LES CHAMPS-ÉLYSÉES UN SOIR D'ÉTÉ
bn 4 j UE pe et ay ji } pe ji | #4 nl ) A l J" / D il ÿ ; j / ñ
PDA / AA ANNE D 0 000 DA ML NN PE Ms 1 7 WIN,
“ee fo DA 4 1) \\ 4 y \t :
AH f 1 /) Z 7 / 1}; { hi Pa 4) W 10 ) { 1 fe) À (j fi 1 | if y 0) PA et A EE \
|. UL 11 À 1 ia | | Le |
Délégation du quartier latin. — Étu- 2 diants en rupture de préparation d'examens.
Délégation du faubourg Saint-Germain.
— Vont le plus doucement possible, parce | qu'ils savent que le testament de leur À maîtresse est dejà fait, et attendent un À abaissement subit de la température.
LA ah:
Lin ? à rit. dl
bi
"| sl SAME 4 36 4 ar jù E
le devoir oblige au séjour de Paris dans la saison torride, s’y précipitent à la recherche d’un peu de fraicheur, aussitôt leur journée de labeur terminée. Is y trouvent une foule compacte, une poussière aveuglante et une quantité de becs de gaz dont la combustion augmente la température de plusieurs degrés; mais comme ils sont venus avec l’intention formelle de prendre le frais, ils se figurent qu'ils le trouvent, et reviennent le lendemain malgré les souffrances endurées la veille.
un un Do dll Wii ‘ nr ‘ di
ni
Une contre-allée des Champs-Élysées le soir.
Les moins fortunés ne dépassent pas le rond-point, s'installent sur les chaises de fer chauffées à blanc par le soleil de la journée, et s’y assoupissent sous l'influence d’un commencement d’asphyxie; les plus riches montent en voiture et gagnent le Bois, les uns tout seuls, les autres avec leurs femmes, comme dans la chanson de Marlborough.
Les ombres chinoises qu’ils dessinent sur le gris vert des massifs méritent l'examen d’un observateur.
Il y a de tout dans ces véhicules : des hommes d’affaires éreintés par le travail de la journée; de jeunes ménages en reprise de lune de miel; des amoureux aussi amaleurs d’obscurité que de fraicheur; des étudiants en rupture de préparation d'examens; de bons bourgeois que le surchauffe-
ment des entre-sols a chassés de leur logis, et de secourables demoiselles qui ne savent pas encore à qui elles viendront en aide, mais sont décidées à ne pas rentrer chez elles avant d’avoir soulagé quelqu'un de leurs contemporains.
MALI] re tue \ 1
| ll ce il
Le repos de l'homme d'affaires
La longue file des voitures meublées par ces représentants surchaulffés de la population parisienne ressemble à un immense ver luisant rampant au milieu d’un gazon gigantesque dont les brins d'herbe seraient les futaies et les taillis du bois ; les lanternes multicolores qui l’éclairent complètent lillu-
Promenade d'exploration.
sion, en donnant à cet interminable serpent l'aspect phosphorescent particulier aux insectes dont j'ignore le nom entomologique, mais que Victor Hugo
a appelés les « étoiles de l'herbe » ; les clartés incertaines et fugitives qu’elles répandent sur les voitures qu’elles croisent, provoquent à chaque instant de réelles surprises et font faire des découvertes qui auraient besoin, pour être
Découverte inopince.
regardées comme certaines, d’un éclairage plus net, mais qui, même considérées comme douteuses, n’en restent pas moins intéressantes.
Ces jets de lumière instantanée, qui viennent frapper en plein visage les promeneurs les plus mystérieux, causent souvent à celui qui les observe des émotions absolument imprévues. Vous avez quitté une demi-heure auparavant madame X... en proie à une migraine qui exigeait impérieusement quelques heures de repos, et la projection de la lanterne de votre victoria vous la montre en tête-à-tête avec M. Triple-Zed, dont le départ pour la campagne vous avait été annoncé comme effectué depuis quinze jours.
La métaphore du voile qui se déchire subitement vous paraissait être une figure de rhétorique quelque peu prétentieuse. Le spectacle auquel vous venez d'assister vous en fait apprécier l’admirable précision, et vous comprenez, grâce à l'apparition révélatrice qui vient de frapper vos regards, avec quelle justesse cette expression presque proverbiale résume vos impressions.
Si pareille découverte vous frappe directement, si vous y êtes personnel-
lement intéressé, vous reprenez, dans un état voisin du marasme, le chemin de votre domicile, expiant ainsi le plaisir que vous avez goûté à des constalations identiques faites au détriment d'autrui.
— J1 m'a semblé reconnaitre madame de Y...
— Moi aussi, mais je ne crois pas qu’elle fùt avec son mari.
— Certainement non, puisque le voici dans la victoria d’Anastasie Katincka.
De tout cela on ne pourrait tester en justice, faute de preuves malérieiles suffisamment contrôlées, mais on en sait assez pour pouvoir poiner entre
amis, et c’est tout ce qu'il faut.
Fo
N te on]
CHAPITRE IV. — DE L’INSTALLATION D’UNE ÉCURIE DE SERVICE. Conseils à un garçon. — Plan, aménagement. — Bat-flancs. — Mangeoires et râteliers. — La question des eaux. — Écurie matrimoniale. — Conseils À la femme d’un homme qui, à force
d'aller en omnibus pendant son temps de célibat, est parvenu à se constituer un capital suffisant pour offrir à la compagne qu'il s’est choisie tous les moyens de transport désirables.
Un grand nombre de gens souffrant de maladies dont ils ont étudié à fond les symptômes, mais qui ignorent les moyens curatifs à employer pour obtenir un soulagement à leurs maux, adressent couramment aux princes de la science des questions plus ou moins précises, auxquelles ceux-ci s’empres-
sent de répondre — contre remboursement. — C’est ce qu’on appelle le traitement par correspondance. — Les deux lettres illustrées ci-dessous
imprimécs sont les réponses d'un spécialisle, retiré en province après fortune
défaite, à des demandes de conseils sur la marche à suivre pour l'installation d’une écurie de garçon et celle d’une jeune fille à la veille de son mariage. Les conseils qu’il donne à l’une et à l’autre nous ont paru constituer un véritable manuel pratique, et nous croyons qu’en les reproduisant ici, nous rendons un réel service à ceux de nos lecteurs en travail d’aménagements analogues.
Voici la première de ces deux lettres :
ee ob REPUBique FRA
e Trépigny-lcez-Goretz, le 15 mai 188..
« C’est un grave conseil que vous me demandez, mon cher ami, et je n’espère pas vous renseigner en une seule épitre, sur la réorganisation d’une écurie aussi compliquée que la vôtre. Puisque vous le voulez cependant, nous allons essayer, et je vous livre telles quelles les notes que j'ai prises à votre intention.
« Je ne voudrais pas que vous changiez quoi que ce füt au plan général actuel de votre écurie. Elle est bien aménagée, et je trouve qu’il serait mauvais, même en agrandissant le bâtiment, de faire double rangée de stalles.
« Songez donc à l’espace qu'il vous faudrait consacrer à la travée intermédiaire! — Et puis, quel agencement seriez-vous obligé d'imaginer pour accrocher les harnais au moment de garnir les chevaux ! — Laissez les bâtiments en l’état, c’est parfaitement ainsi. Bornez-vous à faire vérifier le dallage, qui peut avoir besoin d’être redressé; mais arrêtez-vous là, ne modifiez
pas non plus votre système de bat-flancs mobiles, qui laissent au cheval plus de liberté que les stalles fixes, quand l’espace lui est mesuré. Un autre inconvénient des stalles fixes est de limiter d’une facon trop absolue le nombre de vos pensionnaires.
RE EE RE RARR Le
« Supposez que deux ou trois chevaux de supplément vous arrivent inopinément de votre écurie de chasse; où les logerez-vous avec vos stalles à poste fixe? à l’auberge, ou à l’H6/el Continental? 11 n’y a pas À, que je sache, aucune écurie. — Avec vos bat-flancs mobiles, vos hommes n’ont pas une heure de travail pour faire de la place aux nouveaux arrivés, et chacun de vos chevaux ne perd pas plus de quelques centimètres de son espace accoutumé.
« La seule amélioration à apporter est de faire appliquer de chaque côté du bat-flancs une sorte de bourrelet longitudinal, assez épais pour amortir à la fois le choc et le bruit des coups de pied des animaux un peu impatients, car je ne pense pas que vous ayez l'intention de remplacer ceux que vous comptez réformer par de plus endormis.
« Multpliez au plafond le nombre des points d’attache, vous verrez quelle commodité cela vous donnera, en vous permettant de proportionner l’espace réservé pour chaque cheval, à ses habitudes constatées. Il est, par exemple, absolument inutile de donner place égale à un animal qui ne se couche
jamais, et à tel autre qui, comme votre jument grise, passe loutes ses nuils si complétement étalé qu’on serait tenté de le croire mort, n’était le mouvement égal et profond de sa respiration.
Vos # SERRET St
« Derrière chaque place (nous pouvons en compter huit dans chacune de vos écuries), faites donc appliquer un support solide en bois verni, de façon à avoir pour vos harnais des portants d’aftente d'un entretien facile pour lesquels le simple coup de plumeau suffira. Vous éviterez ainsi l'abus du tripoli, et autres ingrédients nécessités par l’abus des cuivres, des aciers, des métaux blancs, très-jolis à voir, mais qui réclament des soins incessants que vous n’obliendrez de vos hommes qu’au détriment du pansage.
« J'aites donc faire dans votre cour cinq ou six fontaines. Vous n’en avez qu’une. C’est assez pour la cour d’un lycée, mais c’est tout à fait insuffisant pour unc écurie qui comple plus d'un pensionnaire.
« Inutile, n'est-ce pas? de vous rappeler que tous les robinets doivent être
garnis de pas de vis s’adaptant aux tuyaux d'arrosage, indispensables aux douches de vos quadrupèdes.
« Puisque nous touchons à la question des eaux, faites donc faire au fond de votre cour un abreuvoir à double pente, creux de deux pieds et demi à son point le plus profond, que vous ferez traverser aux animaux au moment de
leur rentrée, avant toute autre toilette.
« Cette facile opération leur lave les jambes plus complétement et plus
rapidement qu'aucun lavage à la main, et le peu de profondeur du bassin laisse à sec le torse et les intestins, qu'il serait imprudent de plonger dans l’eau au moment où le cheval quitte le travail.
« Faites sans crainte, cher ami; l’expérience du système que je vous recommande est faite : il est entré dans la pratique et s’accomplit quotidiennement dans la plupart des établissements hippiques un peu considérables, et l’on est encore à lui trouver des inconvénients. — Vous serez un innovateur parmi les particuliers, mais vous ne courrez aucun risque autre que d’enrhumer celui de vos grooms qui aura la sottise de se laisser choir dans votre abreuvoir, en présidant à l’opération que je vous conseille de faire exécuter régulièrement, hiver comme été.
« Pour le pansage, supprimez les anneaux fixés au mur, et ayez des montants conformes au croquis que vous trouverez au verso de ce feuillet.
« Attaché à l’anneau, un cheval laissé seul, ne füt-ce qu’un instant, risque une écorchure à la hanche, à l'épaule, aux genoux ou aux jarrets, car l’animal
peut se tourmenter et se heurter au mur, qui a toujours quelque aspérité, quelque pierre qui dépasse l'alignement, et peut causer une avarie toujours ennuyeuse à guérir à la peau du cheval que vous comptez précisément atteler
ou monter le jour où se produit l’accident.
4 AE We Lo jX INA)
à re UN L \, LC ; Ÿ ÿ \ N Ré ei !
ll à }
Î QD (M)
« Avec les montants dont il s’agit, rien de semblable à craindre, d’autant mieux que les doubles longes du licol d’écurie trouvent où s’attacher, et que le cheval est exactement dans la position du sauteur au manége, c’est-à-dire dans l’impossibilité de heurter à droite ou à gauche, retenu comme il l’est entre les deux piliers par deux lanières trop courtes qui ne lui permettent en aucun cas de s'éloigner assez du point d'attache pour atteindre le point
opposé.
home Rae
‘uoÿsef op omun99 ouf
En
à P— LS RE
Ter Re .
= P——, + El
« Une chose essentielle dans votre installation est de vous réserver une entrée couverte dans vos écuries. Vous pouvez parfaitement vous la ménager en faisant construire un petit escalier qui de votre salle d’hydrothérapie vous conduira aux remises.
« C’est le seul moyen d'assurer la visite quotidienne du maitre, sans laquelle il n’y a pas d’écurie réellement bien tenue.
« Si vous ne réalisez pas le conseil que je vous donne, trois jours sur cinq vous aurez un prétexte pour vous dispenser de votre inspection : un jour la pluie, le lendemain le froid, le troisième jour l'ennui de vous habiller, car vous ne voudrez pas traverser votre cour en veston du matin et en pantalon à pied.
« On vous verrait de la rue, et vous ne tenez pas à servir de spectacle aux habitants de votre quartier.
« Faites donc faire voire escalier, si la fable de la Fontaine sur l’œil du
maître a laissé dans votre esprit le souvenir qu’elle mérite. « Quelque chose de très-simple d’ailleurs que votre escalier {pas de rampes, deux cordons attachés au mur, de chaque côté des marches), et descendant
tout droit, prenant jour à la fois par la croisée du haut et par une porte vitrée au bas. Sous aucun prétexte ne laissez votre architecte vous imposer l’escalier en colimaçon, propriété exclusive des arrière-boutiques, et insupportable agent de descente ou d’ascension.
« Autre recommmandation essentielle que j'allais oublier, et qui m'est
remise en mémoire par l'accident survenu avant-hier à notre ami Karl.
« Aucun grenier au-dessus de vos écuries. — Les logements des hommes, si bon vous semble; mais pas une botte de paille, pas une poignée de foin sur la tête de vos animaux.
« C’est toujours dans ces réserves que le feu prend, et alors plus moyen de faire sortir les chevaux, que l’on retrouve deux jours après à l’état de noir animal. ;
« Ayez votre grenier au-dessus des remises. — En cas d’incendie, les voitures ne s’affolent pas, et l’on a toujours le temps de les tirer dehors.
« Pas de cheminées dans les chambres de vos hommes, une bouche de chaleur par case et un calorifère les chauffant toutes en même temps que la sellerie, et les trois ou quatre boxs destinés à l’infirmerie.
« Avez-vous, au temps où le prince B... habitait encore Paris, visité son petit hôtel de l'avenue Latour-Maubourg? L’écurie était petite, de la
place pour quatre chevaux au plus; mais comme c’élait ingénieusement combiné !
« Autour de la cour exactement ronde, et dans laquelle on pénétrait par une double voûte passant sous une galerie faisant façade sur la rue, s’ouvraient les remises dont les portes faisaient face au vestibule du grand esca-
lier. — C'était par À qu’arrivait la voiture attelée ou le cheval sellé.
« Toute la toiletie préparatoire était cachée aux habitants de la maison et se passait à l’abri des regards indiscrets, derrière les panneaux de bois verni, montés sur coulisses, qui fermaient la parlie du cercle réservé à la cavalerie.
« De la chambre du maïtre, ou, pour être plus exact, de son cabinet de toilette, on descendait directement à la sellerie, on traversait les remises et, toujours à pied sec et à couvert, on arrivait aux écuries, assez éloignées pour n’envoyer aucune odeur fâcheuse aux appartements.
« Si vous n'avez pas vu cette installation, je ne sais où vous indiquer l’équi-
valent, car elle a été modifiée depuis le départ du prince, et les écuries ont été transportées dans une maison voisine par le nouveau propriétaire. Mais si mon modèle n'existe plus en pierres et en charpentes, l'architecte existe encore en chair et en os, ct, si besoin était, il ne serait peut-être pas impossible de le relrouver, lui, ou ses plans.
« La question de l'éclairage est aussi fort importante, car j'imagine que vous ne comptez supprimer ni votre service de nuit, ni les promenades matinales à la première pointe du jour : deux choses qui impliquent pour vos hommes
pm REA
les toilettes faites à la lumière. Or, il n’y a que le gaz qui éclaire; — les autres luminaires permettent au besoin de distinguer un bœuf d’un cheval, et les lanternes sont suffisantes pour cette raison dans une ferme où l’écurie et l'étable ne font qu'un; — mais, pour voir le détail d’un harnais, pour opérer ou vérifier un pansage minulieux, le gaz seul a des clartés suffisantes. IL faut élablir vos becs sur des branches mobiles assez longues pour permettre un assez grand écart du foyer lumineux ; il faut en outre que vos becs soient garnis de cloches de verre qui isolent la flamme; — c’est moins laid, et à la fois plus prudent.
« Au dehors, d’autres candélabres vous sont indispensables aussi bien à la sortie de l’écurie qu'aux abords et à l’intérieur des remises : ceux-là peuvent être fixes, mais il est essentiel que le jet de flamme soit puissant, et, pour ne rien vous cacher de mon sentiment, j'aimerais à les voir renforcés par de vigoureux réflecteurs. C’est en effet à leur lumière que doit avoir lieu la mise dans les brancards, et il faut que d’un coup d’œil on puisse vérifier l’ajustement de tout l’attelage. — Si cette opération est faile dans le clair-obscur, on à mille chances pour partir avec une sangle trop lâche ou trop serrée, un trait trop court, une plate-longe mal mesurée, un recu'cment mal ajusté,
“onbru-onb1d op syneredoig — ‘uo5re$ op ormos ouf