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TOMBEAU DE L'EMPEREUR NAPOLÉON P

Le «bout du faubourg Saint- Germain »

était à cette époque une simple plaine, l'ancienne garenne dont Grenelle a reçu son nom et qui, vers le Sud, s'étendait jusqu'au village d'Issy. Balayé par les vents du Sud et de l'Ouest, avant qu'ils aient passé par la ville, elle était particulièrement salubre , et en conséquence, fort bien choisie.

Déjà, nous avons eu occasion de constater que l'architecture civile, au temps de Louis XIV, avait fourni de bien meilleurs types que l'architecture des églises. Par une heureuse exception , l'hôtel des Invalides offre dans son ensemble un rapprochement également remarquable des deux styles. L'hôtel, vu de l'extérieur, ou lorsqu'on y a pénétré, a très grand air et fait honneur à l'architecte Libéral Bruant qui l'a construit. L'église, dédiée à saint Louis, dont le même architecte avait commencé la construction et que Jules Hardouin-Mansard acheva, n'a pas cet aspect triste et froid des paroisses parisiennes bâties à la même époque : son dôme, fameux entre tous, lui assure pour toujours l'admiration non seulement du grand public, mais aussi de tous les connaisseurs. Il constitue, à vrai dire, une seconde église formant l'abside delà chapelle proprement dite, Saint-Louis-des-Invalides, qui est encastrée dans les bâtiments de l'hôtel, et il a une façade spéciale, de la meilleure architecture, ouvrant sur la place qui porte actuellement le nom de Vauban, mais qui alors formait une esplanade aussi vaste que celle de la façade opposée. Les voûtes de la coupole sont ornées de peintures de Lafosse et Jouvenet; les murs des chapelles, disposées en forme de croix grecque, portent une décoration picturale de Boullongne et de Doyen.

Mais la « gloire )> des Invalides, c'est le tombeau de Napoléon I'^^; les étrangers, et bon nombre aussi qui ne le sont pas, inclinent à croire que la coupole a été construite pour abriter les cendres de l'Empereur et en font tort à la mémoire de Louis XIV. « Je désire, avait écrit l'exilé de Sainte-Hélène, que mes cendres reposent sur les rives de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé. » La Restauration ne pouvait guère satisfaire à ce vœu ; le gouvernement de Louis-Philippe y accéda. Le 15 décembre 1840, le cercueil de Napoléon, ramené de Sainte-Hélène, était déposé dans la chapelle Saint-Jérôme, sous la coupole des Invalides, et aussitôt un concours fut ouvert entre les architectes pour le projet d'un tombeau définitif et monumental. Les plans de Yisconti furent agréés; ils consistaient à ouvrir au centre de l'église, sous le dôme même, une large cavité circulaire qui ne serait pas refermée, et dans laquelle un mausolée magnifique contiendrait le cercueil rapporté en France. Les travaux durèrent longtemps, car l'inauguration solennelle du monument n'a eu lieu que le 2 décembre 1861. Napoléon III y présidait.

Vesplanade des Livalides, qui offre à 'édifice une si majestueuse perspective jusqu'aux Champs-Elysées entre les pyones du pont Alexandre IIJ, ne reçut ses six rangs de quinconces qu'en 1750, mais elle avait été créée en même temps que l'Hôtel même des Invalides.

Promenade ombreuse, mélancolique, parfois peu sûre après la tombée de la nuit, elle n'offrait guère de charmes qu'aux liabitants du voisinage, ce qui n'empêche qu'il y eut une levée en

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