‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 67 sur 68 · troisième partie: En rade de Sorrente, page exquise · texte numérisé non relu

troisième partie: En rade de Sorrente, page exquise

d'émotion simple et de charme attendri. Le vent léger fait clapoter les voiles au sec dans le bleu du matin; l'allégresse de l’atmosphère chante aux violons, avec une adorable mélodie; les flûtes disent la grâce amollissante de l’heure et le poète doucement s’y abandonne, cependant que la brise s'élève. Elle ride la surface de la mer et voici de nouveau la force éternelle du monde, évoquée, cette fois, par une discrète impression d'amour, source

de toute vie, et le cœur cède au doux effroi de se sentir

mieux palpiter, jusqu’à ce qu’il se réassoupisse dans son rêve, sous les caresses longues qui bientôt l’alanguissent et l'endorment.

Il me reste à clore la saison musicale avec les derniers concerts d'abonnement. Tandis qu’on donnait au Chätelet la pittoresque Nuit de Noël de M. Pierné et que Mme Bréma y chantait un peu de tout, j'ai voulu réentendre aux Concerts Lamoureux la Symphonie en ut majeur de Mozart et l’Antar de Rimsky-Korsakow.

Jamais M. Chevillard et son superbe orchestre ne jouèrent mieux qu’à cette dernière séance; ils recueillirent

les bravos sans fin d’un auditoire clairsemé par le printemps. Est-elle d’ailleurs assez exquise cette symphonie Jupiter, avec son andante, laiteux et profond comme une opale, où la flûte, au milieu du quatuor en sourdine, allume de discrètes lueurs !

Et qu’Antar est doncun puissant etmagnifique poème! Je l'avais entendu et analysé jadis (1), mais malgré mon admiration pour lui, je ne me le rappelais pas comme un tel chef-d'œuvre. Cette musique m'est apparue plus âpre et plus torride que naguère, avec des fureurs et des enivrements de fièvre chaude. Je lui ai trouvé des couleurs plus rabattues, un chatoiement plus voilé, un aspect de rêve plus solitaire et plus morose qu'autrefois ; et si l’on voulait s’en faire une idée à peu près juste, d’après mon article d’alors, il faudrait relire celui-ci à travers une gaze sombre. Quel immense ennui, quelle rage douloureuse, quelle ample désespérance! Et dire que certains musicographes, pour diminuer Rymsky- Korsakow, au profit du jeune compositeur français qui doit le plus à l'école Russe, concèdent que cet art est brillant mais le déclarent sans profondeur. Sans profondeur, cette musique amère, toute pleine d’un goût de cendre ! Autant affirmer de suite que les Psaumes de la Pénitence sont de la poésie légère et que Jérémie fut un écrivain superficiel!

Là-dessus je m'excuse, amis ou ennemis lecteurs, d’avoir trop abusé de vos instants. Je vais vous laissér la paix et rentrer au désert pour quelques mois. ou pour toujours. Puissé-jé, comme Antar, y rencontrer la

(1) Voir ci-dessus, page 23.

À Lis is du Pouvoir, mais je voudrais tout de suite obte-

pep fs ë Non celles de la Bienveillance, qui MR TUenRS à mon

# Sinoérité qui souvent me pèse entre les bras. Mais,

5083 hélas ! il n’y a plus de fées: et je ne sais encore rien de 41 tel ide ce rüde bâton de voyage, pour aller droit mon

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__ Avant-Propos ER EN A Re Re LS

Fe 5 L:

Janvier-Avril 1900. SAT M. Sarasate et les virtuoses. — Antar de Rimsky-Korsakow. a — La Chasse fantastique de M. Erlanger. — La scène 1 finale de Siegfried. — Jeunes compositeurs. — Fragments à Door denM-Brüûneau is... tu ut 17 | … Trois compositeurs-chefs d'orchestre : M. Richard Strauss NE … (Don Quichotte) ; M. Félix Weingartner; M. Siegfried é Re

à 1 Saison 4900-1904.

La Nuit de M. Saint-Saëns. — Ouverture de Claudie de MM. Hillemacher. — M. Félix Mottl, compositeur et chefd’orchestre.— Harold en Italie de Berlioz. — Légendes et musique françaises. — Les Nocturnes de M. Debussy. 61

Le Faust de Schumann. — La Fantaisie de M. Delafosse, Se pour piano et orchestre. — L’Or du Rhin. — Encore des 11e virtuoses : M. Burmester et M. Lamond.— La Symphonie LES inachevée de Schubert. — Shéhérazade de Rimsky- | CO NE Le RE le

Me et Re (A propos de- Fr Ha de M. | Weingartner.) — Fragments de Fervaal de M. d’Indy. L'évolution musicale de M. Massenet. — Le style d'Alfred Ernst. — Musique tchèque (Symphonie : Le Nouveau Monde, de Dvorak, M. Josef Suk, etc...). — La Sympho-

nie dyec'ChŒUrS. : 11.1 RNA)

Saison 1901-1902.

Les Danses du Prince Igor de Borodine. — Les préludes de l’Ouragan de M. Bruneau. — La Symphonie pathétique de Tschaïkowsky. — A propos des Symphonies de Beethoven. — La Symphonie en ut majeur de Weber. — La Symphonie fantastique de Berlioz. — L'Adonis de M. Th. Dubois. — Mélodies modern-style. — L’andante de la Symphonie en ut mineur de Beethoven. . . , . 115

Ouvrages divers. — La Septième Symphonie de Beethoven. 2. — Musique allemande et musique italienne. — La Sym- | phonie en sol mineur de Lalo. — La Symphonie : Roma de Bizet. — Le jeu de M. Raoul Pugno. — Le Concerto de Violon de M. Jaques-Dalcroze. — M. Rosenthal, virtuose. — La Symphonie en ut majeur de M. Dukas . . 137

La Symphonie en si bémol majeur de Chausson et la Symphonie en fa majeur de Boëllmann. — Considérations ‘ 54 sur le genre symphonique. — Concertos et sifflets. — ‘7 Édith au col de Cygne, mélodies de M. Georges Hüe. — R Sur César Franck (à propos de Psyché). — TRS ; Russes. — Extinction des chandelles . . . . . . VIN. FI2R F

Saison 1902-1903.

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