CONCLUSIONS
La méthode onomastique et linguistique préconisée par nous dans les recherches préhistoriques, parallèlement aux méthodes archéologiques et anthropologiques, nous a donné la possibilité de déceler le caractère ethnique de plusieurs peuples préhistoriques et historiques ainsi que de donner l’étymologie de nombreux noms de lieux.
Cette méthode nous a permis d’appliquer à la préhistoire les règles d’observation employées par les sciences naturelles évolutives et d’en dégager plusieurs constantes, dont voici les principales :
1. Les peuples pré-aryens, chasseurs et pêcheurs, errant sur l’espace de la Grande Europe i), n’éprouvaient
(I) Nous rappelons ici que sous le nom de la Grande Europe, nous désignons, à Tinstar de H. Weinert, l’Europe l’Asie antérieure -f l’Afrique du Nord, correspondant à l’aire d’extension des Proto-Aryens (cf. p. 155).
La Préhistoire
aucun besoin de donner des noms aux lieux où ils campaient temporairement. Il n*existe donc pas, en Grande Europe, des noms de lieux pré-aryens.
2. Les noms de lieux les plus anciens de la Grande Europe ont été créés par les Proto-Aryens, propagateurs de l'agriculture, de la domestication des animaux et de l'usage de la vie sédentaire.
3. Les noms de lieux sont généralement les noms techniques de peuplement, créés en série i), ils se répètent sur tout l'espace de la Grande Europe, de la péninsule Ibérique jusqu'aux Indes :
a) les noms de lieux à la racine ar-^) «labourer» désignent des localités aptes au labour. Les innombrables noms de lieux dérivés de la racine ar- s'étendent à travers tout l'espace de la Grande Europe, de l'Atlantique jusqu'au Gange. Par ex.: Arsa 2), Arsenna, Araea, Araceli, Arandis, Auraura, Artahris — en Espagne ; Araea, Ara, Arras, Artois, Arar (auj. Saône), Arauris, (auj. Hérault), Arga, Argentorate (auj. Strasbourg), Artay (Isère), Arise — en France ; Aar, Aarherg, Aarbourg, Argovie — en Suisse ; Aarhus, Arce — au Danemark ; Eire (Irlande) ; Arad — en Transylvanie ; Arta — en Grèce ; Aras-Araxe, fl. en Transcaucasie, lac Aral, les noms des pays : Aria, Eire ;
b) les noms de lieux aux racines ar- « labourer » et gan- (yti) « pâturer », pour désigner les localités aptes aux labours et aux pâturages. Par ex. : Argantia, Aragon Argant(a)onion en Espagne, Argonne Argentorate (auj. Strasbourg), en France ;
c) les noms de lieux à la racine ar-(ti) « labourer », précédés ou suivis des négations ne, be, séparément ou
1) La signification des racines proto-aryennes est décelée grâce à la méthode hittito-lituanienne, à Taide des langues lituanienne et hittite (cf. p. 85 - 89), les plus proches de Taryen primitif.
2) En hittite arsis « champ cultivé » (cf. p. 35).
toutes les deux à la fois, désignent des localités inaptes ou peu aptes à la culture. Par ex. : Ariana, Aran(ey Iran(e), Val d'Aran(e) (dans les Pyrénées), les îles Aran(e) (près de Tlrlande), presqu’île Arran(e) (en Ecosse), Ne + be + ara = Navarra (en Espagne), Navarre (en Italie). Ara + be = Arabie (Asie), Bess- -arable, Fuent-arabie (Espagne), ou sous la forme fléchie : Arve (fl. en Haute-Savoie) ;
d) les noms de lieux à la racine nés-, nés- (ti) « porter, transporter > désignent des lieux de campement des peuples proto-aryens pendant leurs migrations à la recherche des terres aptes à la culture, par ex. : Nessis {auj. Sotchi, Caucase), Nesiotis à Test de la Volga, Nessa (Anatolie), Nissa - Nissaja (auj. Nisch - Balkans), fl. Nessus (auj. Maritza en Thrace), Neisse (en Silésie), N este (auj. Gave, en France), Nestalas (dans les Pyrérénées) ;
e) les noms de lieux à la racine g^i/-(as) «fin, bout » désignent les étapes de l’extension des peuples protoaryens, par ex. : Galice (en Espagne), Gaule (lat. Gallia), Bourdi-GûZa (auj. Bordeaux), pays de Galles (Angleterre), Galloway (Ecosse), Gahcie, Galatz (Roumanie), Gallipoli (Turquie), fl. Halys (Anatolie), Halep (auj. Alep, Syrie), Gallilée, Galgal (Palestine) ;
f) les noms de lieux à la racine bud-(eti) « veiller, surveiller > désignent les endroits « stratégiques » ayant une grande importance pour le peuplement, les embouchures des fleuves, les défilés dans les montagnes, entrées des vallées, par ex. : Budri-gala = Burdi-gala auj. Bordeaux) « fin des veilleurs » (dans l’embouchure de la Garonne), Budavia = Batavia « pays à surveiller >, dans l’embouchure du Rhin, Budr-anga = Burdanga = Bardanga « entrée des veilleurs » dans l’embouchure de l’Elbe, Boudry dans le défilé du Jura (en Suisse). Les peuples qui étaient chargés.
La Préhistoire
dans Tantiquité, de surveiller les endroits « stratégiques » s'appelaient Budines (Hérodote II, 34), il y avait des Budines au Caucase du nord pour surveiller le passage de Darjal, et aussi sur la Désna, afl. du Dniepr, pour surveiller le passage de ce fleuve et protéger les Terres Noires des incursions des nomades ; l'entrée de la vallée du Danube entre les Karpates et la Mer Noire, en Bessarabie, s'appelait Budiak ; g) les noms de lieux composés de deux racines, dont la deuxième désigne « cours d'eau » uba, upa, apa et la première la qualité de l'eau «douce» sald-, «potable» ak(u), «amer» karL(us), par ex.: Salduba «eaux douces», Ak(t)uha, Akuba «eaux potables», Kartuba « eaux amères ».
La deuxième racine uba, upa, apa a souvent fléchi en uva, ava, ova et a pris le caractère de suffixe, à l'aide duquel sont formés par l'analogie d'innombrables noms de lieux en Europe. Dans les pays slaves la finale a est tombée, ce qui donne des noms de lieux en ov, ev, par ex. : Rostov, Saratov Kiev, etc. Dans les pays germaniques les noms de lieux à la terminaison au, par ex. : Soldau, Glogau, Labiau, Tapiau, etc. k) les noms de lieux composés avec la racine var- « enceinte », pour désigner les « lieux fortifiés », ensuite les noms de villes. Par ex. : Temesvar, Ungvar, Kaposvar en Hongrie, Saladuvar en Anatolie, Peschevar aux Indes.
4. Les noms de p^euples qui nous ont été transmis par les auteurs de l'antiquité représentent généralement soit leur fonction et leurs occupations, soit le degré de leur soumission :
a) les noms de peuples à la racine ar-ti « labourer » désignent les peuples adonnés à l'agriculture, par ex.: Artabres, déformés par les Celtes en Arotrèbes ou Atrebates ;
Nous avons indiqué dans Tavant-propos (cf. p. 16 et suiv.) que le nom de Aryas, Areï (de Homère) dérive de cette racine qui devait signifier « laboureurs » et Barbares hommes ignorant la culture, incultes (sens péjoratif) ». h) les noms de peuples à la racine gan- (yti) « pâturer» désignent des peuples pastoraux, par ex. : Gantahres, plus connus sous la forme fléchie Cantabres ;
c) les noms de peuples à la racine bast- (ytis) « errer » désignent des peuples errants, sans résidence fixe, par. ex. : BastiteSj Bastides, Bastarnes, Bastuli ;
d) les noms de peuples composés de deux racines : guo(vs) € bovidé » et dû « posséder » désignent des peuples possesseurs, éleveurs de bovidés, voire les peuples pastoraux, par ex. : Gudai, peuples Gudiques, peuples de steppes.
Ce nom est le nom générique de nombreux peuples de Tespace Eurasiatique. Les annales akadiennes (Babylone, Assyrie) Font déformé en Guti, Hatti ; la Bible — en Geth, Heth, Hittim ; Hérodote — en Gètes ; à Tépoque historique ce peuple est connu en Europe sous le nom de Gots. (Cf. pp. 141 -155) ;
e) les noms de peuples à la racine kast(i) « creuser la terre » désignent des peuples qui tout en étant pasteurs travaillaient aussi la terre à la houe (sans charrue), par ex.: Kass(t)ites, Kassites, (Cosséens), Kastiles.
Kassites, qui ont conquis Babylone en 1750 av. J.-C. et y restèrent maîtres pendant cinq siècles, se considéraient d'appartenir au grand peuple de Gudai-Guti, car dans leur Panthéon la divinité ethnique Hudha dérivé de Gudas, Gudai, occupait la place d'honneur à côté de la divinité Kassu dérivé de Kassites, protectrice de la tribu ;
f) les noms de peuples à la racine ingau- (ti) « recevoir » désignent des peuples tributaires, dont on reçoit le tribut, par ex. : Ingauni, Ingaunes, Ingévones ;
La Préhistoire
g) les noms de peuples à la racine pict- (as) « méchant, mauvais » désignent des peuples insoumis, par ex. : Pietés, Picti, Pictavi, Pictones ; k) les noms de peuples composés de deux racines, dont la deuxième (im)ones (lat. homines) « hommes » et la première désignant la qualité : pict~ « méchant », istev- « expatrié », ingau- « tributaire » — Pictones, Istévones, Ingévones.
La deuxième racine (zm)ones perdant la signification de la racine devient suffixe -ones, caractérisant les noms de peuples. A Taide de ce suffixe sont formés les noms de nombreux peuples par Tanalogie, par ex. : Teutones, Gutones, Svéones, etc.
5. Les noms de peuples créés pour les besoins techniques de peuplement perdent ensuite le caractère technique et acquièrent le caractère ethnique.
Ainsi nous pouvons constater que les noms de lieux les plus anciens de la Grande Europe, de TAtlantique jusqu'au Gange, sont formés en aryen primitif d'après les mêmes lois linguistiques. De même les noms de peuples.
L'identité onomastique de tout espace grand-européen est étonnante : les mêmes noms de lieux et de personnes, nous les retrouvons en Ibérie, en Gaule, en Germanie, en Eire, en Lituanie, en Anatolie, en Syrie, en Iran et aux Indes. On a l'impression que ces noms ont été donnés par les mêmes peuples qui se déplaçaient de l'ouest à l'est.
Pourquoi de l'ouest à l'est? Parce que les noms de lieux à la racine nés-, gai- et bud-, marquant les étapes d'extension des Proto-Aryens sur l'aire de la Grande Europe, indiquent leur avance de la côte de l'Atlantique jusqu'au Gange i).
(1) Il y a aussi des indices que les Proto-Aryens s'étendirent au delà du Gange, en Birmanie et au Siam, les classes dominantes de ces deux pays sont d'origine aryenne.
P.-J. Gabrys
La parenté des langues lituanienne, hittite et ibérienne qui semblent être les dialectes d'une même langue (cf. pp. 189-197), prouve qu'à l'époque préhistorique devait exister en Europe un peuple parlant l'aryen primitif ; il était colonisateur et propagateur de l'agriculture, car les noms de lieux indiquent qu'il sériait des localités qu'il occupait en aptes et inaptes à la culture et les peuples qu'il soumettait de gré ou de force en artahres « laboureurs », en gantahres « pâtres » de même qu'en hastites « errants » probablement chasseurs et pêcheurs.
Les peuples soumis étaient sériés aussi d'après le degré de leur soumission. Ceux qui consentaient à vivre dans les agglomérations (probablement primitivement — Kjôkkenmôddings) furent appelés Geri-(z)mones «bons gens » déformé ensuite en Germiones et Germaines ; ceux qui payaient le tribut Ingauni - Ingévones et insoumis « méchants » Pietés ou « expatriés » Istévones.
Suivant le degré de soumission, nous pouvons juger du degré de l'aryanisation. Ceux qui consentaient à vivre dans les agglomérations et pratiquaient l'agriculture ont subi l'aryanisation plus complète que les tributaires ou insoumis ; ces derniers (Pietés), réfugiés dans des endroits inaccessibles, pendant de nombreux siècles, furent réfractaires à toute aryanisation. (Cf. pp. 217-219).
Ainsi sur l'espace de la Grande Europe il y avait des peuples plus ou moins aryanisés qu'on peut qualifier d'aryanisés de 1er, Ile ou Ille degré et des peuples non aryanisés, pendant longtemps réfractaires à toute aryanisation.
Il y a en Europe encore des peuples non aryanisés, les peuples finno-ougriens du nord-est de la Russie et les Lapons de la Suède et de la Norvège sont le reliquat des peuples préhistoriques préaryens.
Tous les peuples aryens de l'Europe descendent de ces peuples primitifs de l'Europe préhistorique plus ou
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moins aryanisés. Par conséquent, ni en Europe contemporaine, ni nulle part ailleurs, n'existent des Aryens pur sang.
Ceux qui veulent trouver des Aryens pur sang doivent remonter à l'époque préhistorique, 25.000 ans en arrière, jusqu'à VHomme Diluvial que nous avons identifié avec la race de Cro-Magnon (cf. pp. 185-189).
Nous sommes en droit d'admettre que les Cro- Magniens qui étaient les témoins des phénomènes diluviaux de postglaciation ont pu donner les noms aux monts du Jura suisse, de Souabe et de Franconie de même qu'aux monts de Jurjura de la Grande Kabylie en Afrique du Nord. La création de ces noms de lieux ne déroge pas à la règle générale exprimée plus haut : c'est un nom technique de peuplement créé en série.
Ce nom désigne la « mer » en aryen primitif, par conséquent, nous pouvons admettre que les hommes qui ont appelé ainsi les monts qui bordaient les « mers diluviales » à l'époque postglaciaire pouvaient être des Proto- Aryens dans le sens ethnique du mot.
Nous avons cru pouvoir admettre aussi que des Cro- Magniens, qui partirent vraisemblablement de la péninsule ibérique, à la conquête et la colonisation du continent, furent en même temps les constructeurs des mégalithes et propagateurs de l'agriculture et de l'usage de la vie sédentaire en Europe. Les données archéologiques, anthropologiques et linguistiques concordent pour appuyer notre hypothèse (cf. pp. 185-189 et suiv.).
N'appelle-t-on pas en Espagne les mégalithes areas 1 La racine ar- ne signifie-t-elle pas « labourer » ? Plusieurs préhistoriens admettent déjà que les mégalithes auraient pu avoir un rapport avec l'agriculture.
Les mégalithes auraient pu marquer aussi les étapes de l'extension des Cro-Magniens sur le continent.
N'appelle-t-on pas les mégalithes en France (en Bre-
tagne) galgal? Nous avons vu que sur Tespace de la Grande Europe il existe de nombreuses localités portant les noms à la racine gai- et marquant des étapes de Textension des Proto-Aryens. Bretagne, où le développement des mégalithes est très considérable, était, d'après Avienus (cf. p. 215), un point de relai très important, entre Tartessos — Eire et Albion. C'était donc une étape importante pour les Cro-Magniens mégalithiques qui est marquée par de nombreux Galgals — Mégalithes.
Nous avons identifié des Cro-Magniens-Mégalithiques avec les Tartessiens. Car la tradition, la légende et l'histoire s'accordent pour assigner dans l'antiquité à Tartessos la plus grande importance. Nous avons cité ici (p. 205), l'opinion de l'historien de la Gaule, M. C. Jullian ; il affirme que le royaume de Tartessos qui s'était formé dans la vallée de l'Andalousie, vieux, disait-on, de six mille ans, était le seul équivalent occidental de grands empires de VOrient.
C'est d'ici que Cro-Magniens-Mégalithiques purent partir à la conquête, la colonisation et la civilisation de la Grande Europe dans les trois directions : longeant la côte de l'Atlantique, pénétrant dans le continent par les vallées du Rhône, du Rhin, du Danube, s'enfonçant dans la Méditerranée et longeant la côte de l'Afrique du Nord.
Au cours de cette étude, nous avons suivi deux premiers courants, dont le premier — le courant atlantique engendra les peuples Nordiques, le second — courant continental — les peuples Gudiques, nous avons négligé, faute de place, lie troisième courant méditerranéen qui engendra les peuples Pélasgiques.
Les données archéologiques confirment notre hypothèse que la Tartesside fut un centre important de civilisation, à l'époque préhistorique. C'est d'ici que se propagèrent en Europe non seulement les mégalithes, mais aussi les cuivres de l'Alméria et les bronzes d'El Argar.
La Préhistoire
Les données anthropologiques confirment également notre hypothèse : c*est Finfluence des descendants de Cro-Magniens qui persiste dans la vallée de l'Andalousie, où la dolichocéphalie est bien prononcée et où jusqu'à nos jours, les hommes de haute stature sont nombreux, de même qu'en pays nordiques, en Scandinavie, partout où la race de Cro-Magnon pénétra, elle laissa des traces anthropologiques : la dolichocéphalie et la haute stature.
Le courant continental après avoir engendré les peuples gudiques se révéla le plus dynamique. Ce courant a atteint les limites de la Grande Europe (Asie Mineme, Syrie, Palestine) et les dépassa en allant par l'Iran jusqu'aux Indes, Birmanie et Siam.
Ce même courant, après avoir créé la Civilisation Danubienne, avec ses dérivées, les Civilisations Auniétitzo- Lusacienne et Butmir-Vincha, contribua puissamment à l'aryanisation de l'Europe même, en rejoignant au nord le courant atlantique et au sud le courant méditerranéen.
M. E. Pittard, dans les conclusions de son étude ethnologique : Les Races et VHistoire (p. 582), souvent citée ici, indique « quelques-uns des problèmes importants qui restent offerts à nos recherches ».
« C'est d'abord, dit-il, l'origine des populations aux yeux bleus, rencontrées dans une grande partie de l'Asie centrale et surtout occidentale. Sont-elles un reliquat des bandes germaniques ayant passé, à une date connue, en Asie Mineure ? Faut-il, pour expliquer la présence de ces individus, remonter plus loin encore dans le passé et faire intervenir les populations néolithiques de la Russie méridionale, prédécesseurs possibles de la race germanique ? Mais quelle est Vorigine première de cette race que nous
nous plaisons à considérer comme européenne » (souligné par nous).
Nous espérons que notre exposé concernant Torigine occidentale des Proto-Aryens donnera, au moins partiellement, la réponse aux problèmes soulevés par Téminent ethnologue genevois qui semble être Torientaliste décidé.
La présence « des populations aux yeux bleus en Asie centrale et occidentale» ne s'explique-t-elle pas par le courant cro-magnien mégalithique continental qui créa dans la vallée du Danube moyen la race Brunn-Prédmost. Cette race puissante, qui contribua à la création des Nordiques, n'engendra-t-elle pas des peuples gudiques qui envahirent dès Néolithique les steppes Eurasiatiques, l'Asie Mineure et la Syrie en y créant l'Empire Hittite et assujetissant Babylone dès le milieu du Ille millénaire av. J.-C. ? Les annales akadiennes ne les appellent-elles pas Guti (le nom de GudûGudai déformé) et n'indiquent-elles pas qu'ils étaient namruti « clairs, blonds » ? (cf. p. 99). Les noms de rois et de divinités des conquérants des empires d'Orient -Guti et Kassites n'indiquent-ils pas qu'ils étaient Proto-Aryens ? (c£. pp. 92-99). Les noms de lieux aux racines : nés-, gai- et bud- ne marquent-ils pas les étapes par où les Proto-Aryens sont arrivés de l'Europe, par des vagues successives, en Asie Antérieure, les uns par les Balkans et les Détroits, les autres par le Caucase et en contournant la mer Caspienne par l'Asie Centrale?
Ce furent justement les peuples gudiques-gotiques qui, se greffant sur le courant mégalithique atlantique, contribuèrent grandement à la formation des peuples Nordiques et Germaniques (cf. pp. 129-180).
Quant à la formation de la race « que nous nous plaisons à considérer comme européenne », elle fut probablement formée par le métissage de la race de Cro-Magnon avec celle de Laugerie-Chancelade en Europe occidentale.
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de la race de Cro-Magnon avec celle de Maglemose et d'Ertehœllien dans le nord de l’Europe et celle de Cro- Mügnon avec des Postnéanderthaliens du centre de l’Europe qui donna la race de Brunn-Prédmost,
Il y avait aussi, en plus, de nombreux remétissages parmi les peuples « cousins » qui, en vertu de la loi anthropologique de Pittard, ne laissa point de traces (cf. p. 241).
Par conséquent, aucune race, aucun peuple en Europe et nulle part ailleurs ne peut prétendre d’être protagoniste des Aryens dans le sons ethnique du mot. Ce privilège nous sommes obligés de le laisser à VHomme Diluvial qui était témoin des phénomènes de postglaciation en Europe et en Afrique du Nord, il donna le nom de Jura et Jurjura aux monts bordant les rives des « mers diluviales » (cf. pp. 125, 126, 188). Ces hommes diluviaux nous les avons identifiés avec les Cro-Magniens. Par conséquent, ceux qui veulent trouver le berceau des Aryens, doivent aller le chercher dans la bienheureuse vallée d’Andalousie ou en Kabylie (Afrique du Nord), et ce n’est pas sûr qu’on le trouve, car l’origine de la race de Cro-Magnon est inconnue.
M. E. Pittard (Op. c. p. 582) pose encore une autre question brûlante : « Comment interpréter, dit-il, un cas unique dans l’histoire du monde : ce qui s’est passé dans l’Attique entre 500 et 300 av. J.-C. alors que surgit, dans un laps de temps relativement si court, une si merveilleuse floraison d’hommes illustres ? Concentration des meilleures races, a-t-on dit, mais quelles races ? »
Nous n’avons pas pu développer dans cette étude l’exposé concernant le courant cro-magnien mégalithique méditerranéen qui engendra des peuples Pélasgiques de l’Afrique du Nord, des îles de la Méditerranée, de l’Egéide, du Péloponèse et de l’Attique. Ce courant a atteint aussi la Palestine et la Syrie.
Il existait, en Attique, une civilisation pélasgique assez évoluée au début du Ile millénaire av. J.-C. Lorsque Graïcoi, le produit du courant cro-magnien mégalithique continental, sont arrivés de Tlllyrie en Attique, ils fusionnèrent avec leurs c cousins » Pélasges. Ce métissage, en vertu de la loi biologique de la sélection naturelle, donna cette belle race grecque, physiquement et spirituellement vigoureuse, qui créa des valeurs immortelles dont hérita la civilisation européenne.
La mythologie, la légende et la tradition témoignent que les conquérants Graïcoi traitèrent Pélasges leurs € cousins » conquis, à Tinstar des Hittites, après la conquête des Nessites : « aux habitants il (le roi hittite, Pithâna), ne fait de mal à aucun, il les traite comme ses père et mère » (cf. p. 120).
Ceci se passait deux mille ans av. J.-C. Et à présent, presque deux mille ans après J.-C., comment se traitentils, les peuples « frères et cousins » ?...
Nous laissons au lecteiu* le soin d'y répondre.
Notes bibliographiques
Ces notes complètent les indications données dans le texte.
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Errata
Page 3L douzième ligne, lire: kanésite au lieu de kasénite.
Page 37, quinzième ligne, lire: terre au lieu de serre.
Page 88, dix-neuvième ligne, lire: Tacite au lieu de Tcite.
Page 89, dernière ligne, lire: El-Argar au lieu de EUAgar.
Page 92, sixième ligne, lire: Hatti au lieu de Hati.
Page 94, douzième ligne, lire: SU^A au lieu de SA-A.
Page 94, vingt-troisième ligne, lire: possesseurs au lieu de possesseur.
Page 95, première ligne, lire: bamba au lieu de Bamba.
Page 112, avant-dernière ligne du renvoi, lire: celle au lieu de celles.
Page lis, deuxième ligne du premier renvoi, lire: domination au lieu de dénomination.
Page 128, quatrième ligne, lire: d*Ossètes au lieu des Ossètes.
Page 137, dernière ligne du renvoi, lire: Bemiski au lieu de Bereniski.
Page 155, vingt-quatrième ligne, lire: par au lieu de pour.
Page 165, vingt-deuxième ligne, lire : Germ. 45 au lieu de 15-
Page 181, dix-huitième ligne, lire: aux Indes au lieu de au Indes.
Page 192, dix-huitième ligne, lire: mentionnés au lieu de cités.
Page 195, troisième Ligne, lire: de suffixe au lieu de des suffixes.
Page 203, sixième ligne, lire: Arganthonios au lieu d*Arganthonios.
Page 210, septième ligne, lire: Pline au lieu de Plin.
Page 213, huitième ligne, lire: qui a pris au lieu de et prirent.
Page 221, troisième ligne, lire: dérivent au lieu de peuvent dériver.
Page 222, vingtième ligne, lire: or, en lituanien au lieu de or en lituanien.
Page 224, douzième ligne, lire : Pré-Germains au Ueu de Germains.
Page 224, dernière ligne, lire : pré-germaniques au lieu de germaniques.
Page 256, dix-septième ligne, lire : brachycéphales au lieu de brachycéphale ; vingt et unième ligne, lire : éthiopiens au lieu de éthyopiens et Vallois au lieu de Valois.
Index des noms d’auteurs
Adamman, p. 218*
Ancien Testament (Bible), pp. 31, 69.
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Aoberg, pp, 182, 252.
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Hrozny H., pp. 9, 10, 11, 30, 31, 71, 72*
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JuUian C., pp. 204, 212. 215,
Kallatis (de), p. 156- Karsten T.-E., pp. 18, 81, 83, 139, 140. 146, 153, 154, 155.
Kaufmann, p. 160.
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Rnappe H., p. 23.
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Rossinna G., pp. 111, 130,
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Matiegka, pp. 116, 256.
Meillet A., pp. 12. 13, 14, 26, 38, 81, 83. 88. 161.
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Myres, pp. 104, 131.
Nôremberg, pp. 161, 166- Oloriz, p. 257.
Osten (von der) H., p. 36.
Paudler, p. 256.
Peake, pp. 104, 117, 131.
Penka, pp. 101. 166, 182.
Perrot G., p. 8.
Petersen W., pp. 30, 32- Philipon, pp. 38, 189, 191»
Philips p. 198-
Piasedus - Piasecki pp. 141, 142, 143.
Pictet R., pp. 101, 104.
Pittard E., pp. 12, 26, 36, 141, 235, 236, 237, 241, 247, 258, 259, 260, 277, 279^ Platon, pp. 199, 200.
Pline, pp. 145, 210, 214, 224.
Plutarque, p. 114.
Polybe, pp. 203, 249- Pœsche, pp. 101, 102.
Poisson G., pp. 24, 105, 111, 118, 119, 130, 227, 240, 255, 266.
Przeworski, p. 30.
Ptolémée, pp. 18, 163, 168, 205, 236.
Pumpelly, p. 117.
Pythéas, p. 143.
Reinach S., pp. 24, 112, 185,
Retzius G., p. 229.
Rhys S.-J., p. 217.
Rigvêda, pp. 18, 21.
Ripley, p. 256.
Rosenberg, p. 131.
Ruhig - Ruigis, pp. 26, 32.
Rubrouk G. (de), p. 239.
Salmon, p. 181.
Sanctis (de) G., p. 46* Saussure (de) F., pp. 14, 17, 26, 68, 83, 86, 88- Sayce A.-M., pp. 26, 30, 74.
Schlepl, p. 101.
Schleicher F., pp. 28, 88.
Schliz, p. 248- Schmidt H., p. 253.
Schœnfeld, p. 138.
Schrader, p. 266.
Schumacher, p. 247.
Schuchhardt, pp. 101, 130.
Sergi G., pp. 24, 104.
Serjna, p. 131.
Sievers, p. 162.
Spitzyn, p. 113.
Stésichore, p. 203- Stolyhovo, p. 248.
Strabon, pp. 200, 202, 203 243- Streitberg, p. 162.
Sturtewant E.-M., pp. U, 28, 30, 32, 37.
Szyrwid-Sirvydas, p. 28.
Tadte, pp. 17, 18, 132, 133, 136, 137, 165, 171, 173, 214, 224, 226, 236.
Talko-Hryncevitch, p. 234.
Taylor J., p. 104.
Theodoricais (rex), p. 138.
Théopompe, pp. 199, 200.
Thomsen, pp. 162, 163, 164.
Thuddide, p. 144.
Thureau-Dangin, p. 11.
Texier F., p. 8- Timagène, pp. 216, 243.
Tite-Live, pp. 47, 52, 155, 156, 209, 217, 224, 249, 250- Tyskevidus, p. 114.
Uhlenbeck, p. 198.
Umia, pp. 163, 167.
Vallois (H.-V.), pp. 256, 282. Verneau R., pp. 186, 188- Vinson, pp. 189, 191, 198.
Viriatos, p. 190.
Virchow, pp. 179, 180.
WoUey, p. 114.
Weil R., p. 30.
Weinert H., pp. 155, 187, 255, 261, 262, 266, 268.
Wessely, pp. 161, 166.
Whitney, p. 198.
Wilke G., pp. 111, 182.
Winkler H., pp. 8, 9, 11.
Yantchuk, p. 235.
Yurrita Castillo, p. 253.
Zaborowski, pp. 24, 103, 112,
Zimmem, p. 11.
Table des matières
Pages
Avant’propos .
Abréviations . 25
Les sources .. . 27
Le hittite cunéiforme .... 29
Vocabulaire hittite et lituanien ... 33
Concordances morphologiques hittites et
lituaniennes . 61
Formation des noms (substantifs) . , . 55
Formation des noms propres composés . . 57
Le hittite hiéroglyphique . . . . 71
Importance du hittite et du lituanien pour la philologie, la préhistoire et la protohistoire . 79
Toponymie et préhistoire .... 85
Théonymie, anthroponymie et proto-histoire . 92
Lieu d*origine des Hittites et des Proto-
Aryens . 101
Méthode onomastique dans les recherches
préhistoriques 106
Gudi - Guti - Hatti (Hittites) - Kassites — peuples des steppes et leur civilisation . 112
Extension de V Empire Gudi que dans le
nord et Vouest de VEurope . . . 129
Identité ethnique des Gudai - Guti, des
Gètes et des Gots . 141
Langobards (Winniles), Vandales, Herules, Bastarnes, Skires — peuples gudiques . 147
Véritable caractère du germanique . . 160
Superstrats gudiques-gotiques du germanique 157
La civilisation lusacienne et son rôle dans
Varyanisation de VEurope . . . 175
Civilisation mégalithique et les Proto-Aryens 181
Cro-Magniens et la civilisation mégalithique 185
Parenté de Tibère avec le hittite et le lituanien 189
Origine des Ibères .198
Tartessos — centre d'extension de la civilisation mégalithique et proto-aryenne . . . 204
Données onomastiques ..... 206
Identité onomastique ibéro-hittito-lituanienne . 208
Extension des Tartessiens mégalithiques en
Gaule .211
Extension des Tartessiens mégalithiques en
Eire et en Albion .217
Extension des Tartessiens mégalithiques
dans les pays nordiques .... 221
Origine des peuples baltiques . . . 228
Le courant mégalithique continental . . 237
Origine des Celtes .244
Témoignages archéologiques de Vinfluence de la civilisation tartesso - ibérienne en
Europe centrale .250
Données anthropologiques .... 253
Mirage oriental .263
Condusions .268
Index des hors-texte
Alignements de Kermario (Carnac, France) . . 208 a
Menhir de la Hune (Bazougers-Mayenne, France) 208 fl
Le dolmen des Marchands (Locmariaquer, France) 209 a
Sanctuaire de Rumava (Lituanie) .... 224 fl
Index des cartes
Carte d'Eratosthène, vers 220 av. J.-C. . . . 135
L’Empire Romain et la grande Germanie . . , 158
Mappemonde d’Hérodote, 450 ans av. J.-C. . . 201
ACHEVÉ D’IMPRIMER SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE GANGÜIN & LAUBSCHER A MONTREUX LE TRENTE AVRIL MIL NEUF CENT QUARANTE-QUATRE