‹ Paris à chevalChapitre 41 sur 98 · RP NT CE · texte numérisé non relu

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ils assistent; vit de souvenirs et d’anecdotes rétrospectives. IL ne se produit pas un incident qui ne lui rappelle un fait survenu pendant la première moitié du siècle à quelqu'un de ses contemporains, et il le raconte immédiatement avee force détails. À assisté à toutes les courses depuis la création du Jockey- Club, dont il est fondateur. N’a jamais pu se décider à modifier la forme des vêtements qu’il portait en 1830.

Le sportsman campagnard est un des fidèles du concours. Il n’y envoie plus de chevaux, mais il vient en personne afin d'acheter tous les objets d'invention nouvelle exposés dans les bas côtés; est entré de la sorte en possession d’un nombre incalculable de mors, brides, selles et étriers plus ou moins perfectionnés, qui font ressembler sa sellerie à un magasin. Porte des complets de

. Sportsman campagnard. -couleur sombre, et surmonte sa bonne grosse tête, halée par les intempéries, d’un chapeau bas d’une forme spéciale, qui tient le milieu entre la cape et le bolivar.

Est souvent accompagné du gentleman fermier, qui est venu surveiller l'installation de ses deux pouliches avec lesquelles il compte bien enlever la prime d'honneur; n’a jusqu'ici obtenu qu’un double flot de rubans.

Barbe complète, ordinairement dorée : c’est l’effet du soleil; teint rouge : c’est l'effet du vent; mains rudes : c’est l’effet de l’air; physionomie ouverte, parole cordiale; hospitalier et bon vivant. Aime à parler de sa cave et de ses bêtes; rit avec une telle sonorité que tout le monde le regarde avec stupéfaction; s’il s’en aperçoit, il rougit comme une jeune fille ; mais la con-

fusion qu’il éprouve ne l’empêchera pas de recommen-

Gentleman fermier.

cer une demi-heure plus tard. — On rit comme on peut.

Le pseudo-sportsman forme la catégorie la plus nombreuse, qui se subdivise en une infinité de variétés. Ses jugements sont absolus, toujours prononcés à haute voix et avec un accent d’autorité qui n’admet pas la contestation. Celui qui les émet peut indifféremment être un petit commis n'ayant jamais monté que sur l’impériale des tramways, ou un prince de la finance possesseur de quelque douzaine de chevaux qui lui ont été fournis à un prix exorbitant par un premier cocher payé comme un ambassadeur. |

Le second n’est pas plus connaisseur que le premier, et l’état de leur budget établit seul une différence entre eux.

Tous deux auront une égale admiration pour un animal insignifiant dont la robe sera brillante, le poil soyeux, le col recourbé, et resteront aussi complétement indifférents si on leur fait voir quelqu'un de ces chevaux exceptionnels par la profondeur du garrot, linclinaison de l’épaule et la puissance des articulations.

À leur suite, il faut citer le sportsman ornement, pour lequel l’équitation est un prétexte à costumes ; le sportsman fantassin, critique acerbe de tous les cavaliers, pour les défauts desquels il est impitoyable, mais que personne n’a jamais vu à cheval ; le sportsman à roulettes, qui consacre à

sa traction aussi peu de cheval que possible, et bien d’autres, tous théoriciens sévères qui critiquent sans relâche ceux qui ont la naïveté de pra-

tiquer, mais ne poussent pas l’amour du pro-

fessorat jusqu’à prêcher d'exemple.

Sportsman ornement.

Autant le public masculin civil se montre grinchu à l'égard des concurrents qui défilent devant lui, autant les militaires que l’âge et l’embonpoint excessif empêchent d’entrer en lice se montrent

indulgents pour ceux de leurs camarades que la pléthore n’a pas encore envahis. Chaque obstacle franchi sans mécompte leur cause un plaisir indicible, et ils prodiguent les applaudissements aux officiers de larme qui ont victorieusement accompli l'épreuve.

AU CONCOURS HIPPIQUE. — TYPES D'HABITUÉS

Venu pour voir s'il n°y aurait pas par hasard dans tous ces sauteurs un demi-sang dans le

enre deFranc-Picard ou même de Colone:

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