‹ Paris à chevalChapitre 93 sur 98 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Je me rappelle avoir, il y à quelques années, accompagné un ami qui, escorté d’un piqueur anglais, essayait un cheval avec lequel il comptait faire

sa saison de chasse.

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L'animal, un peu taré et très-sensible de l’arrière-main, l’emballa à la deuxième foulée de galop.

Homme et cheval disparurent en un clin d'œil, suivis à une certaine

distance par le maquignon. Après un très-court espace de temps, celui-ci revenait seul, tenant en main le second cheval : — Et mon ami? Jui dis-je. — Il est chez le pharmacien.

Aucune accentuation ne peut donner une idée complète du sang-froid avec lequel furent dites ces simples paroles : Il est chez le pharmacien.

C'était pour ce brave Anglais la chose la plus naturelle; et en effet, que pouvait-on faire de mieux que de l’y conduire? Il avait été malencontreusement chavirer à l'angle d’un trottoir, et il avait le front quelque peu fendu. Tout était donc pour le mieux; le cheval était intact, et l’on s’occupait de raccommoder le cavalier.

Depuis cet incident, toutes les fois que je vois un cavalier marchant plus vite qu’il ne veut, toutes les fois que je vois un cheval gagner à la main, je pense à mon Anglais, et je me dis : Encore un qui va chez le pharmacien.

Combien de ceux qu’on y a portés et qu’on y porte chaque jour, auraient économisé de sparadrap, d’eau-de-vie camphrée, d’arnica et autres vulnéraires, s’ils avaient mis en pratique les conseils qui précèdent! Combien de tibias, de clavicules, de fémurs, de péronés, de côtes, de radius et de cubitus seraient encore intacts, si leurs propriétaires avaient été pénétrés de la réalité de cet axiome, par lequel je clos ce manuel abrégé :

« Le cheval renverse le cavalier ; c’est la peur qui l’estropie. »

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