‹ Paris à cheval (volume 2)Chapitre 15 sur 43 · AU CONCOURS HIPPIQUE. — TYPES D'HABITUÉS · texte numérisé non relu

AU CONCOURS HIPPIQUE. — TYPES D'HABITUÉS

VeoQ pour tàcber d'empêcher bi's amis de s'enroBEer.

Venu parce que rien de ce qui tuucbe lu cheial ne lui est iadilférent.

Venu pour constater les progrèfl des officierB ea matière d*ëquitation.

Venu pour 80 cimfirraer dans colle opinion que les chevaui de pur sang sont 1rs seuls chevauï de selle poesihles.

Venu pour aoçjmeQler le mépri» qu'il professe poulies obstacles artificiels et le Gleeple-cbase ea chambre.

Venu pour voir bî parmi les jeunes il s en trouve quelques-uns qui rnooteut aussi fÎDement que lui. |

r- z ii. êite.. '.r. s C'^

l'AUlS A CHKVAI,.

seulement oonservéo, mais attelée ; ricu u'eiit été plus pittoresque que cet omnibus découvert suivant les chevaux pendant les épreuves, s'arrètant en même temps qu'eux, passant du pas au trot, et du (rot au galop, selon la vitesse déployée par les animaux à récompenser.

l,a Iribane volante de l'ancien inri

La j)remière distinction accordée aux candidats consiste en un Ilot de rubans , récompense qui correspond assez exactement à l'accessit et consiste en quelques mètres de taffetas gris et violet assemblés avec un certain art. Ce n'est cependant pas un objet admirable en soi; mais outre que l'amourpropre de ceux qui l'obtiennent s'en trouve flatté, comme cette touffe honorifique figure à l'écurie pendant toute la durée du concours, elle sert de réclame à son possesseur, qu'elle classe parmi les bons élèves.

Autrefois, les travaux du jury occupaient la plus grande partie de la journée, et leur durée rendait le spectacle quelque peu monotone pour les gens qui n'étaient pas doués d'une passion véritable pour tout ce qui touche au cheval; par contre, le public frivole était dédommagé de ces ennuis par un spectacle charmant à voir, que des raisons de haute politique ont fait sup-

primer. — Je veux parler du carrousel donné par les ccuyers et les élèves des écoles mililaires de Saint-Cyr et de Saumur.

L'ancien concours. — L'école de Saint-Cyr.

Rien de plus brillant que ce ballet dansé par des cavaliers, sans un oubli, sans une faute. Et quelle variété dans les mouvements exécutés avec une précision mathématique! mille circuits, mille détours, des changements de pied à tout instant, galop sur deux pistes, pas de côté, pas de pied ferme, espagnol, trot cadencé, courbettes et sauts de pied ferme, toutes les difficultés des manèges vaincues par de véritables virtuoses en matière de haute école. Ajoutez à cela les exercices du javelot, de la lance, des bagues, des têtes ; tenez compte de l'éclat des uniformes, du brillant des aciers, de la belle prestance des cavaliers, tous jeunes et bien découplés, et vous aurez une faible idée du spectacle dont sont aujourd'hui ])rivées les nouvelles générations.

Chose curieuse à constater, c'est du jour oîi les exercices essentiellement militaires, dans lesquels brillaient exclusivement les officiers, ont été subitement supprimés, que date leur grand succès auprès du public.

A-t-il voulu protester contre la mesure prise, ou bien a-t-il cru qu'elle avait été inspirée par la jalousie des cavaliers civils? Je l'ignore, mais sa prédilection n'est pas contestable.

Il y aurait, sur la différence de l'accueil fait par le public, le public féminin

I/AMCIEN COMCOUllS. — l)N CARROIISKF,

Le javelot. — Kiercico anesi peu pratique qn'i! pourrait ^tre élégaot. Le malheur est que le but est géocralement l'objet le raoiuB atleiut.

La lance. — Eccere une arme à laquelle la stratégie moderne a renoucé, main dont l'emploi peut encore eervir am officiers qui y eict-llent a récolter dans les fctes faraioes on Dombre iocalculabie de macarons.

Les têtes — ou l'art de ramasser à la fourchette ceui d'eulre les ennemis qui Iraioeul a ten

surtout, aux ofliciers et aux gentleuien, un parallèle curieux à faire pour un j)rofesseur de rhétorique. Dans le premier cas, en effet, on applaudit un homme qui poursuit un but utile et cherche à se perfectionner dans un art dont les lois trouvent dans les obligations de sa profession une application quotidienne. Le second, au contraire, ne cherche et ne peut trouver dans cette périlleuse gymnastique qu'une distraction ou une satisfaction d'aniourpropre.

ici se trouverait l'occasion toute naturelle de placer une bonne philippique contre les hommes de loisir, groupe inutile dont le luxe, l'oisiveté brillante, spectacle permanent de la foule, ne peuvent que surexciter les appétits de jouissance déjà trop éveillés en elle. Vous voyez la thèse! bien développée, elle peut servir de point de départ à la fortune d'un lauréat de l'Académie des sciences morales et politique.';.

Pour moi, l'accueil fait aux militaires dans ces « luttes pacifiques ■ est dû tout simplement au prestige de l'uniforme.

S'il n'y avait pas à cette admiration cent raisons meilleures les unes que les autres, la supériorité des cavaliers par exemple, les côtés avantageux du costume en constitueraient une très-suffisante. Il ne suffit pas, quand on affronte les regards du public, d'être bon cavalier, il faut encore être beau cavalier, et, il est inutile de ne pas en convenir spontanément, nous autres, simples laïques, nous sommes vilains, horriblement vilains. — Si au chapeau

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haute forme et à la redingote nous ajoutons la botte molle, à revers, ou Chantilly, on peut à vingt pas nous prendre indifféremment pour un M. Lojal quelconque ou pour un groom dans l'exercice de ses fonctions. Si nous portons le sim|)le pantalon, c'est d'un fantassin outrecuidant que nous prenons ra|)parence. Sous un képi, avec une tunique de dragon on une veste de chasseur, l'homme reste appréciable, et, ma foi, ceux qui sont bien découplés obtiennent leur succès personnel.

La coquetterie y trouve aussi son compte. Une femme correctement mise, causant avec un officier légèrement incliné sur l'encolure de son cheval, qu'il calme en le flattant de la main, sait parfaitement qu'elle forme avec son interlocuteur un charmant motif à aquarelle. La même femme félicitant un vainqueur bourgeois n'offre plus le même côté pittoresque. Elle le sait et elle s'abstient. Les nombreux encouragements donnés à Mars par l'énus me portent à penser que dès cette époque lointaine les hommes adonnés aux professions dites libérales se faisaient déjà remarquer par leur aspect antiplastique. Si vous en doutez, allez passer une heure au Palais, ou regardez un séminaire en promenade ; c'est horrible à voir.

Les habitudes d'abandon contractées dans la pratique du steeple-chase et de la chasse à courre nuisent peut-être encore davantage à l'apparence de nos gentlemen que l'insuffisance du costume actuel ; en outre, la plupart des chevaux amenés par eux au manège sont habitués à aborder l'obstacle dans le train. Le public se trouve de la sorte appelé à se prononcer entre deux systèmes d'équilation sinon opposés, du moins complètement différents, et c'est précisément celui pratiqué par les militaires qui s'applique dans son vrai milieu. Hommes et chevaux ont l'habitude du manège et de l'obstacle dans un espace restreint; tels chevaux de chasse qui, en pleine campagne, passeront le plus sûrement les obstacles naturels les plus compliqués et le plus difficiles à juger, frôleront du sabot la moindre barre placée dans un manège. Souvent les plus adroits sont ceux qui, pour le saut, ne déploient que la force indispensable, et plusieurs qui au premier tour auront jugé du

peu de solidité des obstacles, les passeront au second tour avec la volonté de les renverser, car ils ont appris à leurs dépens que dans un long parcours il faut éviter tout effort inutile.

Pour ce qui est des positions excentriques adoptées par les steeplechasers, tous les officiers n'eu sont pas exempts. Quelques-uns d'entre eux portent le corps aussi penché eu avant que des jockeys de profession, et ce que cette façon de se tenir a de disgracieux s'accuse encore davantage sous l'uniforme, qui dessine le cavalier d'une façon pourainsidire plus intime (|ue les habits bourgeois.

Eux-mêmes ne peuvent pas se douter de l'air contracté, affecté, que cette position leur donne, car il est rare qu'on uioute à cheval devant sou armoire à glace.

C'est à leurs camarades, à leurs amis véritables, de leur signaler le travers dans lequel ils tombent, et qui leur enlève auprès du public le bénéfice de leur situation d'officiers ; ils se classent volontairement dans la catégorie des gonnneux, des snobs militaires. Si la foule n'apprécie pas toujours les qualités solides qui ne sont pas mises en évideuce par un côté saillant, un cachet personnel, elle saisit toujours en effet du premier coup d'œil les côtés comiques d'une atUlude, tout ce qui, coamie on dit, prèle à rire. Il ne faut pas oublier que le public français est toujours un public caricaturiste.

Avez-Vdus clicrclu' à saisir, à analyser les iiitoiialioiis diverses qui nuancent le grondement que pousse la foule à toute chute? Le commencement de ce grand murmure est toujours gouailleurj il ne devient poignant que quand l'accident est consommé.

La raison en est simple.

Si rapide que soil une dnite, elle se décompose pour le moins en deux temps.

Pendant le premier, le cavalier est précipité sur l'encolure du cheval ou jeté de côté; c'est le moment qui prête à rire, par la disjonction des deux éléments qui composent un cavalier monté.

Ce temps passé, le dénoùment fatal ou insignifiant se produit, et le nnuniure ironique du début tourne à la clameur épouvantée ou à l'éclat de rire, franc, sonore, irrésistible, — manifestation plus gaie même pour l'acteur qui en est l'objet.

La musique militaire qui jadis accompagnait de ses roulements de tambour

l'ARlS A CHEVAL.

et de ses éclals de cymbale le retour du vainqueur à récurie, a été reuiplaccc par des Ironipcs de chasse, qui sonnent entre cliaque épreuve une fanfare quelconque.

Au concoure hipp'niue. — I.'orcheslrc.

Cette innovation, qui remonte, si je ne me trompe, à l'an' de grâce 1879, permet aux instrumentistes de faire quelques bonnes plais uiteries musicales , qui ne sont malheureusement goûtées que par les veneurs très au courant du sens des sonneries.

C'est ainsi que le cavalier qui a pris un bain dans la rivière est reconduit au son du bat-l'eau, et que celui qui est retombé sur le dos à un obstacle quelconque a les honneurs du roi Dagobert, qui, comme chacun sait,

A rais sa culotte à l'cmers.

Une mode qui a pris naissance à la mèaie époque a amené dans les dimensions du képi une élévation qui ne tardera pas à égaler celle du chapeau noir. On prétend que celte coiffure gagne à cette croissance une grande solidité. Le petit képi ne tenait pas à la tète, et la moindre réaction met-

tait en question l'c-quilibre de cet élégant couvre-chef. L'explication est acceptable; mais elle n'excuse pas la laideur du nouveau modèle, qui s'accenlue chaque année.

En dehors du sempiternel stecple-chasc en chambre pour l'encouragement duquel elle semble avoir été créée, la Société hippique offre à ses nombreux membres im double spectacle qui reste en faveur auprès de ce public blasé par les émotions de l'obstacle à jet continu, le Longchamps des chevaux de selle, et le défilé des mail-coachs.

Le seol cas où les éternels flols de rubans du jnry fassent bon etîet.

Le premier de ces exercices constitue le spectacle le plus incohérent qu'il soit possible d'imaginer.

Une centaine de chevaux de tout modèle, de toute taille et de toute provenance, montés, les uns par leurs propriétaires, les autres par des grooms ou des écuyers de profession, défilent d'abord au pas, puis au trot, puis au galop, dans un sens déterminé; cela dure environ une demi-heure. Pendant ces différents exercices, le jury reconnaît les qualités des chevaux ainsi présentés, et, après un moment de recueillement nécessité par la gravité de la décision à prendre, on exclut à peu près la première moitié des concurrents et l'on bombarde de flots de rubans la seconde, qui reprend les mêmes exercices pendant une nouvelle demi-heure. — On ne voit pas très-nettement à première vue ce que cette distribution de prix ftiite à des chevaux que tout Paris connaît souvent depuis plusieurs années pour les avoir vus conslamnient au Bois peut avoir d'intéressant pour la production ; mais, après examen, on constate qu'elle a pour résultat assuré de causer un certain plaisir aux propriétaires des chevaux primés, tandis qu'elle inspire aux éliminés une indes-

1»AH1S A C.IIKVAL.

(•ri|»lil)I(' rmoiii-. Itriiôlice iicl : ciiunianU; pour cciil de jfoiis liorripilés sur un lolal (lo cciil caiididals.

I,a (i;[iiralioii des iiiail-coaclis allciiil un nsuHal idculiqiie, eu ec sens (|u'elle erée inulilenuMil une série de niéeonlenls.

Un ju'ix doutié pour une épreuve déleiiuiiiée, uu(- eoiu-se d'ohslaeles ou de vilesse, apparlieni de dioil à celui (pii a rempli les eoiidiliiins du proyraunue, el ceux des euMeurreuls évineés savent p()unpu)i ils l'ont été. De plus, leur iusneeès n'iuiplifpu- aucun blànu', soit de Icin- façon de uu)nler, soit du ;{OÙl de lein- tenue : il n'eu est pas de nièiue (piaiid il s'a;(it de classer des attelages.

I,e jury prend sur lui de décider uno ([ucslion d(! «jOiit. Kii preiéraiil le mail de \l. '/.... au ( oacli de M. .\. . . , vous i)lessc/ AI. X..., qui a lorccmeul la préteulion de se counaîlre eu cheiaiix, en voilures, ou harnais et en livrée, non-seulement aussi hien (pu; son voisin, mais encore aussi bien (\\\c vous (pii vous constiluez en tribunal pour déclarer (pu; ce qui lui plait n'est ])as ])Iaisaul, et que ce (pi'il trouve le comble do l'éléyauce ne possède aucun style.

(lelte lacon détournée de lui dire (jn'il ne se connaît rien à rien l'exaspère tout natnrellcnicnt et lui constitue un jpiel' contre vous, ([ui donnera naissance à une féroce rancune. Par contre, ceux que vous avez primés trouvent la chose tonte siuq)le, et ne vous en savent aucun yré. Je ne vois pas (pi'il y ait conq)ensation, à moins (pi'on ne fasse entrer en li;(nc de compte le jylaisir (pi'on peut avoir à donner de |)elits coups d'épinyle dans l'amourpropre du prochain.

Ah concourt hipintiue. — QuulquuB môroiitciiU.

Disons toutefois à la décharjje du jury, qui nous parait dans celte circonstance se mêler quelque peu d'affaires (pii ne sont pas complétciuenl siennes, que celte accumulation dans la nef du palais (b; l'Industrie de la plu|)art des

beaux attelages parisiens y produit un effet des plus réussis, et permet aux amateurs de les mieux apprécier que partout ailleurs; ils les voient à la fois au repos et en mouvement, et peuvent ainsi apprécier les qualités d'allures et le plus ou moins de soin apj)orté au détail.

Ma

il i

Alt concours hïpjiiquc. — Figuraliou des mails ; reiaraci).

Quelque iiilérèt que puisse offrir le programme des opérations du concours, il ne saurait jamais lutter avec le plaisir que le public éprouve à se regarder lui-même. Là est le vrai motif de l'affluence des speclaleurs; les chevaux n'en sont que le prétexte. \e faut-il pas, en effet, que la réunion soit, par sa composition même, un véritable réservoir à potins, pour que des fennncs élégantes, délicates, consentent à rester, pendant des séances interminables, empilées, mal assises, asphyxiées par les émanations des écuries, souvent par une chaleur excessive? En conscience, consentiraient-elles à subir un pareil supplice, si le seul spectacle qui leur soit offert consistait réellement dans la vue d'un unique monsieur, civil ou militaire, sautant éternellement le même obstacle? Non, n'est-ce pas?

Donc, puisque le public constitue la partie peut-être la plus intéressante de l'ensemble du spectacle, regardons-le à son tour. Notons au passage les principaux types au moment de leur apparition dans les tribunes.

Les ])rcmiers arrivés sont les membres du jury. Je ne vois pas très-nette-

iiicnt quelle pourrait èlrc leur iustallalion de nuit au palais, sans quoi j'al'iirmerais qu'ils y couchent; toujours cst-il que je n'en ai jamais vu un seul y entrer, et que je n'ai jamais non plus constate de visu qu'un seul en sortît.

II y aurait, sans quitter le jury, une intéressante série de personnalités à étudier; mais, outre que la plupart sont absolument connues, rien ne m'autorise à porlraicturcr sans leur consentement une collection de parfaits jjcntlemen, qui s'imposent, dans un but absolument désintéressé, d'épouvantables corvées. On ne sait jamais si l'on sera agréable à quelqu'un en l'imprimant tout vif, et je serais désolé à la pensée de causer un ennui si léger qu'il fût à l'un ou l'autre des organisateurs dévoués d'un plaisir public dont je prends régulièrement ma part.

Contentons-nous donc de tracer des traits généraux, qui, s'appliquant à tous, ne désignent personne.

Le membre du jury est un homme entre deux âges, en générai plus près du second, qui s'est toujours occupé de chevaux , soit comme sociétaire d'une écurie de courses, soit comme éleveur, soit comme veneur, voire comme simple amateur. Il est généralement connu comme le loup blanc de tout le personnel qui s'agite entre l'Obélisque et la Cascade, et il n'est pas un seul garçon d'écurie du quartier des Champs-Elysées qui ne sache à quel titre il a droit.

Toujours très-soigné de sa personne , sa mise fait connaître à l'archéologue l'époque précise de ses plus grands succès. Celui-ci a conservé, en effet, le chapeau qu'il portait à l'époque où il gagna son dernier steeple-chase à Berny. Celui-là n'a jamais pu abandonner le pantalon à sous-pieds qui lui a valu d'être remarqué par Fauny Essier, tandis qu'un troisième porte obstinément la cravate crinoUnée avec laquelle il a déiéndu à la Chambre des pairs l'administration des haras, injustement attaquée à propos de la jumenterie de Pompadour. Tous ces hommes de

Au concours hippique. — Alenibips du jnri

PARIS A CHEVAr,.

loisir, qui en temps ordinaire ne se dérangeraient pas d'une partie do whist à la nouvelle que le feu consume leur liôlel, dépensent en tant que jurés une activité dévorante. Ils vont, viennent, discutent, pérorent, examinent les chevaux, gourniandent les hommes, font modifier un obstacle, prennent des noies, traversent le manège dans toute son étendue pour aller demander un renseignement à l'un de leurs collègues, et finalement vont se coucher harasses, après avoir dépensé une souuue d'énergie qui suffirait à la restauration de n'importe quel régime déchu ou au renversement de n'importe quel gouvernement existant.

Immédiatement après le membre du jury, on rencontre l'ami des membres du jury; son activité est égale à celle de l'astre dans l'orbite duquel il s'agite.

Si le juré fait un pas, il en fait dix;

car, outre qu'il l'accompagne par-

, I tout, il est de toute nécessité qu'il

aille aux tribunes faire part aux amis des découvertes faites , car il a la manie de montrer qu'il est bien informé. A joué comme son ami un rôle dans le monde du sport, mais un rôle secondaire; a couru connue lui, mais a récollé plus de chutes que de prix ; a fait de l'élevage, mais sans succès, et n'a jamais pu , malgré des efforts incessants, s'élever de l'enqjloi de confident à celui de premier rôle.

Viennent ensuite toutes les variétés du sportsman : notons en première ligne le sportsman en pleine activité qui courait l'autre dimanche à Auteuil, lundi au l'ésinct, mardi à Saint-Ouen, mercredi à Enghien, jeudi à La Marche, vendredi à Achères et samedi à Alaisons-Laffitte. Il est en pleine condition, maigre comme un clou et sec comme un copeau. Ne prend jamais aucune part aux épreuves, et professe un mépris absolu pour cette variété de steeple-chase couru sans vitesse par-dessus des obstacles sans solidité.

Cause volontiers avec le sportsman en retraite, qui, lui, n'a pas couru depuis 1832, mais partage le scepticisme du précédent à l'égard du spectacle auquel

Au concours hippique. — L nmi des mcmlirCB du jury.

AU^COX'COURS HirPIQliK

TYI'ES U'HAIJITUES.

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Spurismau campagnard.

ils assistent; vit de souvenirs et d'anecdotes rétrospectives. Il ne se produit pas un incident qui ne lui rappelle un l'ait survenu pendant la première inoilic du siècle à quelqu'un de ses contemporains, et il le raconte immédiatement avec force détails. A assisté à toutes les courses depuis la création du Jockey- Club, dont il est fondateur. N'a jamais pu se décider à modifler la forme des vêtements qu'il portait en 1830.

Le sportsman campagnard est un des fidèles du concours. Il n'y envoie plus de chevaux, mais il vient en personne afin d'acheter tous les objets d'invention nouvelle exposés dans les bas côtes ; est entré de la sorte en possession d'un nombre incalculable de mors, brides, selles et élriers plus ou moins perfectionnés , qui font ressembler sa sellerie à un magasin. Porte des complets de couleur sombre, et surmonte sa bonne grosse tête, halce par les intempéries, d'un chapeau bas d'une forme spéciale, qui tient le milieu entre la cape et le bolivar.

Est souvent accompagné du gentleman fermier, qui est venu surveiller l'installation de ses deux pouliches avec lesquelles il compte bien enlever In prime d'honneur; n'a jusqu'ici obtenu qu'un double flot de rubans.

liarbc complète, ordinairement dorée : c'est l'effet du soleil; teint rouge : c'est l'effet du vent; mains rudes : c'est l'effet de l'air; physionomie ouverte, parole cordiale; hospitalier et bon vivant, .^ime à parler de sa cave et de ses bêtes; rit avec une telle sonorité que tout le monde le regarde avec stupéfaction; s'il s'en aperçoit, il rougit comme une jeune fille ; mais la confusion qu'il éprouve ne l'empêchera pas de recommencer une demi-heure plus tard. — On rit comme on peut.

Le pseudo-sportsman forme la catégorie la plus nombreuse , qui se subdivise en une infinité de variétés. Ses jugements sont absolus, toujours prononcés à haute voix et avec un accent d'autorité qui n'admet pas la contestation. Celui qui les émet peut indifféremment être un petit commis n'ayant jamais monté que sur l'impériale des tramways, ou un prince de la finance possesseur de quelque douzaine de chevaux qui lui ont été fournis à un prix exorbitant par un premier cocher paye comme un ambassadeur.

Le second n'est pas plus connaisseur que le premier, et l'état de leur budget établit seul une différence entre eux.

Tous deux auront une égale admiration pour un animal insignifiant dont la robe sera brillante, le poil soyeux, le col recourbé, et resteront aussi complètement indifférents si on leur fait voir quelqu'un de ces chevaux excej)lionnels par la profondeur du garrot, l'inclinaison de l'épaule et la puissance des articulations.

A leur suite, il faut citer le sportsman ornement, pour lequel l'équilalion est un prétexte à costumes; le sportsman fantassin, critique acerbe de tous les cavaliers, pour les défauts desquels il est inqjiloyable, mais que personne n'a jamais vu à cheval; le sportsman à roulettes, qui consacre à sa traction aussi peu de cheval que possible, et bien d'autres, tous théoriciens sévères qui critiquent sans relâche ceux qui ont la naïveté de pratiquer, mais ne poussent pas l'amour du professorat jusqu'à prêcher d'exemple.

Sportsman ornement.

Autant le public masculin civil se montre grinchu à l'égard des concurrents qui défdent devant lui, autant les militaires que l'âge et l'embonpoint excessif empêchent d'entrer en lice se montrent

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indulgents pour ceux de leurs camarades que la pléthore n'a pas encore envahis. Chaque obstacle franchi sans mécompte leur cause un plaisir indicible, et ils prodiguent les applaudissements aux officiers de l'arme qui ont victorieusement accompli l'épreuve.

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