‹ Paris--atlasChapitre 108 sur 339 · PERSPECTIVE DE LA RUE DE SÈVRES ET MAGASIN DU BON-MARCHÉ · texte numérisé non relu

PERSPECTIVE DE LA RUE DE SÈVRES ET MAGASIN DU BON-MARCHÉ

la fontaine de Bouchardon, dont la construction fut ordonnée en 1639. Le Mercure de France de mai 1746 en donne une description complète sous forme de lettre de M*** à un ami de province. Nous lui emprunterons Fhistorique de la construction : « ... Vous êtes déjà instruit que cette fontaine est située dans la rue de Grenelle, assez près de l'endroit où cette rue se croise avec celle du Bac. Gomme vous n'ignorez pas qu'il ne se trouvait aucune fontaine publique dans tout ce grand quartier, aujourd'hui si peuplé, vous comprenez aussi combien il était nécessaire qu'on en bâtît une ; mais peut-être que les raisons qui ont déterminé sur le choix de la place qu'elle occupe vous sont inconnues ; vous ne sçavez peut-être que ci-devant c'étoit un terrain vague appartenant aux religieuses récollettes, dont on pouvait faire aisément l'acquisition au lieu que, partout ailleurs, la même acquisition eût souffert de très grandes difficultés. J'ai cru devoir vous faire en passant cette observation qui servira de réponse à eux qui critiquent un peu trop sévèrement le choix qu'on a fait de cet emplacement.

« Les arrangemens pris pour l'établissement de cet important édifice, M. Turgot, dont la Prévôté sera mémorable à jamais par le nombre, la grandeur et l'utilité des ouvrages dont il a embelli la capitale, et Messieurs du. Bureau de la Ville, jetteront les yeux sur M. Bouchardon, sculpteur ordinaire du Roi, dont la réputation était grande dans toute l'Europe, pour exécuter leur projet; ils lui firent faire des dessins et un modèle qui furent généralement applaudis, et l'on posa la première pierre de l'édifice sur la fin de l'année 1739... »

Suit la description, trop longue pour que nous puissions la reproduire. L'auteur y remarque que « tout y prend la forme pyramidale, si recommandée, si bien mise en pratique par le fameux Michel-Ange.

De quelque côté que vous vous tourniez, quelque partie que vous embrassiez, la disposition de tous les objets vous dessine toujours une pyramide, et cependant, cet édifice est voilé avec tant d'adresse qu'il faut en être averti ou être plus qu'initié dans les arts, pour l'appercevoir. » Rappelons que le groupe de statues représente la Ville de Paris assise, ayant à ses côtés la Seine et la Marne.

Au n^ 79 est l'ambassade de Russie, sur laquelle Paris et le monde entier eurent les yeux fixés pendant les quatre jours d'octobre 1896, où l'empereur et l'impératrice de Russie y résidèrent. De longtemps sans doute, la paisible rue Saint-Simon ne reverra les cortèges magnifiques qui la parcoururent alors. S'il les avait vus, le grand écrivain dont elle porte le nom les aurait jugés dignes de son temps et dignes d'être décrits par lui. Disons à ce propos que Saint-Simon est né et mort dans le VIP arrondissement : né dans un hôtel qui portait le n*^ 48 de la rue des Saints-Pères, et que le percement du boulevard Saint-Germain fît disparaître en 1877. mort rue de Grenelle, près de la rue de Bellechasse, dans un enclos dépendant de l'abbaye de Pentemont, dont l'église est devenue aujourd'hui un temple protestant. C'est en 1879 qu'en son honneur la rue de la Visitation fut débaptisée, le couvent dont elle rappelait l'emplacement ayant disparu depuis longtemps. En face du débouché de la rue Saint-Simon sur le boulevard Saint- Germain, le ministère des Travaux publics expose ses longues

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