UN DES CANONS DE L'HÔTEL DES INVALIDES
masse de tous les Parisiens lorsque, à l'automne de 1893, la nouvelle se répandit que la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest allait y installer une gare tête de ligne pour ses trains de Bretagne. Une gare, dans cette forêt d'arbres et de souvenirs î La gare des Invalides a été faite, cependant, mais de façon à ne pas violer l'esthétique, car, par une ingénieuse disposition, ses bâtiments supérieurs dépassent de peu d'élévation le niveau du sol, et ont le mérite d'une réelle coquetterie. Deux séries de trains y aboutissent : ceux qui viennent de la gare Saint-Lazare par la ligne de Ceinture et l'embranchement de Courcelles au Champ-de-Mars,' et ceux qui, se détachant à Versailles de la grande ligne, rejoignent la ligne des Moulineauxpar une voie en partie souterraine qui passe sous les bois de Meudon et de Chaville. Pour ces derniers, la traction est électrique entre les Invalides et Versailles, en raison même du tunnel de Meudon, long de 4 kilomètres, et dont la disposition en lacets rendrait l'évacuation de la fumée presque impossible.
A l'angle N.-E. de l'Esplanade s'élève le ministère des Affaires étrangères, dont seule, la façade sur le quai d'Orsay est réellement digne, par son ordonnance à la fois élégante et majestueuse, d'un édifice où fréquentent les représentants des puissances étrangères. Il a été construit par Lacornée, le môme qui avait bâti le palais de la Cour des Comptes.
A côté, un peu en retrait et dissimulé par un massif de verdure, est l'hôtel du président de la Chambre, ancien hôtel de Lassai,
contemporain du Palais-Roiirbon, commencé (;îi 1721 pour la duchesse de Bourbon, (îI au()ucl le prince de Gondé lit apporter, à partir de 1764, taiitdt' roùtiMtx embellissements^ l{H*st|U(% ahaiidonnant son h<>iol voisin du Luxembourg, il eut décidé do faire, à l'avenir, de celui-ci, « le palais des premiers chefs de sa maison». C'est de ce temps que date notamment la création de la place du Palais-Bourbon et la déviation de la rue de Bourgogne, qui avait été ouverte dès le commencement du siècle. Devenu Chambre des députés, le Palais-Bourbon est un des monuments les plus connus des Parisiens qui le désignent rarement sous son nom primitif, ou l'appellent encore quelquefois le Corps législatif, mais sa façade principale est devenue secondaire depuis qu'à la place de l'ancienne terrasse du bord de l'eau, si charmante d'après les gravures du xviii^ siècle. Napoléon P^' fit construire par Poyet le grandiose placage d'architecture aux douze colonnes qui fait face au pont de la Concorde. Au fronton, Cortot sculpta un large bas-relief dont la France, entourée des divinités qui font sa force, occupe le centre. Au bas du perron, groupées deux à deux de chaque côté de la façade se dressent les statues quelque peu massives de Sully et du chancelier de L'Hospital, de Colbert et d'Aguesseau.
Le projet d'un pont reliant la place Louis XV au Palais-Bourbon, sous le nom de pont Louis XVI, avait été approuvé en 1786. Perronet, qui, peu d'années avant, s'était illustré à bâtir le pont de Neuilly, fut chargé de cette nouvelle œuvre. Il résulte de documents précis qu'à la fin de 1787 il avait touché 100,000 livres d'honoraires pour l'étude du plan et six mois de surveillance des travaux. Le pont ne fut achevé qu'en 1791