‹ Parasitisme et mutualisme dans la natureChapitre 8 sur 28 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La notion de parasitisme s’est considérablement étendue depuis quelques années sans que les mots parasite et parasitisme aient cessé néanmoins de demeurer adéquats à leur étymologie (nzpz à côté, oïzoç nourriture). On a pu ajouter de nouveaux et très nombreux anneaux à la chaîne qui relie le prédatisme au parasitisme et à la symbiose la plus parfaite. Pour des raisons pédagogiques, il est devenu commode de classer en catégories distinctes les faits de mutualisme, de commensalisme et de biocœnose. Mais les transitions se sont montrées graduelles et insensibles entre ces divers états.

Les progrès de l’éthologie prouvent de plus en plus l’étroite dépendance des êtres vivants les uns par rapport aux autres. L’action morphogène du milieu biologique n’est pas inférieure à celle du milieu cosmique. L’on peut dire sans exagération que chaque animal, chaque plante vit

dans une large mesure aux dépens de ses voisins et, par une série de répercussions plus ou moins faciles à constater, aux dépens de tout le reste de la création.

Aussi, comme l a dit fort justement G. Emery, dans un avenir sans doute encore lointain, mais qu’on peut cependant prévoir dès aujourd’hui, les phénomènes de la vie des êtres organisés, leurs conditions d’existence, leurs instincts d’une part, leur évolution morphologique de l’autre, se réduiront à des équations entre données physiologiques élémentaires. « Des rapports de dépendance mutuelle entre les faits d’observation se montreront toujours plus nombreux, permettant peut-être un jour d’établir de véritables formules capables d’exprimer non seulement chaque forme réellement existante, mais en outre toutes les formes possibles, comme les formules chimiques établies sur les corps connus et bien étudiés nous mettent en mesure de prévoir des séries entières de composés encore inconnus et d’établir à l’avance leurs propriétés principales. »

Déjà la théorie de l'épigénèse de C. F. WoltT admise aujourd’hui par tous les embryogénistes nous autorise à appliquer les lois du parasitisme au développement même des organismes. L’indépendance relative des rudiments embryonnaires d’où dérivent les divers organes associés plus tard en une symbiose plus ou moins parfaite permet de considérer les êtres vivants comme des états d’équilibre mobile entre les parties qui les constituent. L étude des complexes hétérophysaires symbiotiques types les plus élevés du parasitisme, nous rend plus facile celle

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