SCÈNE Vï
DÉLIA, THÉLIE.
THÉLIE.
Quel brave et honuête garçon!... Il n'attend pas même un rcmercîmcnt.
DÉLIA
Cbère Tliélic, que la tranquillité lenaisse dans Parga, que Derville devienne mon époux , et nous n'oublierons point Kersès.
THÉLIE.
Mais, si le citl sauve PiUga de sa ruine, je vois encore bien des obstacles à votx'c union avec M. Dorville,
DÉLIA
Dorville est cliéri , estimé de mon père, les Grecs vantent son courage et ses talens militaires,., fils de ce brave chef d'escadre français, dont le pavillon fit pendant quinze ans respecter notre neutralité... Derville est en quelque sorte le fils adoptif de notre ville... Les premières années de son enfance s'écoulèrent parmi nous... Nos pères étaient amis, nous fûmes élevés rnseniblc... Ce fût là, chère Thélie, l'origine de co sentiment que h: temps ne fil qu'accroître... Une séparati(m devint nécessaire. Derville retourna d;uis sa patrie pour appi'cndrc le métier dos
(9) armes, et fui aclmis dans cette célèbre ccole miUairc , qui donne à la h'rance des guerriers et des savans... Rendu au repos par les l)iiiifails de la paix, Doiville , devenu capitaine sur le cliamp de bataille, s'empressa alors devenir déposer ses lanrini ^ -mx; pieds de celle qu'il avait juré de nommer son épouse
THÉLÏE, regardant.
On vii>ut, c'est lui '...
L£s MÊMES, DORVÎLLE.
DOIIVILLE.
Clièrc Délia! les malheurs de votre pays tuachcut à leur terme: on vient do recevoir de Corfou les nouvelles 1rs plus rassurantes... Un officier, parti de celle île ce matin même, débarque à l'instant... Il est porteur de dépêches sccrettcs pour le commandant de la citadelle,, . Tout l'équipage du bâtiment qui i'a nmené, s'accorde à dire qu'il s'est embarqué à la suite d'un conseil tenu chez le Gouverneur, auqnel avait été admis le sage Céphalli , et personne ne doutait à Corfou que le conseil n'eût refusé sa sanction au traité qui mettrait Parga sous la domination de Terapire Ottoman.
DÉLIA
Eh! quoi! je verrais mon pays conserver ses lois et sa puissance j mon père nommé le sauveur de l'état... l'amant le plus chéri devenir mon époux... Cher Dorvillc, je ne puis croire que tant de bonheur soit mon partage.
( On entend une musique joyeuse, ) hORVILLE.
C'est le peuple qui, rassemblé, salue l'hcurcusc nouvelle de sa délivrance,