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a posteriori, contre quoi je me révoltais tout à l'heure
et son rude ragoût garde, même dans les passages de
tendresse, un fumet qui nous ravigote, après tant de
sauces précieusement mijotées dans les arrière-cuisines d'une Euterpe neurasthénique.
15 april 1903.
Le 29 mars, M. Richard Strauss dirigeait aux concerts Lamoureux, quelques-unes de ses œuvres. Il y a deux
ou trois ans, j'usai de raiïllerie vis-à-vis de ce maitre
illustre, au sujet de son Don Quichotte un tantinet lou-
foque, et depuis j'en éprouvais du remords. Plusieurs
compositeurs, en qui j'ai foi, m'avaient reproché mon injustice pour leur confrère d’Outre-Rhin, et j'espérais,
en allant écouter de nouveau sa musique, changer d'avis
sur elle. Eh bien! /a Vie d’un Héros surexcite toujours
ma verve ironique, et, malgré la vigueur indéniable de
sa structure, je persiste à trouver ce gaspillage de sonorités complètement dénué d'inspiration et gâté par des traits caricaturaux du plus mauvais goût, dans une œuvre sérieuse. On me ferait un vrai plaisir, en me disant, d’après le grotesque solo de violon qui la représente, si la compagne du héros est une consolatrice ou, au contraire, une mauvaise épouse, à la façon de la femme de Socrate. Je ne suis pas assez subtil pour le démêler moi-même dans ce rigognage, qui déparerait le plus odieux des concertos, et je n’y entends goutte, à
moins que cela ne représente les galipettes de la dame
cherchant à distraire son soucieux conjoint. Le tapage de celui-ci sur le champ de bataille est tellement