‹ Paris à cheval (volume 2)Chapitre 14 sur 43 · L'ANCIEN CONCOURS. — TYPES DISPARUS · texte numérisé non relu

L'ANCIEN CONCOURS. — TYPES DISPARUS

— Certainemenl, je Bais content d'avoir vendu mes chevaas ! Mais ce que j'ai encore fait de mieux, cette année, c'est d'avoir laissé la bourgeoise eo \ormandie.

Trop familier. — C'est pas pour le profit que j'veui vous le vendre ; mais j'aime mes br-ies, et, p'tiot comme vous v'ià , j'sui3 bcn sur qu'il ne peinera pas à vous porter.

— Sans doute, l'animal n'est pas mal, mais il est commun, et ponr le pni

— Comment! In clievnl qui serait capable de s'emporter s'il entemlait dire on vilain mot.

U,ft

— Votre cbevul n'a pas l'air commode?

— La bète au bon Uieu ! et puis franchement, est-ce que vous croyez que je serais arrivé à mon âjje si j'avais élevé des chevaui méchants?

tenus éloignés de la capitale, est admirablement choisie, et fournit à tous une occasion de se rencontrer dans un endroit clos (ce qui n'est pas sans importance à une saison pendant laquelle les giboulées constituent une nécessité climatérique), où se trouve réuni un lot toujours intéressant de ces nobles animaux que M. de Buffon nous a si pompeusement décrits. Pendant les premières années du concours, ce qui, mieux encore que le grand nombre d'affiches apposées sur tous les murs de la capitale par les soins du Comité directeur, annonçait exactement la date de son ouverture, c'était la présence dans les rues de Paris de gens mal mis, tenant en main des chevaux brillants d'allure, et demandant poliment aux agents de la paix, — je crois que c'est le nom qu'on donne aujourd'hui aux anciens sergents de ville, — le chemin des Champs-Elysées.

Leur politesse à l'égard - , ^ des représentants de l'autorité, aussi bien que leur ignorance des points les mieux connus de la topographie parisienne, indiquaient claire- . ment à l'observateur que ces braves gens n'étaient pas d'ici. Ils arrivaient en effet, i^?S^3 qui de Normandie , qui du

L'ancien concours. — Demaode de renneigoemeiiU. CCntrC, qUl du iMlCll, aniCUant

leurs élèves, dont ils partageaient l'ahurissement à la vue du mouvement parisien.

A l'heure qu'il est, l'apparition de ces figures étonnées ne se produit plus que par rares exceptions, justement assez nombreuses pour rappeler aux vieux Parisiens les arrivages d'autrefois.

Par contre, le cérémonial de l'installation des chevaux est resté le même. Chacun d'eux reçoit à son arrivée un numéro de poitrail qu'il doit porter dans chacune des épreuves auxquelles il prendra part. Aussitôt la réception administrative terminée, le jury d'admission commence ses opérations.

AIM. les jurés, divisés par groupes de trois ou quatre, dispersés aux quatre coins de riinmense manège, procèdent aux constatations de taille, d'aptitudes. Rien de plus pittoresque que les groupes ainsi formés au hasard par les examinés et les examinateurs.

Ici, ruii des commissaires, armé d'une chambrière, active le trot d'un cheval conduit en main; là, un autre tient la toise; plus loin, il s'agit de constater l'âge de l'un des candidats qui n'aime pas qu'on lui mette les doigts dans la bouche, et résiste de son mieux aux investigations dont il est l'objet.

Ah concours hippifiue. — OpératioDS préliminaires.

Ces opérations se reproduisent pour chaque cheval, et remplissent toute la première journée. C'est à la fois la plus fatigante et la plus dangereuse pour MM. les jurés. Debout depuis le matin jusqu'au coucher du soleil, ils font un chiffre de kilomètres absolument invraisemblable , et le va-et-vient des chevaux, souvent très-surexcités par la nouveauté de tout ce qu'ils voient, est tel que la vigilance d'un homme obligé de rester au milieu de la piste pendant toute une journée ne doit pas cesser un instant d'être aussi éveillée que s'il traversait un boulevard de plusieurs lieues de largeur sur lequel s'écoulerait incessamment un retour de courses. C'est surtout aux abords des écuries que la plus grande attention est recommandée; les chevaux s'y croisent incessamment à un train très-vif et y échangent volontiers à la rencontre des mouvements de gaieté, dont les éclaboussures sont à prévoir et à éviter.

Au temps jadis, l'estrade du jury était montée sur roues ; on l'a supprimée comme encombrante. J'aurais voulu au contraire qu'elle fût non-

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