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La daumont de miss Kissmiwith. — Chevaux fatigués; jockey trop âgé; victoria ordinaire, à flèche droite. Miss Kissmiwith, qui, chaque fois qu’elle sort en voiture découverte, souffre de terribles névralgies, voudrait bien s’en tenir aux voitures fermées; mais elle a constaté qu’on la voit moins, et elle va courageusement au-devant des fluxions et des rages de dents. Au retour, elle trouvera son lit bassiné, sa boule d’eau chaude et une infusion de bourrache. Il vient un jour où les précautions inconnues au temps de la première jeunesse sont indispensables.
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Le mail du club. — S’est mis à la bonne place pour voir la course. Les
grooms de toutes les voitures voisines l’ont envahi. Ce qui manque, ce sont les lorgnettes. Mais ce délail n'empêche pas ces messieurs, qui d’ailleurs connaissent le programme, de parier avec frénésie.
Le dog-cart poney. — Appartient à un membre de la haute gomme; joueur de polo, membre du Petit Cercle, du Tir au pigcon, du Cercle d'escrime, du Sporing, du Mirliton, des Pommes de terre, fondateur de
la Société hippique, membre du Betüng, du Cercle des joueurs de paume, etc., etc.
Le tandem. — Appartient à un amateur de difficultés. Rival heureux d'Hippolyte, il excelle à conduire un cheval dans la carrière, et profite du
jour où toutes les routes du Bois sont encombrées, pour montrer qu’on se tire des embarras les plus compliqués avec un peu de présence d’esprit et la manière de s’en servir.
L’inévitable shetlandais, ou l'injustice du sort. — Une malheureuse petite bête pas plus haute que ça, qui traîne pendant toute la
journée du dimanche un ménage considérable, et pendant toute la semaine une voiture de vinaigrier. Quand on pense que tous ces malheurs sont le résultat de la sobriété de ce petit animal, et que la sobriété passe pour une vertu! Jolie récompense !
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Le grand phaëlon huit ressorts. — Ge qu’on fait encore de mieux pour hommes faits. Équipage de rigueur pour les propriétaires d’écuries de courses : grands financiers, hommes politiques, hauts fonctionnaires. Une femme élégante y fait très-bon effet, une fois installée; mais Pascension et la descente ne s’opèrent pas toujours facilement.
Puisque nous sommes à l’une des portes du pesage, entrons-y : nous irons plus tard passer l’inspection des voitures qui stationnent sur la piste.
Pour toute une catégorie de personnes excessivement élégantes, le pesage
avait autrefois une assez grande analogie avec le Paradis terreslre; non
qu'elles espérassent y goûter des jouissances inconnues, mais par cette
unique raison que l'entrée leur en était aussi radicalement interdite que si elle eût été gardée par l’Archange armé de son traditionnel glaive de feu. Elles y ont aujourd’hui libre accès, et les amateurs de jolies toilettes ne s’en plaignent pas. Il eüt été d’ailleurs difficile, maintenant que les femmes qui sont du monde et celles qui n’en sont pas adoptent les mêmes modes, de maintenir une consigne qui aurait pu donner lieu aux plus fâcheuses méprises. Ces demoiselles méritent du reste par leur excellente tenue Pindulgence dont on a fait preuve à leur égard, et leurs conversations n’ont rien qui puisse blesser les oreilles ou effaroucher la pudeur des autres habituées du pesage.
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Au surplus, les membres de la Société d'encouragement n'avaient pas lieu de se préoccuper plus que de raison des conséquences que pouvait avoir la tolérance à laquelle ils se sont résignés, puisqu'ils avaient et ont encore des tribunes spéciales, dans lesquelles leurs femmes, leurs sœurs et leurs filles n’ont à redouter aucun contact avec le publie payant. De cette façon, tout est pour le mieux, et les plus rigoristes ne sauraient trouver l’occasion de se scandaliser de la présence aux courses des mêmes personnes qu'ils coudoient chaque soir dans les couloirs de tous les théâtres.
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L'extension qu'ont prise les paris a amené dans la moyenne du public masculin un abaissement ‘ PA analoque.
| | Ce n'est plus seulement le dessus du panier, mais encore les couches intermédiaires, et même
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= joe La plupart des louis qu’on jette ainsi au guichet
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Cette somme est la première mise de fonds des courtiers marrons du pari, et figure dans leur budget à l’article des frais généraux, tout comme la victoria obligatoire dans celui du dernier des
agioteurs.
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Le Derby a sur le Grand Prix l’avantage d’être couru sur un hippodrome beaucoup plus éloigné de Paris.
Une grande partie des sportsmen par spéculation, j’entends la petite spéculation, qui ne manquent aucune des réunions de Longchamps, reculent encore devant le voyage de Chantilly.
Le public qui aime les courses pour elles-mêmes y gagne de coudoyer une foule plus élégante et moins compacte, et de pouvoir y considérer de plus près les véritables notabilités du sport,
] FA ° ;. . a 7 û C'est à Chantilly qu’il faut aller, si l’on veut connaitre les propriétaires des grandes écuries, les entraineurs, les gentlemen-riders.
À Longchamps, dans la cohue qui encombre le pesage, on ne peut que les apercevoir.
À Chantilly, on les voit, et d'assez près pour que leurs lraits resient gravés dans la mémoire,
si l’on est quelque peu physiono-
miste.
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C'est d’ailleurs leur centre d’opérations, et beaucoup d’entre eux qui se montrent rarement à Paris n’ont pas manqué un seul Derby.
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L’hippodrome lui-même a un aspect incomparablement moins banal que celui de Longchamps. Il a ses souvenirs et ses monuments. C’est, au surplus, le berceau des cour-
ses, et c’est sur la
7) pelouse même où se
__ disputent les prix
que la Société d’en-
couragement à éle
fondée, en même temps que le Jockey-Club.
Sur ce terrain où tous les chevaux célèbres ont galopé depuis un demisiècle, les véritables sportsmen sont envahis par une émotion pour ainsi dire religieuse, au souvenir des exploits que leurs prédécesseurs y ont accomplis. Toutes les traditions d'élégance et d’audace de leurs devanciers leur reviennent involontairement à la mémoire, et la lutte à laquelle ils vont assister prend dans leur esprit un caractère solennel qu’elle ne saurait avoir sur un hippodrome auquel le temps n’a pu former sa légende. Les lieux comme les hommes ont leur prestige, et Chantilly, avec ses souvenirs historiques, ses monuments princiers, ses écuries gigantesques, possède au plus haut degré la qualité qui faisait, paraît-il, si complétement défaut à M. Bourbeau et à tant d’autres.
En dehors des avantages qui résultent d’un passé glorieux, le terrain
affecté aux courses, à Chantilly, a ceci de merveilleux qu'il permet au spectateur installé dans les tribunes de suivre tous les incidents de la lutte.
Quel que soit le parcours à fournir, aucun obstacle n’intercepte ses regards, et du départ à l’arrivée, il peut compter les foulées des chevaux et voir chaque geste des cavaliers.
Le parieur, car le dessus du panier parie avec la même frénésie que le dessous, voit alors toutes les péripéties
par lesquelles passe son argent : c’est
ce qu'on appelle surveiller sa chance :
surveillance bien inutile au point de
vue du résultat, mais qui permet aux
perdants de se consoler de leur défaite, en critiquant la manière dont a été conduit leur favori.
On lui a fait faire son effort trop tôt; à l’arrivée, son jockey n’a pas su en irer ce qu’il avait encore dans le ventre; d’ailleurs, il a été coupé à tel tournant, et à la distance ses concurrents lui ont de parti pris bouché le passage. La plupart du temps, tous ces incidents ne se sont passés que dans l’imagination de celui qui les raconte; mais pour peu qu'il les ait répétés à plusieurs personnes, il finit par y croire fermement. Ces prétextes trouvés pour justifier un pari qui constiluait une imprudence, deviennent pour lui des raisons qui la lui feront renouveler la première fois que le cheval battu recommencera l’épreuve : il doublera alors sa mise, pour rattraper d’un coup la perte déjà subie, et jouera d’autant plus cher que son cheval aura perdu plus souvent, imitant en cela le joueur qui s’obstine à ponter contre une série.
Il résulte de cette façon de jouer que si le personnel des bookmakers reste immuable, celui des parieurs se renouvelle incessamment, comme le blé dans les moulins, le charbon dans les locomotives, ou les cailloux sous les machines à macadam. Ils sont broyés, concassés, pilés en un tour de roue; mais l'exemple de leur malheureux sort ne préserve aucun de ceux que leur tempérament porte à se jeter dans le même engrenage.
Au retour, les physionomies du public indiquent, de façon à ne jamais se tromper, la gravité des pertes subies. Si les wagons sont peuplés de gens silencieux, on peut être sûr que la journée a été désastreuse pour les pontes. Si au contraire la majorité des voyageurs se montre expansive, on peul
affirmer que les sacoches des bookmakers ont subi de vigoureux assauts et ont été forcées de boucher bien des brèches. Ces derniers jours sont rares; mais enfin il s’en produit quelques-uns, et c’est ce qui explique la continuation d’un jeu dans lequel l’un des partners fait toutes les conditions que l'autre est obligé d'accepter ; car, une fois sur le terrain des courses, la cote ne se discute même pas. Les bookmakers la fixent à leur fantaisie, et les parieurs doivent la subir, ou s'abstenir de jouer. Il est inutile de dire qu'ils la subissent.