‹ Paris à cheval (volume 2)Chapitre 4 sur 43 · AU MAKCHÉ AUX CHEVAUX · texte numérisé non relu

AU MAKCHÉ AUX CHEVAUX

Vous en (lomicricï bien liiiil cents fraocs a'ilavait

ses quatre jambes? VAï liicu , jirenei-le à sii , et je vuuB duunc sa ui.iu\aisc par-dessus le inarcUé.

— Ça! ui:e vieille rosse! Qu'est-te qu'il dira de nous, alurs?

— t)u parle de cliameaut qui marchent sans boire. Je boit et je cours, c'est ruJcn eut plus foi I.

Moute achevai de naissance. Ricu dts manèges.

^;:::;^ ■'-- t.^ V^ l^ l^""l!" L'épreuse consiste k mettre autant de bâtons qoe possible

^"'"■^Sî^^ l^^ V^l^ dans les roues; opération, dirait M. Prudhomnie . aussi

J ^""^^^/.^ oV inutile que celle qui consiste à entraver le char dn progrès.

profit de pauvres animaux auxquels les services rendus cl les misères soufl'erles donneraient droit à ce repos éternel qu'ils ne trouvent que chez l'équarrisseur. — C'est là, feu Gramniont, qu'il vous faudrait aller pour bien vous rendre compte de l'inutilité do la loi que vous avez élaborée, loi de luxe inai)|)licable, qui protège de temps à autre l'animal contre un excès de brutalité frénétique, mais ne le soustrait jamais au travail excessif, disproportionné; qui frappe quelquefois l'ivrogne, affolé par la fureur, qui crible de coups de manche de fouet, voire de coups de couteau, son cheval abattu, mais n'atteint pas le misérable sans pitié qui, cruel de propos délibéré, soumet à un labeur permanent un animal épuisé, endolori, cl lui impose, pendant de longues années, des efforts et un travail depuis longtemps au-dessus de ses forces. — Mais quel remède à ces maux?

Le TatlersaU français vient immédiatement après le marché aux chevaux. — \'ente aux enchères publiques, vente à l'auiiable, pension et dressage. — Dans cet établissement, copié sur celui des frères Tattersall de Londres, auxquels il a pris par surcroît h; nom qu'il porte, le nombre des chevaux vendus atteint un chiffre absolument respectable.

L'installation matérielle est irréprochable : vastes écuries, excellent manège, forges, boxes, remises, magasin de carrosserie, sellerie, tout y est aménagé de la manière la plus confortable et la plus pratique. — La nature même de cette installation exceptionnelle fait que toutes les ventes importantes y viennent fatalement, puisque seul le Tattersall possède un local capable de contenir, par exemple, tous les produits disponibles d'une écurie de courses. — De pareilles ventes sont de véritables solennités sportives, et l'on y rencontre non-seulement tout ce qu'il y a de propriétaires de chevaux , mais encore tous ceux qui auraient le désir d'en posséder, au

cas où une passe au baccarat, une heureuse spéculation, un héritage,

ou un riche mariage, viendrait à les faire sortir d'une médiocrité qui n'a absolument rien de doré.

Si c'est an Tallersall qu'ont forcement lieu les grandes ventes de chevaux de pur sang, on y trouve également à acquérir des animaux n'ayant aucune espèce de sang.

De même (|u'on peut, dans les niimenses caravansérails du commerce parisien, Bon M(trclié, Printemps, Louvre, et autres magasins, se procurer aussi bien deux sous de (il qu'un mobilier de cinquante mille francs et même davantage, de même, rue Beaujon, on peut se rendre indifféremment acquéreur d'un lof de vingt ou trente yearlings d'un prix moyeu de dix mille francs, ou d'un bon quadrupède de cent écus propre à tout service, n'exigeant pas une locomotion rapide. — C'est ainsi qu'on est sûr d'y trouver, pendant les premiers mois de l'été, l'animal spécial cpii répond au nom pittoresque de cheval de trois mois.

Ce vocable ne désigne nullement, dans le langage particulier du monde sportsman, un animal encore à la mamelle, bien au contraire; bon nombre d'entre eux ont atteint ce degré de longé- ^vité que les programmes enregistrent uniformément sous le terme de hors d'âge, — soit qu'ils aient seulement dépassé l'âge de neuf ans (comme qui dirait la grande majorité des chevaux), ou qu'ils soient parvenus à une vieillesse invraisemblable. — Le surnom donné à ces intéressants quadrupèdes indique seulement la durée des services que leur acquéreur en attend.

CHETK pour venir taire à la camj)agne, pendant toute la saison d'été, toutes les corvées prévues et imprévues, c'est lui qui va à la gare chercher les invités, à la poste prendre le courrier aux heures où le piéton ne fait pas de distribution. — C'est lui qu'on prête aux cavaliers par occasion.

Il doit donc se monter et s'atteler; mais, pour qu'il soit complet, il faut qu'il ait été " mis pour dame v , qu'il joigne à une santé

UM JOUR DE VEMTE AU T ATTERSALL.

robuste la douceur inépuisable d'une sœur de cbarité, et qu'il ajoute à tous ces mérites celui de coûter un |ietit priv.

Cet animal à aptitudes si multiples se rencontre régulièrement au Tatlersall le samedi; les autres jours de la semaine, nulle part.

On comprend qu'on n'ait pas le droit d'exiiçer d'un animal doué d'un aussi grand nombre de qualités morales la perfection pbysique.

Aussi la beauté du cbeval de trois mois est-elle généralement problématique. S'il n'est pas eusellé à la manière des bamacs, c'est qu'il est arqué, panard, orné de jardons ou criblé d'éparvins.

L'idéal cherché est un restant de beau cheval ayant gardé sa silhouette et des membres à peu près nets. Nettoyé à fond, les crins faits avec soin, garni convenablement, il fait alors encore illusion aux observateuis supcrticiels, et ne dépare pas de fiiçon trop criante la cavalcade à laquelle on l'adjoint.

Le danger à courir pour l'acheteur de ce cheval à tout faire, généralement vendu sans garantie, est qu'il n'ait aucune des qualités énumérées au progranune : qu'il ne s'attelle qu'avec répugnance, ne se laisse monter qu'à ,^y\ contre-cœur, et ne soit affecté d'une maladie

quelconque le rendant impropre à tout service.

Un de mes amis en possède deux dans cU'^iiAivV V->— '' n'A ^'^^ conditions : le premier, dès qu'on le

met à une allure vive, siffle de manière à faire croire qu'il transporte une volière bon- -,^ /'s^., - - /Si^s*

dée de merles ; le second, qui tousse à fendre l'àrae et jette à lui seul comme les deux cascades des deux lacs, a une peau de mouton sous la ganache, un séton au poitrail, un vésicaloire sur le flanc gauche , et exige des soins tellement minutieux qu'il absorbe complètement un homme, dont le reste de l'écurie aurait le plus urgent besoin.

Il fani avouer que ces deux animaux ont clé vendus véritablement pour rien , — à moins qu'on ne fasse entrer en ligne de (•(iiii|ite les frais que le traitement de leurs inlirmilés entraîne, et la nécessité où se trouve leur propriétaire d'en acheter un troisième , afin d'assurer le service auquel il les avait destinés.

l'Etahlissement C/icri, que son importance commerciale classe inmiédiatemont après le Tattersall, a une clientèle toute spéciale, — qui tour à tour achète ou vend. — Les chevaux qui s'y échangent sous le marteau du conmiissaire-prisenr sortent de chez M. Y...

pour retourner chez M. Z..., qui les tenait lui-même de M. W...

Tout le monde s'y connaît au moins de vue, et les renscignemenls qu'on y échange sur les animaux inscrils au programme sont enqireints d'une

exactitude relative correspondant exactement à la {^ rt valeur du coup de chapeau que vous y échangez avec ff^^£^ les plus assidus habitués.

Ceux-ci connaissent aussi exactement la façon dont vous montez que la main qui convient à tel cheval, et jugent infailliblement si l'accord peut

s'établir entre l'acquéreur et l'acquisition faite.

Si un achat contraire à leur verdict s'effectue sons leurs yiMix, ils peuvent dire exactement à quelle date le cheval nerveux ou la jument quinteuse aura lassé la patience de son nouveau propriétaire, et

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affrontera de nouveau le feu des enchères; ils savent en outre, à cinq francs

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