‹ Pardon et SaintétéChapitre 2 sur 3 · SECTION I · texte numérisé non relu

SECTION I

Nature de la vraie religion.

11 est naturel que ceux qui ont passé par les agitations dont la conversion est souvent accompagnée , et qui ont senti la paix qui découle de notre réconciliation avec Dieu , simaginent que le combat est fini , h victoire gagnée , et l'œuvre de la religion accomplie.

Cette illusion ne tarde pas à se dissiper.

La naissance ne fait pas toute la vie, ni la conversion toute la religion. Une jeune mère peut , dans l'ivresse de sa joie, oublier un moment les devoirs impérieux qui se dressent devant elle ;

mais quand elle regarde son enfant doué d'une organisation si admirable et d'une âme immortelle , elle sent qu'il dépend entièrement de ses soins. De même le

jeune chrétien, bien qu'il soit d'abord disposé à croire que son œuvre est terminée, s'aperçoit bientôt que le faible principe de la vie spirituelle a besoin d'être gardé et nourri avec des soins continuels* S'il était abandonné après sa naissance il périrait aussi certainement

et aussi promptement qu'un enfant destiné à la mort»

Une autre erreur sur ce sujet consiste à se représenter la vie religieuse comme une vie où l'on agit par boutades,cornme une alternative perpétuelle d'excitation et d'insensibilité. Ceux qui se trouvent sous l'empire de cette illusion ne sont religieux que dans de certaines circonstances. Ils vivent tranquillement des mois entiers sans s'occuper de leur âme, et

si après cela ils peuvent éprouver un * mouvement de zèle ou de joie religieuse, ils ne craignent pas de retomber dans une nouvelle période d'affaissement.

Mais la vie n'a jamais cette forme intermit tente, ni les animaux, ni les plantes ne vivent de cette manière. L'homme, lorsqu'il est en santé, ne passe point des codvulsions à la défaillance, et de la défaillance aux convulsions. La vraie religion non plus ne se présente jamais sous cette forme. Elle a satis doute ses alternatives y cpmme il se trouve dans la vie du corps des périodes de santé ou de maladie , de vigueur ou de lassitude ; mais en tant qu'elle mérite le nom de religion , elle est ferme, active et progressive; elle n'est rien moins qu'une série de spasmes.

C'est une erreur encore plus commune de supposer que la religion est un service extérieur, plutôt qu'une affection

intérieure. Une multitude de personnes s'imaginent être religieuses parce qu'elles suivent les services religieux, comme s'il suffisait de la fréquentation régulière du culte divin et des formes extérieures de la religion pour donner des titres au caractère de chrétien»

L'Ecriture nous enseigne que la religion est une vie nouvelle et spirituelle.

Aussi , le commencement de cette vie est-il appelé une nouvelle naissance , une création, une résurrection spirituelle- Elle est un mystère, quant à son principe ou à sa source. Nul homme ne peut dire ce qu'est la vie. Il l'aperçoit sous ses diverses formes dans les végétaux, dans les animaux et dansi'âme; mais il ne peut découvrir le ressort caché de ses divers genres d'activité. La nature de la vie spirituelle échappe naturellement à nos recherches. « Le vent souffle où il veut , et lu en entends le

bruit: mais tu ne peux dire d'où il vient ni où il va ; il en est dé même de quiconque est né de l'Esprit » (Jean III, 8.) Un nouveau genre d'activité se manifeste dans l'âme qui est née de Dieu y mais d'où procède cette activité , et comment se couserve-t-elle , ce sont là de ces secrets dont Dieu s'est réservé la connaissance. Toutefois, nous ne pouvons douter qu'il n*y ait une cause permanente à cette activité nouvelle. Nous savons que la vie du corps ne consisté pas dans les actes de voir, d'entendre ou de goûter ; ni l'âme dans la pensée et dans la volonté ; de même la vie spirituelle ne consiste pas dans lés actes qui servent à la manifester. Il y a dans la régénération un changement opéré dans l'état de l'âme qui explique pourquoi ses pensées et ses sentiments différent de ce qu'ils étaient auparavant, et continueront à en différer. La cause de cette

différence est appelée un nouveau cœur, urne grâce , ou bien l'Esprit ou le nouvel homme, ou encore le renouvellement de l'homme intérieur. Tous ces termes s'emploient pour désigner le principe de la vie spirituelle qui se manifeste par les fruits de sainteté. Il est appelé vie, parce qu'il est durable et permanent. Ceux qui montrent pour un temps un certain degré de zèle et de vie religieuse, pour cesser ensuite de prendre aucun intérêt à la religion, sont comme des cadavres sur lesquels le galvanisme pourra bien produire momentanément quelques-unes des apparences de la vie , mais qui bientôt deviennent insensibles à tous les moyens d'excitation. En pareil cas, il n'y a point de principe de vie. Là où la religion est réelle, elle a sa racine dans un cœur nouveau , et elle est par là même permanente.

C'est encore un trait caractéristique de la vie des êtres sensibles et intelligents, d'être spontanée dans l'exercice de son activité. Il y a certains actes auxquels elle se porte naturellement et dans lesquels elle se complaît. Ce n'est point par contrainte que les animaux mangent, boivent ou s'ébattent dans le sentiment de leur force ; ce n'est pas non plus par une impulsion étrangère que les hommes exercent leur esprit à recevoir et à communiquer des idées , ou à éprouver des affections. Ce serait, pour eux, la plus sévère de toutes les condamnations, que de se trouver tellement isolés de leurs semblables / qu'ils ne pussent donner essor à la vie sociale et intellectuelle. Semblablement l'adoration , la reconnaissance , l'amour, la soumission à Dieu sont les exercices spontanés du cœur renouvelé. Une religion obtenue violemment par la con-

train te morale serait fausse. L'obéissance filiale, lorsqu'elle procède de la crainte du châtiment ou de considérations purement extérieures, est bien différente de celle qui vient du respect et de- l'amour ; et à moins que le service que nous rendons à Dieu ne sorte spontanément de notre cœur; rien ne prouve que nous soyons ses enfans. La Bible représente le peuple de Dieu comme prenant son plaisir dans les choses de Dieu. Sa parole, ses ordonnances, son sanctuaire, sa présence font le principal sujet de sa joiè. Lorsqu'un homme est malade il prend peu de plaisir dans les objets ordinaires de jouissance, et quand le chrétien est en état de chute il ne connaît guère la joie qui appartient à la religion. Néanmoins, tout ce qu'il peut y avoir de vie spirituelle dans une âme se manifestera nécessairement par l'exercice spontané de la piété.

Do plus la vie , sous toutes les formes que nous lui connaissons , est progressive; faible dans ses commencements, elle avance graduellement vers la maturité. Telle elle se montre dans les plantes , dans les animaux et dans l'âme ; telle aussi dans la vie spirituelle. Le commencement d'une vie religieuse est accompagné d'un état de joie qui souvent ensuite décline, et cette circonstance peut conduire le chrétien à croire que la religion elle-même décline dans son cœur. Mais cette joie n'est qu'une pierre de touche bien incertaine du progrès ou du déclin de la yie spirituelle* Les gambades des jeunes animaux témoignent d'une exubérance de joie que n'éprouvent plus ceux qui ont atteint l'âge de la maturité. Mais combien est imparfaite l'organisation de ces joyeuses créatures ! combien sont faibles leurs moyens de subsistance, combien leur

force est peu de chose, si on les compare aux animaux plus avancés en âge qui ne connaissent pas la moitié de leurs joies. 11 est donc conforme à la nature que les jeunes chrétieus , sous l'influence de sentiments délicieux par leur nouveauté aussi bien que par leur nature, éprouvent un bonheur que ceux qui sont plus avancés ont cessé de connaître, parce que chez eux les sentiments sont devenus des principes , et que les éclairs de joie ont fait place à une joie qui surpasse toute intelligence.

Bien que la joie ne soit pas la vraie pierre de touche du progrès dans la vie divine , cette vie est de sa nature aussi essentiellement progressive qu'il est dans la nature de la vie du corps de croître en stature à mesure qu'il passe de l'enfance à l'âge mûr, ou dans celle de la

vie de l'esprit d'acquérir de nouvelles forées en passant par les mêmes pério-

des. Un homme doué de l'esprit d'un enfant est idiot; il est destitué de ce qui appartient à un être raisonnable. De même , le chrétien qui ne fait pas de progrès en sainteté, est essentiellement défectueux. La marque la plus sûre de ce progrès est l'accroissement de la force daps tous les sens : force de foi, force de résolution, force pour faire le bien, pour résister au mal et pour supporter l'épreuve. Les enfants de Dieu vont de force en force , achevant leur sanctiûcation dans la crainte du Seigneur.

La vraie religion n'est donc pas un service extérieur , ce n'est pas non plus une simple excitation de crainte et de douleur suivie de paix et de joie ; ce n'est pas non plus une alternative capricieuse de ces sentiments. C'est un principe d'action permanent , spontané dans son exercice et progressif de sa nature.

Ces attributs lui sont essentiels, mais

ils ne la constituent pas tout entière* Elle est une participation de la nature divine, ou une conformité de Pâme avec Dieu. Elle est représentée comme Pacte de « dépouiller le vieil homme avec ses œuvres , et de revêtir le nouvel homme qui se renouvelle en connaissance , selon Tirnage de celui qui Ta créé , ou encore comme un renouvellement qui a % lieu dans l'esprit de notre entendement , afin que nous revêtions le nouvel homme qui est créé selon Dieu , en justice et en vraie sainteté (1). » Ces deux passages expriment la même vérité» Etre renouvelé en connaissance, ou plutôt pour la connaissance, signifie être renouvelé de manière à connaître ; et la connaissance renferme l'idée d'apercevoir et d'approuver ce qui est vrai et bon. Ce sens étendu

(I) * Pierre I, 4; Col. III, 10; Eph. IV K 93 & 94.

du mot est fréquent dans l'Ecriture , c'est dans ce sens qu'il est dit, que la vie éternelle est de connaître Dieu et Jésus- Christ» Une telle connaissance est la vie de l'âme } c'est la conformité avec Dieu dans l'acte d'apercevoir et d'approuver la vérité. On ne saurait se faire de Pexcellence morale une idée plus élevée que celle qui la fait consister dans l'harmonie de l'âme avec Dieu sous le double rapport du Jugement et de la volonté.

C'est ce que l'Apôtre , dans le passage parallèle, appelle justice et sainteté de la vérité (c'est-à-dire procédant de la vé^ rité.) L'Apôtre nous donne la même idée de la sanctification dans Rom. XII, 2 , où il est dit : « Soyez transformés par le renouvellement de votre esprit , afin que vous éprouviez (ou approuviez) la volonté de Dieu , qui est bonne, agréable et parfaite. » C'est ici la vraie rein gion d'approuver ce que Dieu approuve^

de haïr ce qu'il hait , et de prendre plaisir dans ce qui le réjouit. II résulte évidemment de là , que c'est l'homme tout entier qui est l'objet de ce changement.

11 s'agit d'acquérir des vues nouvelles , de nouvelles résolutions et des septiments nouveaux* L'esprit devient de plus en plus éclairé , la volonté plus soumise à la règle du devoir, et les affections plus complètement purifiées.

L'Apôtre dit dans son épître aux Thessaloniciens : « Le Dieu de paix veuille

vous sanctifier lui-même parfaitement f et que tout ce qui est en vous , l'esprit, l'âme et le corps, soient conservés irré- % préhensibles pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Le corps est l'objet de la sanctification à divers égards. H est le Temple du Saint-Esprit, et en conséquence il est saint en tant qu'il est consacré au service de Dieu et sanctifié par sa présence. De plus, nos corps sont

les membres de Jésus-Christ, et en vertu de cette union ils participent au bienfait de la rédemption pour être plus tard rendus conformes à son corps glorieux, d'ailleurs, l'influence du corps sur l'âme en bien ou en mal est si étendue , et dans notre état de chute si prédominante du côté du mal , qu'une grande partie de l'œuvre de la sanctiBcation consiste à combattre cette influence. « Je traite durement mon corps , dit saint Paul , et je le tiens assujetti de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moimême rejeté. » Et il déclare que c'est une des conditions de la vie spirituelle que les croyants mortifient par l'esprit les œuvres du corps. Ainsi, la sanctification du corps a lieu, non-seulement en l'enlevant au service du péché pour le consacrer au service de Dieu , mais aussi en réprimant le pouvoir qu'il exerce sur l'âme, en abaissant ses exigences et

en le soumettant à la volonté de l'homme régénéré.

Si l'œuvre de la sanctification s'étend sur toutes nos facultés, l'image de Dieu que cette œuvre a pour but de rétablir en nous, comprend toute espèce de bien moral. Les différentes grâces, telles que l'amour, la foi, la débonnaireté, etc., ne sont que des manifestations diverses d'un seul et même principe de bonté.

Non pas que la justice et la bienveillance ne soient deux dispositions distinctes , mais le même principequi rend un homme juste , le rendra aussi bienveillant. La religion ou le principe de la vie divine , tend à tous les genres de vertus, sans distinction ni préférence y de même que le principe de la vie, dans les plantes , ou dans les animaux , ou dans l'âme , conduit à un développement harmonique de l'ensemble dans chacune de ses parties. La racine s'étend à mesure que les

branches grandissent; le corps prend de l'accroissement en même temps que les divers membres; et le jugement et la mémoire acquièrent la même force que les autres facultés de l'esprit. Tout dépend de ce progrès harmonique. Si les bras conservaient des proportions enfantines tandis que le reste du corps grandit, il en résulterait un état de difformité et d'impuissance. Si le jugement et la sensibilité acquéraient tout leur

développement, tandis que la conscience et la mémoire resteraient dans l'enfance, l'esprit serait dans un état de complet désordre. La vie de l'âme est soumise à la même loi de développement symétrique. Si cette vie existe elle se manifeste par toutes les formes du bien moral. Il peut bien exister certain genre de vertus à l'exclusion des autres; mais alors ces vertus-là n'ont pas leur source dans la vie divine ou dans un cœur nouveau ;

car cette vie, par sa nature même, comprend l'excellence morale dans toutes ses manifestations. Nous sentons qu'il y a contradiction à dire qu'un homme est bon lorsqu'il est juste sans être bienveillant, parce que la bonté comprend tout ensemble la justice et la bienveillance. Il n'y a pas moins de contradiction à dire qu'un homme est religieux s'il n'est pas honnête, parce que la religion comprend l'honnêteté aussi bien que la piété- Le respect, l'amour, la soumission , la bienveillauce ne sont que des manifestations diverses d'un seul et même principe de sainteté. L'homme donc qui est renouvelé dans son entendement selon l'image de Dieu, est un homme en qui se trouve cette excellence morale qui se manifeste selon Jes occasions par toutes les grâces diverses du Saint-Esprit.

L'Ecriture met au premier rang l'a-

mour de Dieu , comme étant de toutes les manifestations de la vie spirituelle la plus étendue et la plus importante. Nous sommes constitués de manière à prendre plaisir dans des choses qui conviennent à notre nature; et quand nous apercevons dans les objets extérieurs des qualités appropriées à notre constitution , il en résulte pour nous un sentiment de plaisir et un désir de posséder ces objets.

L'âme les considère comme un bien qu'elle doit aimer pour lui-même , et plus ces qualités sont élevées, plus sont nobles et pures les affections qu'elles excitent,

La régénération a pour effet de nous

rendre capables d'apercevoir et d'aimer

la perfection infinie de la divinité, comme

embrassant tout espèce de bien et comme

appropriée aux facultés les plus élevées

de notre nature. Aussitôt donc que le

cœur est régénéré, il se tourne vers

Dieu et considère sa perfection comme l'objet suprême de sa joie et de ses désirs.

Toutefois, l'amour de Dieu ne consiste pas seulement à se complaire dans l'excellence morale. C'est l'amour d'un être personnel qui soutient avec nous les relations les plus intimes en* tant qu'il est l'auteur de notre existence, notre conservateur et notre directeur, notre Père qui, avec une tendre affection , veille sur nous , nous protège , pourvoit à tous nos besoins, entre en communion avec nous et se manifeste à no.us comme il ne le fait pas à l'égard du monde. Les sentiments de dépendance , d'obligation et de relation mutuelle entrent pour beaucoup dans cette affection si étendue qui est appelée l'amour de Dieu. Cette affection se modifie plus encore par la connaissance de la sagesse et de la puissance infinies de celui qui en est l'objet*

Ses attributs ont droit à l'admiration; et lorsque portés eux-mêmes à un degré infini, ils s'unissent à une bonté infinie , ils nous transportent dans cet état d'étonnement , d'admiration , de respect et de joie qui constitue l'adoration et qui ne trouve d'expression suffisante qu'en se prosternant dans la poussière. La religion n'a point d'attribut qui soit plus essentiel à sa nature que cette vénération pour Dieu. Toutes les fois que le ciel a été dévoilé à la vue de l'homme , il en a vu les habitants la face voilée et se prosternant devant le trône de Dieu. Et sur la terre le seul cuïtè agréable à Dieu est celui qui procède des cœurs humbles et contrits qui tremblent à sa Parole.

L'exercice de ces sentiments de respect et d'amour peut être accidentel , comme il arrive lorsque la pensée de Dieu passe et repasse dans l'esprit au

milieu des occupations de la journée; il peut aussi se prolonger davantage, lorsque l'âme se retire à l'écart du monde et se place dans la présence de Dieu pour adorer sa sainteté , pour lui rendre grâce de sa bouté et pour implorer sa bénédiction. L'esprit de dévotion qui distinguait si éminemment le Rédempteur se retrouve chez tous les siens. Tous ils sont portés à la dévotion; tous ils marchent avec Dieu; tous ils sentent qu'il est près d'eux et se réjouissent de sa présence; et tous ils entrent en communion avec lui dans leur culte public ou particulier. II n'y a point de religion en dehors de ce commerce de l'âme et Dieu , comme il n'y a point de vie corporelle sans mouvement et sans chaleur* Et de même que le corps tombe rapidement en dissolution lorsqu'il est mort, de même l'âme péril lorsqu'elle n'est pas en communion avec Dieu.

Cet amour de Dieu se manifeste par la soumission et par l'obéissance. La première est un humble acquiescement à la volonté de Dieu , qui suppose qu'on reconnaît que tous les commandements de Dieu sont justes, et que toutes ses dispensions sont sages et bonnes. Alors même qu'il est entouré de nuages et d'obscurité, la religion nous force à reconnaître que la justice et l'équité sont la base de son trône. L'âme régénérée, profondément convaincue de la sagesse , de la puissance et de la bonté de Dieu , s'abandonne entre ses mains en disant :

ta volonté soit faite. Sous l'influence de cet esprit , elle ne connaît pas le mécontentement et les craintes qui détruisent la paix et aggravent la culpabilité de ceux qui n'ont pas la même assurance que le juge de toute la terre ne fera rien qui ne soit juste et bon.

L'amour de Dieu .doit nécessairement

produire l'obéissance, parce qu'il suppose que l'àme se rapproche de Dieu en connaissant et en aimant ce qui est vrai et bon ; et l'obéissance n'est que la manifestation extérieure de ce rapprochement, de môme que la désobéissance prouve une opposition entre notre volonté et celle de Dieu. Là où se trouve la réconciliation avec Dieu ou le rétablissement de l'image divine, il doit y avoir conformité du cœur et de la vie à la volouté de Dieu. Il y a contradiction à dire qu'un homme est semblable à Dieu ou qu'il participe de sa nature , s'il n'aime pas ce que Dieu aime , et s'il ne fuit pas ce que Dieu hait. L'obéissance n'est que l'amour en action. Elle n'est autre chose que la voix , le regard et la livrée que l'affection doit nécessairement revêtir. Carl'amourde Dieu, comme nous l'avons déjà dit, n'est pas simplement l'attachement au bien moral ; c'est l'amour

cf un Père céleste; et dès-lors il emporte obéissance, non -seulement parce qu'il suppose une conformité de disposition entre le peuple de Dieu et Dieu luimême, mais encore parce que sa volonté est que nous soyions obéissants : c'est là ce qui lui est agréable; et l'amour n'est plus amour s'il n'a pour résultat de nous exciter à faire des efforts pour nous rendre agréables à celui qui en est l'objet.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, dit notre Sauveur, c'est celui-là qui m'aime. » L'obéissance n'est pas tant la preuve de l'amour qu'elle n'^st l'amour même exprimé et rendu visible. Le cours habituel de la vie d'un homme révèle l'état de son cœur plus fidèlement que ne peut le faire une explosion accidentelle de sentiment ou une profession verbale ; et quand le cours de la vie n'est pas conforme à la volonté de Dieu, le cœur est nécessaire-

meut en opposition arec cette volonté.

Si l'exercice de la vie spirituelle n'était pas accompagné de paix et de joie, ce serait là un fait sans analogie dans Tordre que Dieu a établi dans l'univers.

Le bonheur est si étroitement uni à cet exercice que PApôtre dit : « L'affection de l'esprit est vie et paix. » Le bien moral et le bonheur sont unis par un lien indissoluble; en sorte que toutes les émotions et toutes les affections qui sont bonnes sont accompagnées de jouissance.

Cette jouissance est proportionnée à la dignité des facultés dont l'exercice la produit. Les sens procurent le bonheur de l'ordre le moins élevé; viennent ensuite, en remontant l'échelle, les affections sociales ; puis les facultés intellectuelles; puis les émotions morales; puis enfin les affections religieuses. L'espèce

de jouissance qui accompagne cette dernière est plus élevée et plus pure, plus

satisfaisante et mieux appropriée à notre nature que toutes celles qui découlent d'une autre source. Aussi l'Ecriture assigne-t-elle à la communion avec Dieu une joie ineffable et pleine de gloire f et une paix qui surpasse toute intelligence.

La joie est donc un des fruits de l'Esprit, elle est un accessoire inséparable et un indice nécessaire de la vie spirituelle ; c'est comme une huile salutaire que le Saint-Esprit répand sur l'âme renouvelée, pour fortifier son activité, pour faire briller ses traits et pour lui faire servir et louer Dieu avec plus d'ardeur.

Comme l'image de Dieu , d'après laquelle l'âme est renouvelée , consiste dans l'excellence morale , c'est-à-dire dans un état d'âme qui nous porte à avoir de bons sentiments et à bien agir en toute occasion, il est impossible que ceux qui ont des vues et des sentiments justes à l'égard de Dieu , ne sentent pas

et n'agissent pas d'une manière bonne à l'égard de leurs semblables. Ceux que la Bible désigne comme des hommes bons sont j ustes et bienveillants autant qu'ils sont religieux. Notre devoir général à l'égard de nos semblables est renfermé dans ce commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » L'amour dont il s'agit ici , est cette disposition qui nous conduit à regarder notre prochain avec respect et avec bonté, et à chercher à lui faire du bien. Cet amour est patient et bon ; il ne porte point envie au bonheur des autres, mais il se réjouit de leur prospérité. Il n'est pas orgueilleux , et il ne se comporte pas d'une manière inconvenante. Il ne cherche pas son intérêt propre. Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il supporte tout, croit tout, espère tout. Sans cet amour tous les témoignages extérieurs de piété, tous

les dons, tous les actes extérieurs de re* noncementoudecharité sont sans valeur.

Il appartient essentiellement au caractère chrétien , car de même que f amour de soi qui nous pousse à la poursuite de notre propre bonheur appartient à notre nature d'homme , de même la bienveillance qui nous pousse â rechercher le bonheur des autres appartient à la nature du nouvel homme. Un nouvéi homme c'est un homme bon, un homme qui est comme Dieu , saint , juste, miséricordieux et bienveillant.

Ce caractère débonnaire et confiant que la religion ne manque jamais de produire , se modifie diversement suiyant le caractère des individus et les relations de la vie* La Bible n'enseigne nulle part que nous devions éprouver pour tous les hommes les mêmes sentiments. Tout en nous demandant de la bienveillance pour tous les hommes, elle respecte les rela-

tions particulières et plus intimes que les hommes soutiennent entr'eux , comme membres d'une même société ou d'une même famille. Et le même principe de religion -qui produit cette bienveillance générale, active aussi toutes les affections qui se rattachent aux différentes relations de la vie. Il nous apprend à ' rendre l'obéissance à qui nous devons l'obéissance, l'honneur à qui l'honneur, la crainte à qui la crainte. Il apprend aux hommes dans leurs rapports avec leurs égaux, à se montrer respectueux et aimables ; et dans leurs rapports avec leurs inférieurs, animés de condescendance , de justice et de bonté.

On ne saurait trop faire attention que ces vertus sociales sont une partie essentielle de la vraie religion. Le peuple de Dieu se compose de ceux qui sont comme Dieu : et Dieu, nous l'avons vu, est juste, miséricordieux, patient, abon-

dant en bonté et en vérité. Ceux donc qui sont malhonnêtes , rudes , orgueilleux , vindicatifs ou trompeurs, rte sont point son peuple; ils ne portent point l'image céleste, et ils n'ont jamais été renouvelés dans l'esprit de leur entendement. Que nul homme ne se berce de la fausse espérance que tout en étant mauvais père, mauvais fils ou mauvais voisin , il pourra être bon chrétien. Un chrétien est semblable à Christ.

Une autre forme sous laquelle le cœur régénéré ne peut manquer de se manifester, est le renoncement à soimême. « Si quelqu'un veut venir après moi , dit le Sauveur, qu'il- renonce à soi-même , qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » La nécessité du renoncement résulte , d'un côté, de ce que la satisfaction de nos propres désirs est souvent incompatible avec le bien des

autres ; de l'autre, .de* ce qu'un grand

nombre de nos passions et de nos désirs sont désordonnés ou mauvais. L'Evangfle nous donne pour règle que nous ne devons pas chercher notre propre satisfaction , mais que chacun doit procurer celle de son prochain pour produire l'édification; de même que Christ n'a point cherché sa propre satisfaction, mais étant riche il s'est fait pauvre pour nous, a6n que par sa pauvreté nous fussions enrichis. »

Les relations ordinaires de la vie nous fournissent des occasions continuelles d'exercer ce genre de renoncement. Celui qui est animé de la même disposition qui était en -Christ, au lieu d'être égoïste, est prêt à faire céder son avantage propre à celui des autres , à laisser de côté sa satisfaction personnelle et même ses droits pour le bien des autres. Si la viande est un sujet de scandale pour son frère, il ne mangera jamais de viande.

Auprès des Juifs il se fait Juif, afin de gagner les Juifs. Avec les faibles il con r sent à paraître faible , afin de gagner les faibles. Il ne vit point pour lui-même.

Son propre intérêt n'est point le but principal de ses efforts. Cette recherche désintéressée du bien des autres qui distingua si éminemment le Rédempteur, caractérise aussi tous ses disciples , car Dieu les a prédestinés à être conformes à l'image de son Fils.

Le renoncement qui est nécessité par la corruption de notre nature, est plus fréquent encore. En conséquence de la chute, les sens ont usurpé sur l'âme un empire illégitime : ils sont insatiables dans leurs exigences et deviennent d'autant plus importuns, qu'on leur cède davantage. 11 est contraire à la raison de nous soumettre à l'empire de ces principes inférieurs de notre nature ; car la raison elle-même nous enseigne que

lorsqu'un homme est gouverné par son corps il est serviteur d'un esclave. Si donc l'homme rationnel lui-même sent l'obligation de soumettre le corps à l'esprit, à plus forte raison l'homme religieux ne saurait être sensuel'. Ceux qui sont chrétiens ont mortifié la chair avec ses affections et ses convoitises , ils tiennent leur corps assujettis*

Tout ce qui appartient au corps est, dans un certain sens, extérieur, les mauvaises dispositions du cœur sont dans un rapport plus intime avec l'âme. L'orgueil, la vanité, l'envie, la malice , l'amour de soi, sont de9 ennemis plus redoutables que les penchants purement corporels. Us sont plus forts, plus persistante et plus capables de séduire. Comme ces dispositions sont profondément enracinées dans notre nature, le dépouillement du vieil homme qui est corrompu ou la destruction de ses mauvais princi-

pes est de tous les devoirs chrétiens le plus difficile; et c'est ce qui fait de la vie du croyant un combat continuel. La chair lutte contre l'esprit , et l'esprit contre la chair, en sorte qu'il ne fait pas ce qu'il devrait faire. Toutefois dans ce combat le bon principe remporte habituellement, quoique non constamment, la victoire ; car les enfants de Dieu ne marchent pas selon la chair, mais selon l'esprit.

Ce résumé rapide suffit pour montrer que les vrais chrétiens sont renouvelés selon l'image de Dieu pour être saints ; ils aiment Dieu, ils se plaisent à contempler ses perfections ; Hs acquiescent à sa volonté, ils se réjouissent d'être ses créatures et ses enfants. Ils ont un esprit habituel de dévotion et vivent dans la communion avec le Père de leurs

esprits et avec Jésus-Christ son Fils. Enfants obéissants ils ne se conforment plus

à leurs anciennes convoitises; mais comme celui qui les a appelés est saint , eux de môme sont saints dans toute leur conduite. Comme ils porteut l'image d'un Dieu juste et miséricordieux, ils sont honnêtes et bienveillants envers leurs frères, ne cherchant pas leur propre intérêt, mais celui des autres. Et comme cette victoire sur eux-mêmes et cette conformité à l'image de Dieu ne sauraient s'obtenir sans renoncement et sans combats , ils entretiennent une lutte continuelle contre les péchés les

plus subtils du cœur.

Quelques-uns diront peut-être que si c'est là ce qu'il faut entendre parla piété, 11 n'y a point d'homme qui soit pieux.

Il est vrai qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. La porte est étroite et le chemin est étroit qui mènent à la vie , et il y en a peu qui les trouvent. L'idée que nous nous formons de la piété doit

être prise dans la Bible et non dans la vie de ceux qui font profession de piété.

On ne peut nier que la Bible ne fasse consister la religion dans rameur de

Dieu et des hommes j et Ton ne peut mettre en doute que l'amour de Dieu doit Nécessairement se manifester par le respect 1 , la dévotion et l'obéissance, comme l'amour des hommes par la bien* veillance et la justice. D'un autre côté,, la conscience nous dit que, ni la profession extérieure, ni l'assiduité au culte divin ne peuvent nous donner droit au titre de chrétien si nous ne sommes pas réellement dévoués et obéissants à l'égard de Dieu, justeset bienveillants à l'égard de nos frères, purs et sévères à l'égard de nous-mêmes. Mais s'il est certain que ces traits sont tous essentiels au caractère du chrétien, il ne s'en suit pas, que tous les chrétiens les possèdent au môme degré. Il existe la même djver-

sitédans leurs caractères chrétiens, que dans leurs constitutions physiques , leurs facultés intellectuelles, ou leurs positions sociales. Mais de même que tous les hommes au milieu de cette variété infinie, ont pourtant jusqu'à un certain point les mêmes traits, les mêmes facultés et les mêmes affections, de même tous les chrétiens, bien qu'ils puissent différer quant à la force ou à la combinaison des diverses grâces chrétiennes, sont tous conduits par l'Esprit, et portent tous les fruits de l'Esprit.

. Après avoir tracé cette esquisse de la nature de la vraie piété, il convient de dire quelques mots de sa nécessité. Il ne faut jamais oublier que la sainteté est d'une nécessité absolue. À l'égard des autres choses, quelques-unes, bien que désirables, ne sont pas indispensables , et d'autres , bien que nécessaires dans les circonstances ordinaires, ne sont pas

d'une nécessité universelle et absolue.

Mais la sainteté est tellement nécessaire que le salut sans elle est impossible , parce que le salut consiste principalement dans cette transformation du cœur qui est la sainteté. Jésus est un Sauveur parce qu'il sauve son peuple de leurs péchés. Ceux donc qui ne sont pas sanctifiés ne sont pas sauvés. Dire qu'un homme peut être en état de salut tout en vivant dans le péché , implique une contradiction tout aussi complète, que de dire qu'un homme peut se porter bien, tout en étant malade.

L'état de salut est un état de sainteté* Ces deux choses sont inséparables, parce que le salut n'est pas simplement la rédemption à l'égard de la pénalité du péché , mais aussi à l'égard de sa puissance. C'est une délivrance de l'asservissement aux appétits du corps et aux mauvaises passions du cœur ; c'est Fin-

— Introduction dans la faveur et dans la communion de Dieu ; c'est le rétablissement de l'image divine dans l'âme , en sorte qu'elle aime Dieu et prend plaisir dans son service. Ainsi le salut commence déjà sur la terre. « En vérité , en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. » Tel est le lan- gage du Sauveur. L'affection spirituelle est la vie : l'affection de la chair est la mort. L'idée qu'un état de grâce soit compatible avec une vie de péché est de toutes les illusions la plus inexcusable , parce qu'il n'en est point qui soit en opposition plus directe avec les doctrines de la Bible, « Sans la sanctification personne ne verra Dieu. » Quelles que puissent être nos relations ecclésiastiques , notre profession ou nos privilèges, si nous ne sommes pas saints de cœur et de vie ; si nous ne sommes pas dirigés habituellement par le désir de

faire la volonté de Dieu ; si nous ne faisons pas notre joie de goûter sa communion et d'être rendus conformes à son image ; si nous ne sommes pas conduits par l'Esprit , et si nous ne montrons pas dans notre vie la charité , la joie , la paix, la patience, la douceur, la bonté, la/oi, et la tempérance que cet Esprit ne manque jamais de produire, alors nous ne sommes pas des hommes religieux, et nous ne sommes pas non plus en état de salut.

La Bible ne connaît pas de chrétiens orgueilleux, égoïstes, avares ni impurs.

Les chrétiens sont l'objet d'une vocation sainte: ils sont lavés, justifiés et sanctifiés au nom du Seigneur Jésus et par l'Esprit de notre Dieu; ils sont saints, sanctifiés en Jésus-Christ; ils s'affectionnent aux choses spirituelles; ils ont cruciûé la chair avec ses affections et ses convoitises j ils sont pauvres en esprit ,

débonnaires , purs de cœur, miséricordieux; ils ont faim et soif de la justice.

Non qu'ils aient déjà atteint le but ou qu'ils soient déjà parvenus à la perfection, mais ils font leurs efforts pour y parvenir } et c'est pour cela aussi que Jésus-Christ les a pris à lui, oubliant les choses qui sont derrière , et s'avançant vers celles qui sont devant, ils courent vers le but , vers le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. Ils se conduisent comme étant citoyens des cieux, d'où ils attendent aussi le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps vil pour le rendre conforme à son corps glorieux , par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses.

De plus, il est nécessaire que le peuple de Dieu soit saint, parce que Dieu est saint. La communion ne peut exister sans la similitude des sentiments. Si

Tune des deux parties aime ce que l'autre hait , approuve ce qu'elle condamne, désire ce qu'elle repousse , il ne peut y avoir en tr'elles de rapprochement. Quelle concorde peut-il exister entre Christ et Belial? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres? Aussi longtemps que nous sommes dans un état que Dieu désapprouve j aussi longtemps que nous n'aimons pas ce qu'il aime, il ne saurait y avoir communion entre lui et nous. C'est pourquoi Christ dit : « Nç t'étonne point de ce que je t'ai dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit. »

L'esprit charnel est inimitié contre Dieu; et tant qu'il a le dessus il est impossible que nous jouissions de sa présence. Puisque Dieu est la seule possession qui puisse suffire à notre âme ; puisque sa faveur et sa communion sont essentiel-

les à Dotre bonheur; puisque le ciel consiste à voir Dieu , à l'aimer et à le servir, il est clair, qu'à moins d'être sanctifiés, nous ne saurions être sauvés ; nous ne saurions jouir de la société , des occupations ou des plaisirs du peuple de Dieu dans le ciel, si nous ne trouvons pas notre bonheur dans ces choses dès ici bas. La nécessité de la sainteté résulte donc de la nature même de Dieu ; aussi, est-elle absolue et invariable*

Enfin nous savons que la sainteté est le but de la rédemption. « Christ s'est donné pour son église, afin qu'il la sanctifiât et qu'elle fût sans tache. » « Il est mort lui juste pour nous injustes, afin de nous amener à Dieu. » Le but de la rédemption n'est pas atteint à l'égard de ceux qui demeurent dans le péché ; en d'autres termes, ils ne sont pas rachetés.

C'est donc renverser tout l'Evangile et rendre inutile la mort de Christ , que

de supposer que la rédemption puisse se concilier avec le péché. Le but de la mission et des souffrances du Sauveur serait entièrement manqué si son peuple n'était pas rendu participant de sa sainteté $ car ils ne font briller la gloire de Dieu qu'en tant qu'ils sont rendus saints, et la récompense du Rédempteur est d'amener son peuple à la ressemblance de sa propre image, « afin qu'il soit le premier né entre plusieurs frères. » Tout enfant de Dieu sent que le charme et la gloire de la rédemption c'est la délivrance de l'état de péché et la ressemblance avec Dieu. Là est la

couronne de justice, le prix de la céleste vocation que Dieu lui adresse, la bénédiction glorieuse en vue de laquelle il souffre et il prie* Lui dire qu'il peut être sauvé sans devenir saint , c'est confondre toutes ses idées dusalut et anéantir toutes ses espérances* La nature du

salut, le caractère de Dieu, les déclarations de sa Parole, le but de la rédemption, tout se réunit pour prouver que la sainteté est d'une nécessité absolue, tellement que si nous ne sommes pas saints , quoique nous puissions être d^illeurs, ou quoique nous puissions posséder, nous* ne sommes pas enfants de Dieu , ni héritiers de son royaume.

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