‹ Paris à chevalChapitre 79 sur 98 · VE CARPE T · texte numérisé non relu

VE CARPE T

Cette éventualité, qui cause aux natures délicates une véritable terreur, constitue au contraire tout l’intérêt du spectacle pour certains tempéraments sanguinaires, qui ne demandent que plaies et bosses, et laissent éclater leur joie dès qu'ils voient arriver le brancard destiné au transport des coneurrents hors d’élat de rentrer sur leurs jambes au pesage.

Pour ces derniers, quand une course à long parcours, disputée par de

nombreux concurrents, s’est terminée sans aucune chute, leur désappointement se laisse facilement deviner.

L'adresse dont les chevaux ont fait preuve, lhabileté déployée par les hommes ne leur donnent aucune satisfaction et n’obtiennent d’eux aucun témoignage d’admiration. Mais si quelque maladroit montant quelque rossard mal dressé cause toute une série de culbutes, leur joie éclate, et,

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pendant que les spectateurs moins inhumains se demandent avec anxiété ce qui résultera de l’accident, ils exultent à la pensée que deux, trois ou quatre concurrents sont dès à présent hors de lutte.

Que ce carambolage entre hommes et chevaux ait occasionné fractures de bras ou de jambes, voire même de crânes, ils s’en soucient peu.

L'important est que les chutes aient été exceptionnelles et puissent donner matière à récits. — Ceux-là sont des amateurs de cinquième acte, — catégorie plus nombreuse qu’on ne pense, et qui sacrifierait volontiers père et mère, à la condition toutefois que la disparition de leurs ascendants s’accomplit dans des circonstances véritablement dramatiques et capables d’inspirer aux fournisseurs habituels de l’Ambigu un dénoûment absolument nouveau et imprévu.

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