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ET 19, RUE MONTPARNASSE

du ix^ siècle et sa restauration ne commença à être entreprise qu'à l'extrême fln du x^ siècle, par les soins de l'abbé Morard. C'est de ce temps donc que datent les assises de la grosse tour dont la partie supérieure constituant le clocher était jadis fortifiée ^et crénelée. La nef et le chœur sont un peu moins anciens ; achevés seulement vers le milieu du xu® siècle, ils offrent un modèle tout à fait précieux de

l'architecture romane. Ce style, si noble dans sa simplicité, apparaît peu à l'extérieur, malgré le dégagement dont a bénéficié le monument lorsque le boulevard Saint-Germain a été percé; mais à cette façade latérale, que gâtent des constructions parasites du xvui® siècle, nous préférons encore celle qui lui est opposée, sur la rue de l'Abbaye, où derrière un lourd bâtiment se voient quelques travées purement romanes. L'intérieur contraste par la richesse de sa décoration, avec la simplicité du dehors; il ne faut pas s' en plaindre, car ce luxe est dû en grande partie aux superbes peintures d'Hippolyte Flandrin.

Au cours des deux derniers siècles de l'ancien régime, les religieux de Saint-Germain-des- Prés rendirent leur maison célèbre dans le monde entier par les remarquables travaux d'érudition qu'ils y accomplirent, et qui continuent à faire autorité aux yeux des savants. De là sont sortis le Traité de Diplomatique de Mabillon, la mormxRQnidiXe Histoire de Paris, par Félibrien et Lobineau, V Histoire de Vahhaye de Saint-Denis, du même Félibien, des Monuments de la monarchie française, par Montfaucon, pour ne fournir que quelques-unes de leurs œuvres. Les Bénédictins étaient, au demeurant dans d'admirables conditions pour de tels labeurs; au sein de leur cloître ils avaient à leur disposition une bibliothèque

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PERSPECTIVE DE LA RUE DE RENNES. (Prise de la gare Montparnasse.)

exceptionnellement riche en documents originaux, manuscrits et chartes. Elle n'a pas été, heureusement, dispersée au moment de la Révolution : la Bibliothèque nationale en conserve la majeure partie.

L'enclos de l'abbaye était très vaste. On peut se le représenter comme un quadrilatère que limiteraient les rues Saint-Benoît, Jacob, de l'Echaudé et le boulevard Saint-Germain. Des constructions charmantes s'y élevaient dont on ne peut plus parler que par ouï-dire : le réfectoire, la salle capitulaire, la chapelle de la Vierge, chefs-d'œuvre de l'architecture du xiu® siècle dus à Pierre de Montreuil. De ces bâtiments, rien ou à peu près ne reste que le palais abbatial situé au Nord-Est du chevet de l'église, et dont la façade ouvre

sur la rue de l'Abbaye. Il fut construit en 1586, pour le cardinal de Bourbon, alors abbé. Devenu maison particulière, siège de plusieurs sociétés savantes, il fait regretter par sa grâce que Paris n'ait pas conservé beaucoup d'édifices du même goût.

Sur la place, à l'entrée de la rue de Rennes, on a placé une statue de Diderot dont la pose ne serait que prétentieuse si en même temps elle ne prêtait à rire.

En suivant la rue de Rennes, (|ui n'appartient à ce quartier que jusqu'à la rue du Four, on remarque à droite un beau portail xviii^ siècle, décoré d'un dragon symbolique dont le voisinage de la rue Sainte-Marguerite (anjourdliui rue Gozlia) expliquait la présence. La légende veu(, en elTet, que sainte Marguerite, engloutie par un de ces dangereux animaux, ait pu sortir saine et sauve de son ventre, tel Jonas de celui de la baleine. Ce portail donne accès à la cour du Dragon, qui se relie à la rue du même nom. Du même côté s'ouvrent les étroites rues d-i Sabot et Bernard-Palissy^ amusants vestiges du vieux Paris.

Les rues du Four et de VEcliaudê, qui fermaientrenclosde Fabbaye doivent leur nom : la première au four banal des religieux, la seconde, dit-on, à ce qu'avec deux autres rues elle formait un triangle dit écbaudé, par analogie avec le gâteau de ce nom. Nous regagnons la rue Jacob.

Sa dénomination , d'allure sémitique, est au contraire fort chrétienne; elle est due au vœu que la reine Margot accomplit de bâtir un autel de Jacob lorsqu'elle fonda le couvent des Augustins.

La petite rue Yisconli a eu un grand honneur lorsqu'elle s'appelait encore rue des Marais-Saint- Germain, celui d'avoir vu naître Racine (n^ 11 actuel, n^ 19 ancien). Il y a là-dessus une fort

intéressante communication de M. Charles Normand, dans le Bulletin des amis des monuments parisiens.

Il est des rues qui semblent appropriées par avance au goût, à l'humeur de certains hommes. Qui, parmi les lecteurs de Mérimée, s'étonnera qu'il ait demeuré rue des Beaux-Arts? Le nom de la rue, l'aspect des maisons, le quartier, la perspective de l'école des Beaux- Arts, tout devait l'y attirer, l'y retenir. Elle avait été ouverte en 1826, sur le terrain de l'ancien hôtel La Rochefoucauld, et cela sans autorisation préalable, dit un arrêté préfectoral du 14 mars 1839 qui impose aux propriétaires l'obligation de remplacer par des grilles de fer les charpentes de bois qui la fermaient. Les grilles, nous les avons connues. Elles ont été enlevées, elles aussi, il y a quelque

vingt ans, mais cette fois sans la moindre autorisation préfectorale. Le quai Malaquais (on écrivait autrefois Malaquest, mais cela n'explique pas mieux l'origine de son nom) commence à Flnstitut pour se terminer à la rue des Saints-Pères. A son extrémité orientale se voit une statue de Voltaire par Caillé; il offre aux regards la magni-

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