SCENE XII
Les Mêmes, KERSÉS, puis DORVILLE.
KJKRSÈS, accourant.
Grande nouvelle ! grande nouvelle... Je vous annonce le retour du générai Dorville.
DÉLIA
Je respire.
DORVILLE , entrant précipitamment.
Je suis parvenu jusqu'au Pacha, commandant l'armée Musulmane. Les habitans de Parga sont libres ! mais dépouillés de tous leurs biens, {^mouvement de s^atisfac lion i ils rendent grâce au ciel, et montrant leursfemmes , leurs enfans, ils semblent dire que ces biens leur suffisent.) Cependant, j'espère encore ; il a paru s'attendrir au tableau d'un peuple errant el lugitii", forcé d'aller en des pays lointains , implorer le pain de la misère. Il m'a promis qu'avant une heure il ferait conuaitrc ses dernières volontés. ( La crainte et V espérance animent tour-à-tour les Parganiotes, mais
ifs n'en persistent pas moins à s'expatrier , quelque soit la décision
du Pacha. )
CEPHALLL
Amis, rendons grâces au ciel, l'heure de l'esclavage n'a point encore sonné pour nous, et sans doute le ciel aura pitié de notre sort... il nous rendra une patrie... La Providence nourrit partout les hommes ; et que nous manquera- t-il? nous aurons emporté les autels de notre dieu ' et 1rs tendres de nos pores ! Préparons tout pour quitter cette terre, avant qu'elle n'ait été profanée par la présence des étrangers.