiste avec des caractères voisins de l'état normal.

b) Il n'en est pas de même de la tonicité. La paralysie du muscle est indépendante, jusqu'à un certain point, de son état de tonicité qui peut subir toutes les variations possibles en plus ou en moins. Le muscle contracture, au contraire, est toujours un muscle dont la tonicité est arrivée au suprême degré.

D. — Nous avons vu que la paralysie, comme la contracture, pouvait relever de lésions dynamiques de siège variable, et occupant différents points de l'axe cérébro-spinal. Toutefois il y a quelques différences à faire entre les deux sortes de troubles moteurs, la paralysie ayant plus fréquemment sa source dans une lésion dynamique cérébrale, la contracture au contraire dans une lésion de la moelle.

Cette différence de fréquence du siège spinal dans la paralysie et la contracture doit être rapprochée de la connaissance que nous avons du siège spinal du tonus musculaire qui joue un rôle capital dans la contracture, et secondaire dans la paralysie.

En résumé, s'il nous fallait donner de la contracture et de la paralysie hystériques une définition physiologique, nous la formulerions dans le tableau suivant :

Muscle soustrait à l'action de ses excitants ordinaires avec intégrité de structure et conservation, du moins partielle, de ses propriétés physiologiques.

État variable de la tonicité qui est conservée ou affaiblie, ou légèrement accrue.

Tonicité toujours exaltée à un haut degré.

Contracture.

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